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Présence d'amiante dans les trains: le plan des CFF se précise

Certains trains des CFF peuvent contenir des éléments en amiante.
Certains trains des CFF peuvent contenir des éléments en amiante.Image: Gaëtan Bally / Keystone

Les CFF ont une bonne raison de se débarrasser de 400 trains

L'amiante, jadis surnommé «fibre miracle», se trouve aussi dans des trains CFF qui seront bientôt retirés de la circulation. Les travaux d'assainissement s'annoncent complexes.
01.06.2026, 11:5601.06.2026, 11:56
Pascal Michel / ch media

Les CFF devront, dans les prochaines années, retirer du service des trains contaminés par des substances nocives. Il s'agit concrètement d'environ 400 véhicules, principalement pollués à l'amiante, mais également aux métaux lourds ou à d'autres substances.

Parmi eux figurent non seulement des wagons de fret et d'infrastructure, mais aussi des trains de voyageurs. Sont notamment concernés la voiture à couloir EW IV utilisée en trafic grande ligne, la rame pendulaire DPZ (RER) ainsi que le train régional NPZ Domino. Ces véhicules resteront en service jusqu'aux années 2030.

Selon les CFF, les passagers ne courent aucun danger, l'amiante étant solidement encastré dans des zones cloisonnées.

Un appel d'offres qui en dit long

Après qu'une entreprise spécialisée a prélevé des échantillons dans les trains concernés, la compagnie ferroviaire précise sa marche à suivre. Elle a récemment publié un appel d'offres sur la plateforme fédérale d'achats.

Les CFF y recherchent une entreprise spécialisée dans l'élimination des déchets, leur contrat avec le prestataire actuel étant arrivé à échéance. Cette entreprise devra «prélever les fluides d'exploitation et les composants contenant des substances dangereuses, ainsi que démonter, le cas échéant, des pièces de rechange encore fonctionnelles pour les restituer aux CFF». L'objectif est de garantir une mise à la ferraille professionnelle et respectueuse de l'environnement.

Des coûts de plusieurs millions en vue

Les exigences du cahier des charges sont élevées. Le prestataire recherché devra non seulement mettre à disposition un hall fermable à clé pour les travaux, mais aussi y installer une enceinte intérieure supplémentaire, conformément aux prescriptions de la Suva et de la Confédération.

Cette enceinte devra être maintenue en permanence en dépression, afin qu'aucune fibre d'amiante ne puisse s'échapper vers l'extérieur. Le dossier d'appel d'offres précise en outre:

«Le hall sera examiné pour détecter la présence d'amiante par un laboratoire spécialisé dans son état actuel, avant toute installation d'équipements.»

Les analyses de laboratoire déjà effectuées par les CFF indiquent, pour chaque train individuellement, quelles zones et quels composants doivent être assainis et retirés. Les CFF ont prévu à cet effet un budget total de 2,25 millions de francs.

La fibre d'amiante, une menace sournoise

Les coûts et les mesures de précaution sont élevés, car l'amiante est une fibre mortelle, jusqu'à mille fois plus fine qu'un cheveu. Ceux qui l'inhalent peuvent développer un mésothéliome. Comme la période d'incubation de cette tumeur extrêmement létale peut atteindre 30 ans, l'ampleur des dégâts n'apparaît que bien plus tard. La Suva recense encore en moyenne 150 nouveaux cas par an, bien que la fibre soit interdite en Suisse depuis 1990.

Interrogée, la Suva indique que le nombre de cas a diminué en 2023 et 2024. Elle espère que cette tendance se confirmera. Elle indique:

«Comme les chiffres fluctuent statistiquement d'une année à l'autre, nous ne revoyons pas encore nos prévisions à la baisse.»

La gravité des conséquences à long terme de l'amiante a été soulignée la semaine dernière par Urs Berger, président de la fondation «Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (EFA)». Dans l'émission quotidienne Tagesgespräch de la SRF, l'ancien président de La Mobilière a évoqué le cas d'une femme qui lavait les vêtements de son mari. Des fibres d'amiante y étaient accrochées. Des décennies plus tard, cette femme a développé un cancer, sans jamais avoir travaillé directement avec cette substance.

Un danger très présent dans les vieux immeubles

Outre les vieux trains, l'amiante est aujourd'hui encore principalement présent dans des bâtiments. Une partie des nouvelles maladies liées à l'amiante est ainsi imputable à des travaux de rénovation. De nombreux immeubles datent des années 50, 60, 70 et 80, c'est-à-dire de l'époque où l'amiante était largement utilisé en construction. La Suva appelle donc les propriétaires à faire vérifier au préalable la présence d'amiante avant d'entreprendre des travaux. Tant que l'amiante en place n'est pas poncé ou fraisé, il n'y a aucun danger.

Afin que des ouvriers ne tombent pas malades lors de travaux d'assainissement tels que ceux des CFF, la Suva exerce une surveillance étroite. Elle effectue chaque année environ 620 contrôles auprès des entreprises agréées d'assainissement amiante. Un porte-parole précise:

«Dans environ 40 cas, de graves infractions aux prescriptions de sécurité au travail sont constatées. En moyenne, cinq entreprises d'assainissement amiante perdent leur agrément chaque année et ne sont plus autorisées à réaliser des travaux d'assainissement amiante.»

L'amiante, jadis surnommé «fibre miracle», illustre parfaitement comment des matériaux de construction supposément inoffensifs peuvent se révéler toxiques. Faut-il dès lors craindre que des trains construits aujourd'hui contiennent un jour de telles substances? La question se pose notamment au regard de la commande à plus d'un milliard des CFF portant sur 116 nouvelles rames de RER auprès de Siemens.

Sabrina Schellenberg, porte-parole des CFF, indique que la compagnie applique des exigences strictes lors de nouvelles acquisitions. Les CFF exigent ainsi des fabricants des justificatifs complets sur les matériaux et substances utilisés. «Cela est ancré contractuellement», souligne-t-elle.

Il convient néanmoins de tenir compte du fait que l'état de la technique et des connaissances scientifiques n'est pas figé, précise Sabrina Schellenberg:

«Les évaluations des substances peuvent évoluer, de sorte que des matières aujourd'hui autorisées pourraient être jugées différemment à l'avenir. C'est pourquoi les CFF examinent en permanence les nouvelles données disponibles et les intègrent, si nécessaire, dans les exigences et les justificatifs.»
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source: forum asbest schweiz
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