Pourquoi se promener avec un club de golf peut coûter cher en Suisse
Cela ressemblait à un contrôle tout à fait routinier à l'embarquement des véhicules sur le train auto à Brig. Cet après-midi de février 2026, une Lexus immatriculée en France s'était mise dans la file d'attente.
Le conducteur, un homme de soixante ans domicilié à Nice était arrivé en Suisse en provenance d'Italie. Peut-être se rendait-il à Crans-Montana, station mondaine où séjournent de nombreux visiteurs été comme hiver, ou peut-être voulait-il simplement traverser le Valais par le chemin le plus rapide. Toujours est-il que son trajet a pris fin face à des douaniers attentifs.
Lorsque les gardes-frontière ont arrêté le luxueux véhicule, l'affaire a connu un premier rebondissement fâcheux. Cet homme, originaire d'Erevan, en Arménie, n'a pu présenter ni document de voyage valable pour la Suisse ni le visa pourtant obligatoire. Une infraction manifeste à la loi sur les étrangers.
Mais ce que les agents ont ensuite découvert dans le coffre, lors d'une fouille approfondie du véhicule, a soudain transformé un simple franchissement de frontière en un cas insolite pour la justice valaisanne.
Un unique club de golf sans explication crédible
Au milieu des bagages ordinaires, les forces de l'ordre ont découvert un club de golf. Mais il manquait tout le reste de l'équipement propre à ce sport huppé. Ni lourd sac de golf, ni balles, ni tees, ni chaussures spéciales ne se trouvaient dans les affaires de l'homme. Seul cet unique instrument sportif reposait, à portée de main, dans le coffre du véhicule.
A la question étonnée des douaniers, qui voulaient savoir à quoi pouvait bien lui servir ce club isolé au cours d'un si long voyage, l'Arménien n'a fourni aucune explication crédible. Et c'est précisément là que le piège de la législation suisse, particulièrement stricte, s'est refermé sur lui.
Ce que beaucoup de touristes étrangers ignorent totalement, c'est que la loi suisse sur les armes ne prévoit pas seulement des règles claires pour les armes à feu ou les couteaux, mais aussi pour ce que l'on appelle les objets dangereux. Il s'agit d'outils ou d'équipements sportifs en soi anodins, mais qui se prêtent particulièrement bien à infliger de graves blessures.
Une virée en Valais plus onéreuse qu'escomptée
Tant qu'on les transporte pour leur usage initial (par exemple sur le chemin direct d'un tournoi ou d'un entraînement) tout est parfaitement en règle. Mais en l'absence d'une explication plausible, la loi présume automatiquement une intention abusive. L'équipement sportif devient alors, juridiquement, une arme contondante potentielle, dont le transport en voiture est strictement interdit.
Pour cet automobiliste imprudent, l'affaire a eu des conséquences concrètes et surtout coûteuses. Le Ministère public du Haut-Valais a rendu une ordonnance pénale. Pour infraction à la loi sur les étrangers et à la loi sur les armes, l'homme a été condamné à une peine pécuniaire avec sursis de 40 jours-amende à 30 francs chacun, assortie d'un délai d'épreuve de deux ans.
A cela s'ajoutent une amende ferme de 400 francs et des frais de procédure officiels d'un montant exactement identique. Selon le jugement, désormais définitif, le club de golf saisi sera confisqué et détruit. (trad. ysc)
