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Voici pourquoi le loup a tué deux fois plus en Suisse

Un loup provenant du parc Alpha a Saint-Martin de Vesubie en France est arrive au zoo de la Garenne, ici la femelle dominante Mara ne le 28 avril 2006. ce lundi 14 juin 2010 a Le Vaud. (KEYSTONE/Chris ...
Un loup au zoo de la Garenne (VD) en 2006.Image: KEYSTONE

Le loup a tué deux fois plus en Suisse l'an dernier et voici pourquoi

Cette année, les cantons de Berne et des Grisons ont dénombré deux fois plus de victimes du loup que l'an dernier. En Valais, la hausse n'est pas aussi forte. Explications des experts.
27.12.2022, 16:56
Peter Walthard / ch media
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Le 21 décembre, on dénombrait 95 moutons et chèvres tués par des loups dans le canton de Berne. A titre de comparaison, 44 moutons et chèvres ont été tués sur l'ensemble du territoire cantonal l'année dernière.

Les chiffres communiqués par l'Inspection de la chasse bernoise à CH Media coïncident avec ceux publiés peu avant par le canton des Grisons. Dans ce canton, plus de 500 animaux de rente ont été tués par des loups cette année. Soit le double de l'année précédente.

Dans le canton du Valais, les loups ont déjà tué 415 animaux de rente cette année. 227 animaux ont été tués dans des pâturages protégés ou non protégeables. Ainsi, 188 animaux ont trouvé la mort sur des pâturages insuffisamment protégés selon les critères des autorités, soit près de la moitié des animaux décédés.

Meutes de loups en Valais: selon les experts, il y a surtout des problèmes lorsqu'elle s'installe dans des zones qui n'étaient jusqu'à présent pas exemptes de loups.
Meutes de loups en Valais: selon les experts, il y a surtout des problèmes lorsqu'elle s'installe dans des zones qui n'étaient jusqu'à présent pas exemptes de loups.source: keystone

En 2021, 336 animaux ont été tués par des loups en Valais. En 2020, ce chiffre était de 302, et de 205 en 2019. Dans les Grisons, le nombre important de morsures est mis en relation avec la croissance de la population de loups. L'augmentation d'attaques correspond à celle de la population des loups, indique le communiqué des Grisons.

Au sein du Groupe Loup Suisse, qui s'efforce notamment de promouvoir «une large acceptation du loup, de l'ours, du lynx et du chacal doré en Suisse», on s'efforce de relativiser les chiffres.

Un chacal doré.
Un chacal doré, c'est ça.☝️Image: wikipédia
«Certes, le nombre de prélèvements a augmenté avec la population de loups. Mais le nombre d'attaques par loup se situe dans la même fourchette que les années précédentes»
David Gerkegroupe loup suisse

Ce n'est donc pas que les loups deviennent de plus en plus redoutables. L'augmentation des attaques serait plutôt due à l'expansion géographique de la population de loups.

«Ainsi, dans de nombreuses régions où le loup est déjà présent depuis plusieurs années, le nombre d'attaques n'a pas continué à augmenter. L'augmentation des morsures s'observe en premier lieu dans les régions où le loup est implanté depuis peu»

Ne pas tirer de conclusions hâtives

Les problèmes surviennent lorsque les loups pénètrent dans des régions où les éleveurs n'ont pas encore d'expérience avec la présence du grand prédateur. Un schéma similaire a été observé en Allemagne, où une étude a révélé que ni le nombre de moutons disponibles, ni le nombre de loups, n'avaient d'influence sur les pertes subies par les éleveurs de moutons allemands.

A la Fondation pour l'écologie des carnivores et la gestion de la faune sauvage (Kora), qui appartient à la Confédération, le discours est nuancé:

«On ne peut pas simplement juxtaposer les chiffres de différentes années et en tirer des conclusions. La question est trop complexe pour cela»
Ralph Manzresponsable monitoring, Kora

Et d'ajouter que cela est particulièrement vrai pour la Suisse, qui est un petit pays avec une agriculture alpine. La situation y varie non seulement d'une vallée à l'autre, mais aussi d'une saison à l'autre.

Il renvoie à une étude récemment publiée par la Kora, dans laquelle l'efficacité des mesures de protection des troupeaux et des tirs de loups a été examinée. Celle-ci résume le conflit de la manière suivante: «Avec l'extension croissante de leur aire de répartition, les loups pénètrent aujourd'hui dans des régions où des pratiques de pâturage se sont imposées en l'absence de grands prédateurs».

UNDATIERTES HANDOUT - Seit genau 20 Jahren gehoert der Wolf wieder zur Schweizer Natur. Doch wo er aufheult, heult es zurueck: Viele Nutztierhalter tun sich immer noch schwer. Dabei hat sich der Herde ...
Image: PHOTPRESS

Par exemple, dans les hautes Alpes isolées ou escarpées, les moutons paissent depuis des générations. A de tels endroits, les mesures de protection recommandées par les autorités, comme les clôtures ou les chiens de troupeau, peuvent difficilement être mises en place pour des raisons pratiques.

Dans ces régions, la coexistence du loup et du mouton, telle qu'elle est visée par la politique officielle suisse, devient donc difficile.

«Cette expansion sur le territoire augmente le nombre de personnes directement concernées et les conflits – surtout en raison des dommages causés au petit bétail – se multiplient»
kora

Une stratégie qui fonctionne: l'abattage de jeunes loups

Le rapport précité conclut que la présence de chiens de protection a, certes, une influence positive sur les dommages causés par le loup, mais que les chiens seraient moins efficaces dans les «régions escarpées et à forte proportion de forêts».

Faute de données, l'étude ne se prononce pas sur l'efficacité des clôtures électriques. Reste une stratégie qui a été davantage utilisée cette année: l'abattage ciblé des jeunes loups. Cette mesure est «efficace à court et moyen terme», indique l'étude à ce sujet. «Les zones concernées sont restées exemptes de loups pendant une longue période après les tirs».

A l'avenir, la Suisse devrait avoir davantage recours à cette forme de prévention. Cet hiver, le Parlement a ordonné un changement de paradigme dans la gestion du loup en Suisse. A l'avenir, les loups ne devront plus être abattus seulement lorsqu'ils ont causé des dommages. Au contraire, ils doivent déjà pouvoir être abattus afin d'éviter de futurs dommages ou menaces.

La décision du Parlement a été précédée d'un débat houleux. Il a notamment été déclenché par des incidents dans les cantons du Valais, de Berne et de Saint-Gall, où des loups ont même attaqué des bovins. En 2020, les partis de gauche et les organisations de protection de l'environnement avaient réussi à empêcher par référendum une révision de la loi sur la chasse visant à durcir la position de l'Etat face au loup.

A l'époque, selon l'Office fédéral de l'environnement, environ 80 loups vivaient encore en Suisse, répartis en 8 meutes. Entre-temps, le nombre de meutes est passé à 20. La population totale de loups en Suisse est estimée à environ 200 animaux. (aargauerzeitung.ch)

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