«Là, j'ai su: alerte rouge!» La fille de l'incendiaire de Chiètres raconte
Le soir du 10 mars 2026, la tragédie a frappé Chiètres (ou Kerzers), dans le canton de Fribourg. Six personnes ont péri dans l'incendie d'un car postal, parmi lesquelles le chauffeur (63 ans), deux femmes (25 et 39 ans), deux hommes (16 et 29 ans) et l'homme qui avait allumé le feu, Roger K., psychologiquement instable, originaire du canton de Berne. Il avait été signalé disparu d'une clinique bernoise quelques heures avant les faits. L'homme se serait lui-même immolé.
Deux mois après les faits, sa fille de 31 ans rompt le silence. Elle confie à Blick que son père était autrefois attentionné et qu'il s'efforçait de satisfaire tous les désirs de leur famille de quatre personnes. Mais il avait également un problème de drogue. Lorsqu'elle était adolescente, Roger K. a suivi une cure de sevrage à la méthadone.
Des douleurs et une grave maladie
Peu après, la spirale descendante avait commencé: Roger K. souffrait de douleurs physiques dues à une grave maladie musculaire. Il avait également perdu son emploi de chauffeur de camion. Il avait dû se battre longtemps pour obtenir une rente AI, explique sa fille avant de poursuivre:
Ce processus bureaucratique aurait également été déterminant dans la décision de son père de se retrancher en 2019 dans les locaux de la SRF à Berne. Il aurait voulu attirer l'attention sur lui de cette manière.
Le mariage avec sa mère avait lui aussi fini par se briser, et Roger K. avait emménagé dans son camping-car, avec lequel il vivait sur un terrain près d'une ferme. Sa santé continuant de se dégrader, Roger K. se vit finalement attribuer un curateur en 2025. Lorsqu'on lui eut résilié son emplacement de camping-car pour cause de paiements manquants, on l'hébergea finalement dans une fondation. Sa fille raconte à Blick:
Quelques jours avant les faits, les douleurs intenses sont revenues, ce qui a poussé Roger K. à se rendre dans une clinique. Le 9 mars, le père et la fille ont encore échangé par téléphone. «J'avais le sentiment que, compte tenu des circonstances, il allait bien», se souvient-elle.
Un monde qui s'effondre
Mais, le lendemain, le sexagénaire a disparu de l'hôpital. Lorsque sa fille l'apprit, elle chercha à le joindre:
Le matin suivant les faits, la certitude lui est venue lorsque la police s'est présentée à sa porte, raconte-t-elle.
La trentenaire a été interrogée et se sent elle-même dans la position d'une accusée. «Or, nous sommes aussi des victimes», déplore-t-elle. En adressant ses condoléances aux proches des victimes de la tragédie, elle condamne l'acte de son père:
Cependant, l'acte de Roger K. lui laisse une certitude:
(vro)
