Ces Suisses comptent mettre au pas les géants de la tech
La Fondation Guido Fluri est passée à l'action. Elle a lancé, mardi, une initiative pour responsabiliser les plateformes numériques, les moteurs de recherche et l’intelligence artificielle (IA).
Selon l'entrepreneur argovien, le modèle économique des géants du numérique favorise la diffusion de contenus problématiques tout en externalisant les conséquences.
Les partis montent au front
Le comité constitué de politiciens de l'UDC, du PS, du Centre, du PLR, des Verts et du PVL demande notamment que les entreprises désignent un représentant légal en Suisse. Le texte envisage la possibilité de sanctions financières. Et, en dernier recours: des restrictions d’accès aux plateformes concernées.
Pour le conseiller national écologiste Gehrard Andrey, «les géants de la tech ne devraient plus se contenter d'optimiser leur portée, mais devraient limiter les risques.»
Un cran plus loin
L'initiative s'inscrit dans la continuité de la nouvelle loi présentée en octobre par le Conseil fédéral sur les plateformes de communication et les moteurs de recherche. Un texte pour «renforcer les droits des utilisateurs et contraindre les plateformes à plus d'équité et de transparence».
«Insuffisant» pour le comité qui juge le texte édulcoré et affaibli par le Conseil fédéral sous la pression des groupes technologiques et par crainte de mesures de rétorsion dans le conflit douanier avec les Etats-Unis.
Les initiants souhaitent un cadre constitutionnel «plus ambitieux», en intégrant notamment l'IA générative dans ce champ des obligations.
«Contenus criminels»
Pour le comité, les plateformes de communication numériques diffusent en masse des contenus criminels et dangereux pour l'Etat. Avec comme premières victimes: les enfants et les adolescents, menacés dans l'espace numérique par des images illégales de violence et d'abus. La cybercriminalité et les campagnes de désinformation étrangères sont également pointées du doigt. L'«Initiative Internet» permettrait à la Suisse de retrouver un Internet sûr.
Sophie Michaud Gigon, conseillère nationale écologiste vaudoise et secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs (FRC) veut un encadrement plus strict des plateformes.
Assumer les conséquences
Le conseiller national socialiste Samuel Bendahan a, lui, mis en garde contre l'influence croissante des grandes plateformes sur le débat public. «Si les entreprises fournissent un service, elles doivent en assumer les conséquences», a-t-il déclaré.
Les initiants ont jusqu'au 3 septembre 2027 pour récolter les 100 000 signatures nécessaires à la réalisation de leur projet. (aba/ats)
