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Genève a accouché d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran

Genève a accouché d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran

Mais la même journée de mardi a semblé moins avantageuse dans la réunion Etats-Unis/Ukraine/Russie, qui doit se poursuivre mercredi.
17.02.2026, 22:4617.02.2026, 22:47

Les discussions indirectes sur l'Iran, les secondes après celles de Mascate le 6 février, ont à nouveau été facilitées par Oman. Pendant environ trois heures, ces pourparlers indirects par l'entremise du ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Busaidi ont eu lieu à la résidence de l’ambassadeur du sultanat auprès de l’ONU à Cologny (GE).

Ils ont abouti à des «principes directeurs», a affirmé le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat. Il a précisé que cette série de discussions avait été «plus constructive» que la précédente.

Selon des diplomates iraniens, américains et de la région, parmi des concessions, l'Iran propose également d'exporter une partie de son stock d'uranium enrichi dans des pays comme la Russie. Et d'oeuvrer à des accords économiques avec les Etats-Unis.

Lundi soir, le président américain Donald Trump avait remis un coup de pression sur Téhéran. Il a mis en garde les autorités iraniennes en cas d'absence d'accord et avait promis de participer indirectement aux discussions. Ses émissaires Jared Kushner et Steve Witkoff devaient tenter d'obtenir des engagements de l'Iran sur son stock d'uranium enrichi.

Pas d'attente «excessive» pour Kiev

Au terme des négociations, M. Araghchi a encore annoncé qu'aucune date n'avait été fixée pour une troisième série de pourparlers. Chaque partie va préparer des textes, selon lui. «Une nouvelle fenêtre d'opportunité s'est ouverte», a estimé le ministre devant la Conférence du désarmement (CD), avant une rencontre avec le conseiller fédéral Ignazio Cassis. Il souhaite un arrangement rapide en échange d'une levée des sanctions américaines.

«Nous espérons que les négociations aboutiront à une solution durable et négociée»
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi

Mais il s'en est à nouveau pris à l'attitude des Etats-Unis qui remettent en cause, selon lui, le droit de l'Iran à un usage pacifique de l'énergie nucléaire. Ces discussions ont été menées alors que l'Iran a tiré plusieurs missiles lors d'un exercice dans le détroit d'Ormouz et que Washington continue son déploiement dans la région.

L'ayatollah Ali Khamanei a estimé que les Etats-Unis ne détruiront pas la République islamique.Pour la discussion sur l'Ukraine, les attentes ne sont pas «excessives», a admis le chef de la délégation ukrainienne, Roustem Oumerov. Le volet politique a été abordé pendant plusieurs heures, selon des sources convergentes, mais rien n'a filtré dans l'immédiat.

Cassis présent pendant quelques minutes

La Russie avait affirmé lundi que la question territoriale, alors qu'elle souhaite récupérer entièrement le Donbass, serait abordée. Kiev, qui n'est prête qu'à une possible zone de libre-échange dans l'est du pays, a parlé de son côté de sécurité et d'affaires humanitaires au menu.

Lundi, Donald Trump a mis la pression sur Kiev pour un accord «rapide», plutôt que sur Moscou. Le chef de la diplomatie ukrainienne Andriy Sybiga a accusé mardi la Russie de «mépriser les efforts de paix» en ayant lancé des centaines de drones et des dizaines de missiles avant les pourparlers. Déjà présents lors des premières discussions à Abou Dhabi, M. Kushner et M. Witkoff sont réunis avec la délégation ukrainienne de M. Oumerov et celle russe de l'ancien ministre de la Culture Vladimir Medinski.

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis était présent au début de la discussion, avant les négociations.Pour la Suisse, la rencontre de Genève constitue un succès diplomatique. M. Cassis, qui préside l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), «ne peut s'expliquer» que la Russie vienne à Genève autrement que par sa visite récente à Moscou.

Depuis les sanctions suisses et le sommet du Bürgenstock (NW) en 2024, les Russes excluaient tout pourparler en Suisse.M. Cassis souhaite que l'organisation puisse acheminer des observateurs pour surveiller un cessez-le-feu dès que celui-ci entre en vigueur. Moscou se contente de railler l'institution, soulignant ses difficultés financières. Et les Occidentaux n'abordent, eux pour le moment la question que sous l'approche des garanties de sécurité pour éviter que la Russie ne relance une offensive. (ats)

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