L'ambassade d'Iran en Suisse appelle à «sacrifier sa vie»
L'ambassade d'Iran à Berne diffuse une invitation à rejoindre une campagne nommée «Janfada», terme persan signifiant «Je sacrifie ma vie» ou «Abnégation», rapporte la NZZ. Cette initiative mondiale du régime de Téhéran vise à démontrer la disposition des Iraniens, où qu'ils se trouvent, à s'engager dans la «confrontation avec l'ennemi américano-sioniste» et à «défendre la République islamique».
Les responsables iraniens revendiquent 26 millions d'inscrits en Iran et à l'étranger, un chiffre invérifiable. D'après le Wall Street Journal, des SMS ont notamment été envoyés à des ressortissants iraniens, tandis que des ambassades aux quatre coins du monde (en Allemagne, au Royaume-Uni, en Australie et en Suisse notamment) relaient l'appel. Le président iranien, Masoud Pezeshkian, a publiquement manifesté son adhésion à l'initiative.
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Des pays occidentaux sur le qui-vive
Les autorités de plusieurs pays scrutent la campagne avec méfiance. En Allemagne, le service de protection de la Constitution la qualifie d'opération de mobilisation, en lien avec la crainte iranienne d'une offensive terrestre américaine. Comme le souligne la NZZ, le Royaume-Uni a franchi un cap en convoquant l'ambassadeur iranien, après que des publications de l'ambassade sur les réseaux sociaux ont été jugées «inacceptables et séditieuses».
Londres a par ailleurs exigé la cessation de toute communication pouvant être interprétée comme un appel à la violence.
En Suisse, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a évoqué la campagne lors d'un entretien avec l'ambassadeur iranien à Berne, rappelant que les représentations étrangères sont tenues de respecter les lois en vigueur sur le sol suisse. L'ambassade iranienne à Berne, contactée par la NZZ, n'a donné aucune suite.
Une campagne aux intentions indéfinies
Les objectifs concrets de la campagne «Janfada» restent opaques. Le site officiel se contente d'afficher le slogan «Sacrifice pour l'Iran» sans détailler les attentes envers les participants. Des ambassadeurs iraniens ont tenté de cadrer l'initiative comme un geste «symbolique» et dépourvu de toute dimension violente, mais peinent à convaincre. Une personne critique du régime, qui souhaite rester anonyme, a indiqué à la NZZ:
(ysc)
