Les puces de canard pullulent en Suisse: voici comment les éviter
Quoi de plus agréable, par ces journées de forte chaleur, qu'une baignade dans un lac? L'eau n'est certes plus très fraîche, mais tout de même. Les températures élevées ne réjouissent toutefois pas seulement certains baigneurs frileux: elles profitent aussi aux puces de canard.
En réalité, les puces de canard ne sont pas des puces, mais de petites larves de vers parasites appelées cercaires. «Ces larves sont principalement libérées lorsque la température de l'eau dépasse environ 23 degrés», explique Martin Schmid, de l'Institut fédéral suisse des sciences et technologies de l'eau (Eawag).
Pourquoi les puces de canard se multiplient?
C'est précisément ce qui s'est produit au cours des dernières semaines dans de nombreux lacs et étangs. Selon le chercheur, il faut donc s'attendre à une recrudescence des puces de canard, ce que l’on constate déjà en Romandie.
Les températures de l'eau dépassent actuellement ce seuil dans quasi toute la Suisse. Le lac Léman a dépassé les 26 degrés, celui de Neuchâtel 25, celui de Morat 26 et Bienne 24 degrés.
La chaleur de l'eau ne suffit toutefois pas à elle seule. Les cercaires ne peuvent se développer que dans les milieux où cohabitent des oiseaux aquatiques, qui leur servent d'hôtes principaux, et des escargots d'eau douce, qui constituent leurs hôtes intermédiaires.
Les canards hébergent les vers adultes et en rejettent les œufs dans leurs excréments. De ces œufs naissent des larves qui infestent d'abord les escargots aquatiques. Elles les quittent ensuite sous forme de cercaires et nagent librement afin d'infecter un nouvel oiseau. Martin Schmid précise:
Les puces du canard sont donc surtout présentes dans les secteurs peu profonds et envahis de plantes aquatiques. Leur présence reste néanmoins très variable: les cercaires ne sont pas libérées régulièrement dans les mêmes quantités et les courants les dispersent différemment selon les endroits. Il est donc difficile de déterminer avec précision où elles sont les plus nombreuses.
Ensuite, lorsqu'elles rencontrent un être humain, les cercaires tentent de pénétrer dans sa peau. Dans leur cycle de vie, elles recherchent pourtant normalement un oiseau aquatique. «Mais les larves de cercaires pénètrent également dans la peau humaine. Elles nous confondent avec des oiseaux aquatiques et meurent ensuite dans notre peau», explique Lukas Krähenbühl, médecin-chef du service de dermatologie à l'Hôpital cantonal d'Aarau.
L'épaisseur de la peau n'a pas d'importance. En revanche, tout dépend de notre degré de sensibilisation, précise le dermatologue. Si des cercaires ont déjà pénétré notre peau par le passé, nous réagissons ensuite par de fortes démangeaisons. Lukas Krähenbühl ajoute:
Que provoque la pénétration des puces du canard?
Après la pénétration des larves, l'organisme déclenche une réaction de type allergique aux cercaires mortes dans la peau. Celle-ci se manifeste souvent par de fortes démangeaisons, généralement quelques heures après la baignade.
Des plaques, des rougeurs et des papules peuvent également apparaître. Les symptômes disparaissent spontanément en dix à vingt jours. «Les larves ne peuvent ni se propager davantage ni être transmises à d'autres personnes, car elles ne survivent pas dans la peau humaine», explique Lukas Krähenbühl.
Comment soulager les démangeaisons?
Il n'est pas nécessaire de traiter les larves elles-mêmes puisqu'elles meurent naturellement. Pour calmer les démangeaisons, le plus efficace est d'appliquer des compresses froides, une crème à base de cortisone ou de prendre des antihistaminiques.
Lorsque les démangeaisons sont bien contrôlées, on se gratte moins et l'on réduit ainsi le risque d'infection des lésions cutanées. «Après la baignade, il peut être utile de se sécher vigoureusement», conseille Lukas Krähenbühl, de l'Hôpital cantonal d'Aarau.
En revanche, les personnes qui nagent principalement dans les zones profondes des lacs, ou mieux encore dans une rivière ou une piscine, ont peu de risques d'entrer en contact avec les puces du canard.
Selon Martin Schmid, il n'est pas possible de réduire les populations de puces du canard. «Il est probable qu'elles deviennent plus fréquentes à l'avenir en raison du changement climatique, car les plans d'eau atteindront plus souvent les températures nécessaires à leur développement», conclut le chercheur de l'Eawag. (adapt. hun)
