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Migros sacrifie la viande suisse et ça énerve les éleveurs

Schweine auf dem Gutsbetrieb Massnahmenzentrum Kalchrain, am Mittwoch, 13. Juni 2018 in Huettwilen. Ein in den vergangenen 20 Jahren fast in Vergessenheit geratenes, absolut naturnahes Haltungssystem  ...
La viande de porc labellisée coûte bien plus cher que celle issue de l'élevage traditionnel.Image: KEYSTONE

Migros sacrifie un produit suisse et ça énerve les éleveurs

Le géant orange achètera moins de viande de porc labellisée IP-Suisse. Une décision critiquée par plusieurs associations, qui accusent Migros de se faire des marges sur le dos des éleveurs.
02.02.2024, 23:39
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La semaine dernière, Migros a informé les agriculteurs qu'elle achèterait 10% de viande de porc en moins au programme IP-Suisse, un label qui prône une attitude plus respectueuse vis-à-vis des animaux. Interrogée à ce sujet, l'association suisse des éleveurs et producteurs de porcs confirme avoir reçu une lettre du géant orange allant dans ce sens.

Selon les données d'IP-Suisse, environ 700 000 porcs ont été élevés l'année dernière dans 575 élevages. On ne sait pas exactement combien d'entre eux ont été livrés à Migros. Le détaillant lui-même n'a pas fourni de chiffres concrets, même sur demande. Mais pour IP-Suisse, le géant orange est «le plus gros acheteur de porcs labellisés IP-Suisse».

L'association «Marchés équitables Suisse», engagée dans la lutte contre les comportements abusifs des entreprises puissantes sur le marché, estime que Migros achète environ 400 000 porcs labellisés par année. Ce chiffre est obtenu à partir de la statistique des labels 2022 de la Protection suisse des animaux. La réduction devrait donc concerner environ 40 000 porcs.

Les consommateurs économisent sur la viande

L'association qualifie l'annonce de Migros de «mauvaise nouvelle» pour les paysannes et les paysans. Cette réduction montre que «les objectifs de rentabilité doivent être atteints en premier lieu avec davantage de produits standard conventionnels et des prix d'achat plus bas, et donc sur le dos des producteurs», affirme «Marchés équitables Suisse» dans un communiqué.

Migros conteste cette version des faits. Le détaillant a une part de viande de porc IP-Suisse supérieure à la moyenne et a constamment élargi son assortiment au cours des dernières années, affirme-t-il. Deux raisons expliqueraient pourquoi l'achat de viande de porc doit être réduit. Un porte-parole explique:

«Tout d'abord, le changement de comportement des consommateurs: nos clients mangent moins de viande de porc. Deuxièmement, de manière générale, nous observons une sensibilité accrue aux prix.»

Cela signifie que de nombreux clients préfèrent à la viande labellisée, plus chère, la viande moins chère issue de l'élevage traditionnel.

Ce dernier argument est une épine dans le pied d'Adrian Schütz, directeur adjoint de l'Association suisse des producteurs et éleveurs de porcs. Il raconte: «Récemment, je me suis rendu dans un magasin Migros dans mon village et j'y ai vu du lard de porc issu de l'élevage traditionnel à 19 francs le kilo. Le lard à griller IP-Suisse, lui, coûtait 30 francs le kilo».

Des marges élevées

Pour lui, cet exemple montre que Migros – tout comme d'autres détaillants – ajoute des marges élevées sur les produits labellisés.

«Bien entendu, les produits labellisés entraînent des coûts plus élevés pour les détaillants, mais certainement pas autant»
Adrian Schütz

En effet, les agriculteurs eux-mêmes ne gagnent qu'entre 25 et 45 centimes de plus par kilo de porc IP-Suisse par rapport à un porc issu d'un élevage traditionnel. De son côté, Migros assure qu'elle ne réalise «pas de marges plus élevées avec les produits labellisés qu'avec les articles produits de manière conventionnelle».

Adrian Schütz admet l'argument de Migros selon lequel la consommation de viande de porc diminue. «Mais il faut se demander si l'on préfère se passer de la viande qui garantit le bien-être animal ou du produit standard», souligne-t-il. Il ne veut toutefois pas entendre parler d'une intervention de l'Etat, comme le demande «Marchés équitables Suisse» afin de «respecter les promesses de durabilité en faveur de la production labellisée». Il l'affirme:

«Le consommateur doit pouvoir continuer à faire son choix lui-même»
Adrian Schütz

(jaw/ats)

Adapté de l'allemand par Tanja Maeder

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