Pourquoi Migros et Coop peinent à convaincre les Suisses en ligne
Migros a récemment inauguré son centre de distribution destiné aux commandes en ligne à Regensdorf (ZH). Il devrait à terme permettre de livrer jusqu'à 21 000 produits différents au domicile des clients, écrit la NZZ. Coop prévoit également un nouveau centre logistique à Regensdorf, capable de traiter jusqu'à 16 500 commandes par jour. A eux deux, les géants du commerce de détail représentent 95% du marché suisse de l'alimentation en ligne.
Malgré ces investissements, les Suisses ne semblent pas encore prêts à franchir le pas. Seule une petite partie des achats sont en effet effectués en ligne en Suisse. En 2025, 3% des produits alimentaires ont été achetés sur internet. Les achats en magasin restent donc très populaires, selon la NZZ.
La situation se reflète aussi dans le taux d'utilisation du nouveau centre de distribution de Migros: il n'atteint aujourd'hui que 20%. L'objectif est de le porter à 70% en 2027. Malgré cela, le commerce alimentaire en ligne ne devrait pas atteindre de sitôt en Suisse les niveaux déjà observés dans d'autres pays.
Le Royaume-Uni en est un bon exemple. Plus de 10% des habitants y commandent leurs produits alimentaires en ligne. Ce modèle fonctionne notamment parce que les magasins servent de mini-centres de distribution, ce qui permet d'éviter de longs trajets de livraison.
Pourquoi le commerce en ligne ne décolle pas en Suisse
En Suisse, les détaillants ont davantage de difficultés à s'imposer dans le commerce en ligne, souligne la NZZ.
La taille relativement réduite du pays constitue une première explication. En Suisse, les consommateurs habitent rarement loin du supermarché le plus proche. A cela s'ajoute la réglementation stricte imposée par la législation sur les denrées alimentaires, qui complique et renchérit l'emballage et l'expédition. Les produits de nettoyage ne peuvent, par exemple, pas être placés dans le même sac qu'un pain frais et la chaîne du froid doit également être respectée. Les règles sont moins strictes dans d'autres pays.
Enfin, les coûts salariaux élevés constituent un autre frein au développement des supermarchés en ligne en Suisse. Ils sont en partie répercutés sur les clients, ce qui rend le trajet entre le centre de distribution et le consommateur plus cher que dans d'autres pays.
Le montant minimum d'achat fixé à 99,90 francs chez Migros et Coop pourrait également constituer un obstacle. A cela s'ajoutent les frais de livraison ou encore le surcoût facturé pour une livraison le jour même. (kek/trad. hun)
