Les avalanches ont emporté plus de monde que d'habitude cet hiver
L'hiver 2025-2026 a été marqué par un manteau neigeux fragile. Il en a résulté un nombre d'avalanches ayant entraîné des personnes supérieur à la moyenne, mais un nombre de décès dans la norme.
Durant l'hiver 2025-2026, 244 personnes ont été touchées lors de 171 avalanches, relève mardi l'Institut pour l'étude de la neige et des avalanches (SLF) dans son rapport intermédiaire allant jusqu'à fin mars. A titre de comparaison, au cours des dix dernières années, 182 personnes ont été touchées en moyenne lors de 127 accidents.
Malgré cela, le nombre de décès, qui s’élevait à 15 personnes à la fin mars, se situait dans la moyenne. Au total, 37 personnes ont été entièrement ensevelies. Dans la majorité des treize accidents mortels, l’avalanche s’est déclenchée dans de la neige ancienne fragile.
Des avalanches impliquant des personnes ont été enregistrées quotidiennement entre le 10 janvier et le 22 février. Un bilan définitif ne pourra toutefois être tiré qu'à la fin de l'année hydrologique, soit le 30 septembre prochain, note le SLF.
Neige propice aux avalanches
Après un début d’hiver précoce fin novembre et début décembre, un temps sec et ensoleillé a dominé jusqu'en janvier. Les précipitations étaient rares et, au moment du passage à la nouvelle année, il y avait généralement très peu de neige.
Au cours de cette période, le manteau neigeux a subi une forte métamorphose constructive, ce qui l’a rendu très fragile, explique le SLF. Ce processus de transformation de la neige, induit par de fortes différences de températures, crée une couche fragile et instable, propice aux avalanches.
Les hivers marqués par un manteau neigeux très fragile sont généralement propices aux accidents. Cela s'explique d’une part par le fait que ce problème n'est pas facilement identifiable sur le terrain, même pour les experts. D'autre part, les avalanches qui se décrochent dans les couches profondes du manteau neigeux atteignent généralement une ampleur dangereuse.
Danger maximal en février
A partir de la deuxième semaine de janvier et jusqu’à mi-février, des chutes de neige, généralement de faible intensité, sont venues recouvrir cette base fragile du manteau neigeux. Le risque d'avalanches a donc été très marqué en janvier et février, dans l’ensemble de l’arc alpin. Les régions les plus touchées étaient le Valais, le Tessin et les Grisons.
A la mi-février, d’importantes chutes de neige se sont succédé en plusieurs vagues. Le record a été enregistré dans l’extrême ouest et le nord du Bas-Valais, avec de 100 à 150 cm entre le 10 et le 13 février, puis entre 90 et 140 cm dans l’extrême ouest du Bas-Valais ainsi que sur la crête nord des Alpes, quelques jours plus tard.
Ces conditions ont conduit à une situation avalancheuse exceptionnelle, qui a atteint le degré de danger d’avalanches le plus élevé (5) le 17 février. Un troisième épisode d'intempéries, du 18 au 22 février, a apporté un mètre supplémentaire de neige fraîche dans le nord, mettant un terme à cette période de fortes chutes de neige.
Début mars, le danger d'avalanches a diminué, avant que l'hiver ne fasse son retour à la moitié du mois. C’est sur le versant sud des Alpes que les chutes de neige ont été les plus abondantes, entraînant de nouveaux risques d'avalanches dans les couches de neige proches de la surface.
Par la suite, de nombreuses avalanches ont été déclenchées par des personnes, surtout dans le Valais et dans les Grisons, heureusement sans faire de morts. A la fin mars, la neige est revenue dans le nord, entraînant temporairement un fort danger d'avalanches.
Faible enneigement
L'hiver 2025/2026 a globalement été marqué par des hauteurs de neige nettement inférieures aux valeurs moyennes à toutes les altitudes, remarque le SLF. Ce constat est d'une part lié à des températures supérieures aux moyennes, mais surtout à la faiblesse des précipitations dans les Alpes.
Les cumuls de neige fraîche mesurés dans les stations depuis novembre n’ont atteint que 50 à 75% des moyennes pluriannuelles dans toute la Suisse. Comme lors de l’hiver précédent, c'est dans l’est du pays que le déficit a été le plus important et dans le Valais qu'il a été le plus faible. (ats)
