«Le danger d'avalanches augmente»: la douceur crée un risque
Les tombereaux de neige déversés sur la Suisse ont fait briller les yeux des adeptes du ski hors-piste. Mais cet or blanc en abondance s'est révélé traître: un jeune skieur de 22 ans a notamment perdu la vie à Verbier à cause de l'instabilité du manteau neigeux. Aujourd'hui encore, le danger d'avalanche reste marqué (3/5) sur une grande partie des Alpes.
En revanche, cette semaine, les flocons ont fait place aux rayons de soleil. La Suisse traverse un front doux, très doux - qui va faire mal au paquet de neige qui recouvre les pistes. Nous parlons là d'une «anomalie de douceur», comme l'expliquait à watson le météorologue Frédéric Glassey. Ce redoux cache lui aussi des risques, car le manteau neigeux va suer sous l'effet de cette chaleur printanière.
L'Institut pour l'étude de la neige et des avalanches (SLF) souligne:
Attention en basse et moyenne altitude
Le problème réside avant tout en basse et moyenne altitude. Après l'euphorie de la semaine dernière et des excellentes conditions, l'enthousiasme fait place à une pointe de désarroi. Sous l'effet du réchauffement, dans ces zones-là, il entraîne «une humidification, voire une saturation en eau du manteau neigeux», complète le SLF.
Et de poursuivre:
Des plaques risquent de céder (spécialement sur les faces exposées) et de provoquer ces glissements qui peuvent s'avérer dangereux. «Il faut s’attendre dans les prochains jours à davantage d’avalanches de glissement», estime le SLF.
Et méfiez-vous: prévoir le déclenchement d'une avalanche de fond reste très difficile, même si, dans bien des cas, une fissure de glissement apparaît avant le départ d'une plaque.
Et en haute altitude?
Plus haut, entre 2000 et 2500 mètres d'altitude, la situation est plus stable, selon le SLF. L'institut évoque cependant «la problématique des couches fragiles enfouies». Avec la chaleur, la neige ancienne et les flocons frais peinent à s'accrocher. L'institut précise toutefois:
Les fins connaisseurs de la montagne le savent bien: la pluie après une chute de neige aide à compacter le manteau. Cette douceur pourrait jouer un rôle similaire en le consolidant. «Si un manteau neigeux auparavant humide se refroidit et regèle, sa stabilité augmente. L'eau qui gèle renforce la cohésion entre les cristaux de neige», précise le SLF.
En résumé, ces températures élevées pourraient jouer un rôle dans la consolidation du socle neigeux en haute altitude — encore faudra-t-il qu'elles baissent pour confirmer le discours des spécialistes.
