«Faire timbrer les pauses toilettes, c’est la meilleure des alternatives en matière d’égalité», estime Joris Engisch. Le président du fabricant de cadrans Jean Singer et Cie est à l'origine de l'arrêt du Tribunal cantonal neuchâtelois donnant raison à la société.
La décision contre l’Office des relations et des conditions de travail neuchâtelois (ORCT) a été révélée par la RTS début octobre. Joris Engisch ne s’attendait pas à une telle attention, a-t-il indiqué dans une interview parue mercredi dans Le Temps. L'entreprise neuchâteloise Jean Singer et Cie emploie 383 personnes.
Son modèle consiste à timbrer toute interruption de travail, y compris les pauses toilettes. Joris Engisch explique:
«Il n’y a donc pour nous pas de raison factuelle de revenir en arrière. Le jugement du tribunal a montré que nous étions dans notre droit», précise-t-il. Cela permet aussi de poser des fondations qui vont certainement être reprises par d’autres entreprises. «La problématique des téléphones portables se répète.»
«Et c’est vraiment très contraignant pour les employeurs», relève le dirigeant du cadranier. Plus loin, il estime que ce sont des thématiques qui font parler et réfléchir. «Mais la vraie inquiétude que j’ai, c’est que l’on voit beaucoup de pays qui se développent très rapidement, comme la Chine, où l’on travaille beaucoup.»
«J’ai l’impression qu’en Europe, c’est un peu l’inverse», avance Joris Engisch, qui possède des sites à Boudry et à La Chaux-de-Fonds.
Dans le détail, tous les collaborateurs ont l’obligation légale de prendre au minimum une demi-heure de pause à midi. En complément, la société offre 15 minutes de pause payée par jour, qui sont automatiquement comptées comme telles. L'horaire flexible permet l’arrivée au travail de 6h30 à 8h00.
Il y a la possibilité de prendre une pause de midi de 11h30 à 13h30 et, en fin de journée, le départ peut se faire de 15h45 à 17h30. Et Joris Engisch de compléter:
Le nombre de pauses n’est pas décompté, mais pour chaque interruption de travail, que ce soit pour aller aux toilettes, fumer ou discuter, le collaborateur doit timbrer. Et Joris Engisch de rappeler que la mesure date d’il y a environ 30 ans.
C'était quand les bureaux sont devenus non-fumeurs, mentionne-t-il. «A la place de prendre une pause pour aller fumer à l'extérieur, certains trichaient en fumant dans les toilettes.» (ats)