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L'annonce de cessez-le-feu de Poutine est une mauvaise nouvelle

Poutine aurait trouvé un moyen de torpiller la Suisse

Poutine aurait trouvé un moyen de torpiller sournoisement la Suisse et son sommet pour la paix en Ukraine.
Le pouvoir russe fait tout pour saboter le sommet pour la paix en Ukraine organisé en suisse.Image: keystone/watson
Peu avant la conférence de paix en Suisse, Poutine pourrait proposer un gel du conflit en Ukraine. Les experts y voient une manœuvre diplomatique.
25.05.2024, 15:5225.05.2024, 15:52
Remo Hess, Brüssel / ch media

Trois semaines avant la conférence de paix pour l'Ukraine au Bürgenstock, en Suisse, les préparatifs battent leur plein. Plus de 70 chefs d'Etat et de gouvernement ont jusqu'à présent confirmé leur participation. Mais une surprise diplomatique de dernière minute s'est, elle, bel et bien invitée.

Il ne s'agit pas de l'annonce en fanfare de l'arrivée de Joe Biden, le président américain manquera sans doute le sommet. En pleine campagne électorale, il sera occupé à participer à un événement du parti à Hollywood en compagnie de stars du cinéma comme George Clooney et Julia Roberts, selon les médias américains.

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Non, Vendredi, il semblait pour des raisons tout à fait différentes que le programme du sommet serait complètement chamboulé. Le président russe Vladimir Poutine aurait proposé un cessez-le-feu, rapporte l'agence de presse Reuters.

En substance, le maître du Kremlin serait prêt à geler la guerre le long de la ligne de front actuelle. Une source proche du pouvoir russe aurait assuré à l'agence de presse:

«Poutine peut se battre aussi longtemps que nécessaire. Mais il est également prêt à un cessez-le-feu»

Etant donné que les informations provenant du cercle restreint de Poutine ne fuitent presque jamais, il est probable que ce message ait été délibérément diffusé.

Pourquoi maintenant?

Une offre de cessez-le-feu si peu de temps avant le sommet changerait évidemment tout. Pour le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), des questions urgentes se poseraient: Faut-il quand même inviter les Russes? Une solution de paix temporaire est-elle soudain à portée de main?

Il est toutefois plus probable qu'il ne s'agisse que d'une des manœuvres de diversion dont le pouvoir russe à le secret. Une offre empoisonnée visant à détourner la dramaturgie du sommet. C'est du moins ce que suppose l'expert allemand en sécurité Nico Lange: la Russie veut simplement «saper» les discussions en Suisse et fournit de nouveaux «talking points» à ses porte-parole en Occident, explique-t-il sur X.

Une chose est sûre: en coulisses, les Russes ne ménagent pas leurs efforts pour torpiller le sommet. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment mis en garde la Suisse à ce sujet s'appuyant sur ses services de renseignement.

D'après des initiés, les Russes utilisent actuellement toute la panoplie des tentatives d'influence, ce qui est un signe de leur nervosité. Cela va de la désinformation à des pressions directes sur les pays qui souhaitent participer à la conférence de paix. Les Etats visés sont ceux ayant des liens politiques ou économiques avec la Russie, comme les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

La tactique du contre-sommet

Mercredi, le Tagesanzeiger rapportait que le président brésilien Lula da Silva ne se rendrait pas en Suisse. Le chef du gouvernement sud-africain Cyril Ramaphosa non plus. D'après Politico, la Russie tente d'organiser parallèlement au Bürgenstock une sorte de contre-sommet, mais avec les pays des Brics. Vendredi, la Chine et le Brésil ont publié leur propre proposition de paix qui, selon les observateurs, devrait contrecarrer les efforts de la Suisse. Il n'y est en tout cas nulle part question de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Le président ukrainien, le 15 janvier 2024 avec la présidente de la Confédération Viola Amherd.
Le président ukrainien, le 15 janvier 2024 avec la présidente de la Confédération Viola Amherd.Keystone

Au département des Affaires étrangères, on se montre très réservé sur les intrigues autour du sommet. On a pris connaissance du rapport sur l'offre de cessez-le-feu, mais on ne souhaite pas le commenter davantage. Juste ceci: «La Suisse a toujours fait preuve d'ouverture en invitant la Russie. La Russie a toutefois dit à plusieurs reprises qu'elle n'était pas intéressée par une participation», a déclaré le porte-parole Michael Steiner. Néanmoins, il est clair pour la Suisse qu'un processus de paix sans la Russie est «impensable».

L'Ukraine a eu la peau du «char tortue» russe
Video: watson
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Cette guerre décide de votre vie et vous le ne savez pas toujours
La «bataille culturelle» est la grande expression politique du moment. Forgée par le communiste italien Gramsci, elle fait un retour en grâce en France comme en Suisse. L'affaire Grasset-Bolloré en est un exemple frappant. Chez nous, elle met surtout en vedette l'UDC et la gauche radicale.
La bataille culturelle est partout. L'immigration, le genre, la religion, l'alimentation, l'école, la fiscalité: tout cela et bien d'autres choses intéressent la bataille culturelle. Le gagnant est celui qui parvient à imposer ses idées. C’est un jeu bien plus féroce que «Koh Lanta» et bien moins drôle que «LOL qui rit sort». Ce n’est pas parce qu’on n’entend pas parler de la bataille culturelle tous les jours en Suisse qu’elle en est absente. Au contraire. Un indice? L’UDC et la gauche, tendance radicale, s’y adonnent en permanence.
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