Le superaliment de l’année 2026 est…
Avouons-le, vous vous attendiez probablement à autre chose. Encore peu connu du grand public, le lupin reste souvent sous-estimé. A tort. Son potentiel pour rendre notre alimentation plus durable est tout simplement immense.
Une véritable bombe nutritionnelle
Peu de légumineuses peuvent rivaliser avec le lupin en matière de protéines: il en contient près de 40%. Et sa qualité est remarquable, puisqu'il fournit tous les acides aminés essentiels. Le tout avec une teneur très faible en glucides.
Un profil qui ne séduit pas uniquement les amateurs de fitness. Miriam Kamp, sélectionneuse de lupins chez Getreidezüchtung Peter Kunz (gzpk), explique:
Cette organisation œuvre depuis près de 40 ans dans la sélection végétale biodynamique.
Côté santé, cette plante coche aussi plusieurs cases: elle peut contribuer à réduire le taux de cholestérol et provoque généralement moins de ballonnements que d’autres légumineuses.
Un allié précieux pour les sols
Le lupin améliore les sols de différentes façons: avec l’aide de bactéries, il enrichit la terre en azote, utile aux cultures suivantes. Ses racines profondes décompactent le sol, facilitent l’accès aux nutriments et favorisent la formation d’humus, ce qui renforce la résistance du sol à la sécheresse.
En parallèle, il offre nourriture et habitat à toute une microfaune; bactéries, champignons et vers de terre. Un sol vivant retient mieux l’eau, favorise la croissance des plantes et reste fertile sur le long terme.
Parfaitement adapté à la Suisse
Contrairement au soja, très sensible au froid, le lupin supporte sans difficulté le gel. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on le surnomme parfois le «soja du Nord».
Grâce à ses racines profondes, il résiste également relativement bien aux périodes de sécheresse. Autant d’atouts qui en font une culture particulièrement adaptée à une production locale en Suisse.
Un festin pour les pollinisateurs
Au-delà de leur aspect décoratif, les fleurs de lupin jouent un rôle important pour les abeilles sauvages et les bourdons. Leur floraison, qui se prolonge jusqu’en plein été, offre un pollen de haute qualité, indispensable au développement des larves.
Un ingrédient aux mille usages
En cuisine, le lupin se révèle extrêmement polyvalent:
- Les graines s’intègrent facilement dans des salades, des bowls ou des plats mijotés.
- Il peut être utilisé pour préparer des galettes, des émincés végétaux, des substituts de saucisse ou des tartinades.
- Comme le soja, le lupin permet de produire du tofu et du tempeh.
- Séchées, grillées, frites ou marinées, les graines se dégustent aussi en snack.
- La farine de lupin sert à fabriquer des pâtes et peut remplacer un œuf: une cuillère à soupe mélangée à de l’eau suffit pour les gâteaux, muffins ou pancakes.
- Le concassé de lupin est idéal pour une bolognaise végétarienne ou des légumes farcis.
- Torréfié, le lupin peut même être transformé en une boisson rappelant le café, et sans caféine.
De grands enjeux pour la production
Depuis les années 1980, la culture de ce végétal est freinée par l’anthracnose, une maladie fongique agressive. Cependant, Miriam Kamp précise:
Le lupin blanc, en revanche, est plus vulnérable aux maladies et son taux d’alcaloïdes (les substances responsables de l’amertume), varie fortement. De nouvelles variétés sont cependant très prometteuses. Celles-ci pourraient atteindre des rendements d’environ 3,5 tonnes par hectare, contre 2,5 tonnes pour le lupin bleu. Il faudra néanmoins encore patienter quelques années avant leur commercialisation.
Autre élément à prendre en compte: les personnes souffrant d’une allergie à l’arachide doivent être particulièrement prudentes, en raison de possibles réactions croisées. C’est pourquoi le lupin doit obligatoirement être mentionné comme allergène dans les aliments. Bonne nouvelle en revanche pour les personnes allergiques au soja, qui tolèrent souvent très bien le lupin.
Traduit et adapté de l'allemand par Léon Dietrich
