Pourquoi le tireur présumé était piégé avant même de se rendre
Après la tuerie d’Aarau, une vaste chasse à l’homme s’engage. Le tireur a quitté les lieux et les enquêteurs doivent rapidement déterminer dans quelle direction il a fui. Parmi les nombreux témoignages recueillis cette nuit-là, une information va se révéler déterminante.
Le chef d'intervention de la police cantonale argovienne, Matthias Schildknecht, a expliqué, mercredi, ce qui a été décisif. La police aurait reçu un signalement indiquant que l'auteur s'était enfui à bord d'une camionnette blanche immatriculée dans le canton du Jura.
Une information capitale
Cela n'a pas été dit explicitement, mais on peut supposer que le signalement provenait d'un groupe de gens du voyage. Ceux-ci avaient installé leur campement, lors de cette funeste nuit de dimanche, à proximité immédiate de l'endroit où le tireur avait garé son véhicule avant de passer à l'acte.
Alors qu'il tentait de prendre la fuite, l'auteur des faits a également croisé une voiture qui s'éloignait de lui, à bord de laquelle se trouvaient deux personnes de la communauté des gens du voyage et des enfants. Le tireur est descendu de son véhicule et a fait feu sur le véhicule avant de poursuivre sa route. Personne n'a été blessé, car le conducteur a eu la présence d'esprit d'accélérer.
Selon Matthias Schildknecht, la police a mené plus de 130 auditions de témoins au cours des 12 premières heures suivant les faits. Dans ce tumulte, le signalement d'une «camionnette blanche» s'est révélé être salvateur. Grâce à cette indication, la police disposait d'un type de véhicule et d'une plaque d'immatriculation. On peut supposer que la plaque n'était pas connue dans son intégralité, mais que l'écusson cantonal avec les lettres «JU» aura suffi.
Une opération conjointe de la police
L'auteur des faits portait vraisemblablement une cagoule. Un témoin, qui s'est retrouvé directement face à lui sur les lieux, l'a regardé avant d'être touché par balle. Il a expliqué à Tele M1 qu'il n'avait pu distinguer aucun visage.
La police cantonale argovienne a alors pris contact avec la police cantonale jurassienne.
Une centaine de véhicules correspondant au signalement ont été recensés. Les vérifications ultérieures, menées par élimination, ont mené jusqu'à l'auteur des faits. Des images vidéo ont permis de réduire le nombre de véhicules potentiellement concernés à «quelques-uns».
Les premières vérifications effectuées dans les heures qui ont suivi se sont révélées négatives. Mais dimanche, la police a finalement identifié un véhicule qui s’éloignait d’Aarau et dont les déplacements correspondaient au déroulement des événements, ce qui a finalement mené au nom et au domicile du tireur.
La fuite de l'auteur a été filmée
L'une des premières démarches après un tel acte consiste à passer en revue les caméras de vidéosurveillance publiques à la recherche d'éléments suspects. On peut supposer que c'est en visionnant ces images que la police est tombée sur la camionnette blanche. En effet, l'auteur se serait d'abord rendu à Aarau, avant de retourner relativement rapidement dans le canton du Jura, a-t-on indiqué.
Le tireur suisse de 43 ans s'est livré lui-même à la police dans la nuit de dimanche à lundi, vers minuit, à Delémont, ville voisine de son domicile de Montsevelier. Il serait arrivé au volant de sa camionnette, avec deux pistolets et la kalachnikov à bord du véhicule. Il aurait alors lâché:
Il a ensuite été arrêté et remis à la police argovienne. Le suspect se trouve désormais en détention provisoire dans le canton d'Argovie.
Une chose semble claire: en se rendant, l'auteur des faits a devancé de peu son arrestation. Car, selon Matthias Schildknecht, des policiers argoviens étaient au même moment déjà en route vers le canton du Jura, sur les talons du tireur. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'ils ne mettent la main sur lui. (trad. ysc)
