Une piscine valaisanne met l’UDC très en colère
Après la France et Genève, la polémique du burkini à la piscine s'invite en Valais. A l'origine, une simple phrase, rajoutée sur le site du zoo et piscine des Marécottes, à Salvan, par le propriétaire, Florian Piasenta, explique Rhone FM:
Un message ajouté pour pallier les appels téléphoniques croissants, demandant si les femmes pouvaient venir se baigner avec cet habit qui correspond aux normes de pudeur islamiques. Florian Piasenta explique disposer d'une clientèle en provenance du Moyen-Orient. Et de rajouter dans le reportage radio:
L'UDC s'engouffre dans la brèche
Il n'en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres dans un canton du soleil où il fait déjà très chaud, cet été. Dans plusieurs posts Facebook publiés les 10 et 11 août, le député UDC au Grand Conseil, Damien Raboud, estime que:
Il appelle ses lecteurs à aller plutôt profiter des bains de Lavey, dans le Chablais vaudois, où le burkini a été interdit pour raisons d'hygiène. Il n'est pas le seul à lancer ses saillies sur les réseaux sociaux. Deux vidéos ont été publiées par l'influenceur d'extrême droite, Colin Walks, proche de l'UDC, qui se moque de Florian Piacenta en présentant un visuel réalisé par l'intelligence artificielle où celui-ci porte un burkini.
Un texte refusé en 2023
La passe d'armes autant sociétale que politique. Car Florian Piasenta, président de la commune de Salvan, est également député libéral-radical au Grand Conseil, pour le district de Saint-Maurice. Et Damien Raboud semble avoir peu apprécié qu'une courte majorité du groupe libéral-radical, alliée au Centre et à la gauche, a refusé cette interdiction. D'autant plus que le texte, déposé en 2022 et refusé en novembre 2023, à près de 70%, portait sa signature.
L'UDC avait défendu le texte avec une moitié du groupe PLR. Florian Piasenta n'était pas encore au Grand Conseil, qu'il a rejoint en 2025, mais était alors président du PLR Valais. Dans Le Nouvelliste, Damien Raboud estime que la moitié de ce groupe et les centristes avaient notamment estimé qu'il s'agissait d'un «phénomène marginal», un constat selon lui en opposition avec l'augmentation du nombre de burkini à la piscine des Marécottes.
Les femmes en burkini: des touristes
Contacté par watson, Florian Piasenta note d'abord: «En Valais, le burkini est autorisé. Le Grand Conseil a clairement voté non à son interdiction. Et ici, nous sommes une piscine privée, pas une piscine municipale, où rien par ailleurs dans les règlements ne l'interdit.» Il ajoute: «Le principe est simple: si les gens sont propres et respectent les règles d’hygiène, il n’y a pas de problème. Ce n’est pas à moi, à la caisse du zoo, d’expliquer aux gens comment ils doivent se comporter.»
Il rappelle également un point sur lequel il estime que l'UDC fait son beurre: les quelques femmes en burkini qui viennent à la piscine chaque jour ne sont pas des habitantes de la région.
«Cela n'a rien à voir avec "l'islamisation rampante"» dénoncée par Damien Raboud, estime-t-il. Et d'ajouter: «Pour moi, c’est une non-thématique en Valais. On sait qui l’on est ici, un canton de tradition catholique, mais ouvert aux autres. L'UDC devrait s'atteler à d'autres sujets cruciaux pour le Valais», ajoute-t-il.
Mais du côté UDC, cela ne risque pas d'arriver: Damien Raboud a d'ores et déjà annoncé sur Facebook que «nous reviendrons avec un texte qui demandera une interdiction» du burkini, qu'il nomme, avec un sens certain de la provocation, «des bâchées aquatiques». Et ce, «malgré la réticence de la fausse droite et du Centre, mais avec le soutien de la population».
