Le département d'Albert Rösti attaqué pour ses «coûts exorbitants»
L'Office fédéral des routes (Ofrou) s'appuie largement sur les meilleures agences de relations publiques du pays, et cela a un coût. Sur la base de la loi sur la transparence, nous avions révélé en octobre 2024 que l'Ofrou attribue régulièrement d'importants mandats de communication à des prestataires externes. Des missions souvent attribuées de gré à gré, c'est-à-dire sans appel d'offres public.
A elle seule, la célèbre agence Farner a empoché un total de 8,2 millions de francs ces dernières années, notamment pour la communication relative à l'extension controversée de l'A1. L'office en question nous avait alors confirmé que les dépenses annuelles totales pour les relations publiques dépassaient les cinq millions, avec une tendance à la hausse.
Des investigations menées en octobre 2024 révélaient un véritable tollé pendant la campagne référendaire autour de l'élargissement de l'A1. Les opposants reprochaient à l'Ofrou et au conseiller fédéral, Albert Rösti (UDC) de fournir des informations inexactes et d'embellir les conséquences sur la sécurité routière, le bruit et l'environnement.
Le projet prévoyait le financement de six sous-projets pour une enveloppe globale de 4,9 milliards. Il a été rejeté fin novembre 2024 avec 52,7% de voix contre.
Un pavillon de luxe contesté
Ce résultat a mis des bâtons dans les roues à un autre projet de relations publiques coûteux de l'Office fédéral des routes. Selon le Tages-Anzeiger, il a fallu retarder l'ouverture d'un pavillon d'accueil à 3,8 millions à Berne.
L'Ofrou souhaitait à l'origine y informer le public sur quatre projets d'extension autoroutière dans la région. Il avait maintenu son cap après l'annonce du lancement du référendum. A elle seule, la technologie (mur panoramique interactif, «Holo-Deck») a coûté 1,2 million.
Trois de ces quatre projets sont désormais sur la sellette: soit en conséquence directe d'un vote, soit indirectement en raison d'un rapport scientifique. Le professeur Ulrich Weidmann de l'EPFZ s'est en effet penché sur l'avenir de l'extension des infrastructures à la demande, à l'issue du scrutin, du ministre des Transports, Albert Rösti. L'Ofrou a donc dû revoir ses plans et adapter le concept du pavillon.
Un manque de transparence qui agace
Ces révélations ont désormais des répercussions jusqu'au Parlement. La conseillère nationale Verte, Florence Brenzikofer (BL), a déposé une interpellation dans laquelle elle réclame à l'exécutif des informations sur les «coûts exorbitants de relations publiques» de l'Ofrou.
Ces montants élevés soulèvent des questions quant au travail de relations publiques. Brenzikofer explique:
Pour cela, «on ne renonce à aucun effort financier». Cette «utilisation nonchalante de l'argent des contribuables» est particulièrement choquante en période de programmes d'allègement budgétaire, estime la conseillère. Elle espère désormais obtenir des «réponses claires et transparentes» du ministre de tutelle.
L'administration a pour mission de s'engager en faveur d'une mobilité durable et efficace sur le plan énergétique. La communication de l'Ofrou dans le cadre de la campagne de votation sur l'extension des autoroutes laisse planer un doute à ce sujet, estime encore la Bâloise:
Outre Florence Brenzikofer, ses collègues de parti Franziska Ryser et Aline Trede ont également déposé des interpellations sur le même sujet. Elles critiquent le «vernis» et le «manque de transparence» de la communication.
(Traduit et adapté par Valentine Zenker)
