Suisse
Politique

Le Centre n'abandonne pas son projet de fiscalité du mariage

L'hôtel Waldhaus Flims présente ses salles de réception lors du salon des mariages et des fêtes de Saint-Gall, le 9 novembre 2019. (Image d'illustration)
La Suisse a accepté la loi fédérale sur l'imposition individuelle. Le Centre n'entend cependant pas abandonner son projet sur le sujet. (Image d'illustration)Image: Christian Beutler / Keystone

Pourquoi les Suisses pourraient revoter sur la fiscalité des couples

Le Centre entend maintenir son initiative contre la pénalité fiscale du mariage, malgré le oui à l’imposition individuelle. Le projet du parti comporte plusieurs différences.
24.03.2026, 16:5224.03.2026, 16:52
Anna Wanner / ch media

Le résultat de la votation a pris le Centre de court: 54% des Suisses ont dit oui à l'imposition individuelle le 8 mars, et n'ont pas adopté les arguments des opposants, selon lesquels l'initiative rendrait les choses plus compliquées, plus injustes et plus coûteuses.

Malgré cette défaite, le Centre ne se considère pas vaincu. Il n'a à ce jour pas retiré sa propre initiative visant à supprimer la pénalité fiscale du mariage. Celle-ci poursuit pourtant le même objectif, à savoir alléger la charge fiscale des couples mariés.

Un projet qui ne s'arrête pas pour autant

Dans sa mise en œuvre, cette initiative propose toutefois une alternative à l'imposition individuelle, car elle entend préserver le mariage en tant que communauté économique et, par conséquent, l'imposition commune des couples mariés.

Il n'a pas encore été décidé si le comité d'initiative, essentiellement le Parti du Centre, se résoudra à retirer l'initiative «Oui à des impôts fédéraux équitables pour les couples mariés». A l'heure actuelle, un retrait semble peu probable, car une première décision préliminaire est désormais connue: les Femmes du Centre expriment clairement leur souhait de maintenir l'initiative.

Leur présidente, Christina Bachmann-Roth, indique que les quelque 120 000 signatures pour l'initiative ont été récoltées et validées, et que le projet n'a jamais été conçu comme un plan B. Il convient maintenant de voter sur cette revendication. «Ce n'est pas de l'entêtement», explique Bachmann-Roth avant d'ajouter:

«Les signatures authentifiées pour cette revendication posent les bases d'une voie démocratique prévue par la Constitution.»
Christina Bachmann-Roth explique pourquoi le Centre doit maintenir son initiative visant à supprimer la pénalisation du mariage.
Christina Bachmann-Roth estime que le Centre doit maintenir son initiative visant à supprimer la pénalisation du mariage.Image: Andrea Zahler

Une façon d'englober tout le monde

Plutôt que de réitérer les inconvénients possibles de l'imposition individuelle, les Femmes du Centre veulent mettre l'accent sur la communauté. Dans leur prise de position adressée au parti, elles mettent en garde contre une société où «seuls l'individu et la liberté personnelle comptent encore».

S'occuper de ses proches et assumer ses responsabilités familiales seraient ainsi des piliers essentiels de la société et allégeraient le budget de l'Etat. Dans ce contexte, il serait injuste de pénaliser fiscalement les parents mariés qui réduisent leur activité professionnelle durant la phase de prise en charge des enfants, indique Christina Bachmann-Roth.

Le fait que les couples en concubinage soient exclus des avantages d'une imposition commune, tels que le fractionnement ou le calcul fiscal alternatif, constituerait une «démarcation délibérée». Bachmann-Roth précise:

«Nous ne voulons pénaliser aucun mode de vie, ni le mariage ni le concubinage. Celui qui ne veut pas se marier ne doit pas en être pénalisé, et celui qui se marie non plus. C'est la différence entre la liberté de choix et la contrainte.»

Cela dit: ni le calcul alternatif de l'impôt ni le fractionnement ne sont neutres quant à l'état civil. Dans les deux variantes, le bonus du mariage prédomine. Seule l'imposition individuelle ne tient pas compte de l'état civil.

Une vision différente du problème

Les Femmes du Centre plaident pour une approche globale du système. Pour la présidente Christina Bachmann-Roth:

«Il est erroné de réformer le système fiscal de manière isolée»

Car, selon elle, les conséquences n'auraient pas été pensées jusqu'au bout. Elle ajoute:

«Lorsque des couples se protègent mutuellement par le mariage, cela allège la charge de la société»

Dans le concubinage, cette protection juridique fait défaut. Quiconque fait des sacrifices dans une telle relation n'a droit à aucune compensation. Cette lacune en matière de protection aurait des coûts réels tant pour les personnes concernées que pour la collectivité, indique Bachmann-Roth. Et d'ajouter que, dans ce contexte, les couples mariés ne devraient pas être pénalisés fiscalement.

Vous avez mérité des photos de lapins fluffy:
1 / 13
Vous avez mérité des photos de lapins fluffy:
source: imgur
partager sur Facebookpartager sur X
Ces pranks de mariage cachent un vrai problème
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
1 Commentaire
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
1
Le frère de Christoph Blocher raconte son enfance difficile
Récemment, Andreas, le frère de Christoph Blocher, est décédé. Son livre consacré à son enfance paraît désormais à titre posthume.
Christoph Blocher a déjà suscité une bonne douzaine de biographies. L'une des premières était même signé par son frère cadet Andreas et s’intitule simplement «Mon frère Christoph». A sa parution en 1994, l'ouvrage avait été un best-seller. Décédé récemment, Andreas Blocher publie «Montagskind» à titre posthume et raconte une dernière fois l'enfance du patriarche de l'UDC.
L’article