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Elections fédérales: 5 questions sur cette journée de résultats

Elections fédérales 2023: 5 questions sur cette journée
L'UDC atteindra-t-elle 30% de l'électorat? Aucun parti n'y est parvenu depuis l'introduction du scrutin proportionnel en 1919.Image: KEYSTONE

Y aura-t-il une surprise? 5 questions sur cette journée d'élections

Vous êtes impatients de connaître le résultat des élections fédérales? Patientez un brin encore avec ces courtes analyses.
22.10.2023, 11:0522.10.2023, 11:14
Anna Kappeler
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Faut-il s'attendre à une surprise?

Oui.

«Il est très probable que les choses se passent différemment de ce à quoi l'on s'attend». C'est ce qu'affirme Oliver Strijbis. Il est professeur de sciences politiques à la Franklin University Switzerland à Lugano.

Il fait référence aux différents sondages et projections et à cause desquels nous trempons dans un sentiment de certitude. «Nous croyons savoir exactement qui va gagner et qui va perdre. Or, en Suisse, nous tâtonnons dans une certaine obscurité avant les élections.» Surtout si l'on se compare à des pays comme les Etats-Unis. «Il y a tout simplement trop peu de sondages chez nous pour qu'ils puissent faire des prévisions fiables». Il assène:

«La Suisse est un pays en développement en ce qui concerne les sondages»

Le diable se cache donc dans les détails des pourcentages électoraux prédits. Eh bien, allons-y, analysons les détails.

A propos de notre expert
Oliver Strijbis est professeur de sciences politiques à la Franklin University Switzerland à Lugano. Ses domaines de recherche comprennent notamment la migration, mais aussi le comportement politique en général ou l'appartenance ethnique.

L'UDC parviendra-t-elle à franchir la barre des 30%?

Depuis l'introduction du scrutin proportionnel en 1919, aucun parti n'a franchi cette barre. En 2015, l'UDC a réussi à atteindre 29,4%. Il y a quatre ans, elle a de nouveau perdu du terrain et n'a obtenu que 25,6% des voix.

Et aujourd'hui? «Il est fort probable que l'UDC n'atteigne pas la barre des 30%», affirme le professeur Strijbis.

Et ce pour trois raisons:

  • Premièrement, il faudrait que les sondages et projections se trompent largement, ce qui est peu probable.
  • Deuxièmement, rien n'indique une participation électorale supérieure à la moyenne, au contraire, aucun camp n'a pu mobiliser fortement. «Pour atteindre 30%, l'UDC aurait pourtant besoin d'une mobilisation excessive».
  • Troisièmement, le thème de la migration n'est finalement pas devenu un grand sujet – l'UDC aurait pu tirer le plus grand profit d'un tel succès thématique.

Il y a des manifs pour le climat, mais les Verts reculeraient quand même?

«C'est ce qu'il semblerait», dit le professeur Strijbis. Il y a effectivement eu «un nombre surprenant de personnes» à ces manifestations pour le climat, mais le camp du mouvement climatique a malgré tout du mal à mobiliser au-delà des partisans de la gauche et des verts.

Cela s'explique par la polarisation. Il y a quatre ans, il était facile pour tous les partis de s'engager du bout des lèvres dans la lutte contre le changement climatique. Aujourd'hui, il s'agit de mettre en œuvre des mesures pratiques. «Et cela ne peut pas se faire sans que cela fasse mal», explique Strijbis.

«Lorsqu'il s'agit de liberté personnelle et économique, il est évident que de nombreuses personnes préfèrent voter pour le camp bourgeois plutôt que Vert»

La contre-mobilisation de la droite et le discours haineux contre les militants qui bloquent les routes ont fait le reste, selon Strijbis. De plus, de nombreux électeurs indécis de gauche et qui avaient glissé un bulletin Vert, il y a quatre ans, sont retournés du côté du PS.

Le Centre dépassera-t-il le PLR?

«Les chances sont de 50-50», analyse Strijbis. Selon les sondages, les deux partis seraient trop proches pour que l'on puisse se prononcer sérieusement.

La troisième place serait un tremblement de terre. En 2021 que le PDC a fusionné avec le PBD, pour former Le Centre. C'était la bonne décision, si l'on en croit les sondages.

Pour le PLR en revanche, la relégation à la quatrième place serait amère. Ce serait une nouvelle claque pour l'ancien et fier fondateur de l'Etat fédéral suisse de 1848. Avec 15,1% de part électorale, le PLR a réalisé, en 2019, son plus mauvais résultat à ce jour – sera-t-il encore battu?

Malgré des crises internationales, les Suisses votent peu, pourquoi?

Pour Strijbis, cela est dû à notre démocratie directe, qui fait que «les élections ne sont pas si importantes chez nous». Il explique:

«Que je vote ou non, la Suisse ne deviendra pas un tout autre pays du jour au lendemain. Cette idée devrait dissuader de nombreuses personnes de voter»

Notons qu'il manquait un thème qui aurait mobilisé largement. Mais notre expert précise:

«Alors qu'en Europe, la tendance à ne pas voter se poursuit depuis des années, la participation électorale reste constante en Suisse. Même si elle se situe à un niveau bas»

«Depuis la montée de l'UDC dans les années 1990, nous n'avons pas enregistré de baisse de la participation électorale», explique Strijbis. Cela s'explique par le fait que l'UDC polarise et mobilise.

Le pronostic de Strijbis: «Le taux de participation sera plus bas que la dernière fois».

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