Suisse
Politique

Augmenter la TVA pour financer l'armée? Pour le PLR, c'est non

L'armée suisse souhaite se moderniser, notamment en matière de défense contre les drones.
L'armée suisse souhaite se moderniser, notamment en matière de défense contre les drones.Image: Keystone

Le PLR lâche le Conseil fédéral et offre une solution pour financer l’armée

Le PLR refuse toute hausse de TVA pour financer l’armée. Son coprésident Benjamin Mühlemann préfère économiser ailleurs dans le budget fédéral.
26.08.2026, 11:5926.08.2026, 13:38
Michael Graber

Le 0,8 point de pourcentage est d'abord devenu 0,5. Et voici que la TVA ne devrait désormais être augmentée que de 0,2 point de pourcentage, et ce, uniquement de manière temporaire, pendant 18 ans, pour financer le réarmement de l'armée. C'est la dernière proposition en date de la Commission des finances du Conseil des Etats. L'armée recevrait ainsi environ 800 millions de francs supplémentaires par année.

Au PLR, on se refuse à parler de victoire d'étape malgré cette forte réduction. Le coprésident du parti, Benjamin Mühlemann, affirme:

«Le simple fait que l'on puisse soudain se contenter d'une hausse bien plus faible montre bien qu'elle n'est pas nécessaire du tout.»

Il siège au sein de la Commission des finances et critique la décision de maintenir toute augmentation de la TVA. Il martèle:

«Le PLR combattra cela de toutes ses forces»

Une marge d'économies qui existe bel et bien

En réalité, seul Le Centre soutient l'idée d'une hausse de la TVA, apportant ainsi son appui à son conseiller fédéral Martin Pfister. Dans les autres partis, le scepticisme face à des prélèvements plus élevés pour l'armée est important, pour des raisons diverses.

Il n'est pas concevable que l'argent nécessaire aux investissements urgents dans l'armement soit prélevé auprès des citoyens, estime Benjamin Mühlemann. Il pense en revanche qu'il existe «dans le budget fédéral, avec des dépenses de 94 milliards de francs, suffisamment de marge de manœuvre pour financer le réarmement.»

Benjamin Mühlemann cite par exemple les mesures d'économies d'environ 600 millions de francs que le Conseil fédéral avait décidées en avril encore, en raison d'un trou financier apparent dans le budget 2027. Il se serait notamment agi d'une réduction linéaire de 1% des dépenses à engagement souple, à savoir par exemple celles liées aux secteurs de la culture, de la coopération internationale et de l'agriculture. Mais après que des recettes supplémentaires nettement plus élevées se sont dessinées au début de l'été, le Conseil fédéral y a finalement renoncé.

Benjamin Mühlemann, coprésident du PLR.
Benjamin Mühlemann, coprésident du PLR.Image: Keystone

D'autres solutions plus ou moins populaires

Benjamin Mühlemann est affirmatif:

«Avec ces réductions minimes, probablement tout à fait supportables, nous pourrions déjà presque nous épargner la hausse de la TVA»

Ce qui le dérange surtout, c'est le manque de volonté du centre-gauche. Le conseiller aux Etats glaronnais poursuit:

«Plutôt que de tendre la main pour une redéfinition des priorités en faveur de la sécurité, on s'entête sur une hausse d'impôt qui, selon les sondages, n'aura de toute façon aucune chance devant le peuple.»

Le PLR aurait mis en évidence divers potentiels d'économies et ne se serait pas non plus fermé à d'autres solutions. Il aurait par exemple été question d'une vente partielle des actions Swisscom:

«Une infrastructure de télécommunications qui fonctionne est bien sûr importante du point de vue de la sécurité et de l'approvisionnement. Mais une défense aérienne crédible a désormais une priorité bien plus élevée.»
Benjamin Mühlemann

Les cantons pourraient eux aussi participer au financement de l'armée, selon Benjamin Mühlemann. «Cela susciterait peu d'enthousiasme, mais celui qui, pour cette raison, évite la discussion ne trouvera jamais de compromis.» Pour lui, une seule chose est sûre:

«L'armée doit être réarmée, mais sans le moindre centime d'impôt supplémentaire»

Le débat démarre bientôt au Conseil des Etats

En septembre, le Conseil des Etats débattra des moyens supplémentaires destinés à l'armement. Outre la TVA et les efforts d'économies, des plans de financement extraordinaire sont également à l'étude. Benjamin Mühlemann se montre confiant quant au fait que l'armée obtiendra finalement cet argent. Il résume:

«Je crains simplement que l'idée d'une hausse de la TVA soit encore majoritaire pour l'instant»

Le déroulement du débat l'incite toutefois à penser que le Conseil national, au plus tard, renoncera à ces points de pourcentage supplémentaires:

«Les opposants aux économies sont clairement en train de battre en retraite. La Confédération peut réunir les moyens manquants pour l'armée sans charge supplémentaire pour les consommateurs, à condition de fixer les bonnes priorités.»

(trad. ysc)

L'armée, c'est aussi pour les filles
1 / 12
L'armée, c'est aussi pour les filles
Le 15 mars 2025, plusieurs jeunes filles ont participé à une journée d'orientation dédiée à l'armée suisse.
source: sda / peter klaunzer
partager sur Facebookpartager sur X
Superman éteint les feux de forêt
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
14 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
14
Cet ex-général américain fait une promesse à la Suisse sur ses F-35
Lorsque la Russie a envahi l'Ukraine, Jeffrey Harrigian dirigeait les forces aériennes américaines en Europe. Il raconte les premières semaines de la guerre, pourquoi l'offensive russe n'a pas été une surprise pour Washington et ce qu'il fait aujourd'hui en Suisse.
Autrefois pilote de chasse, il a été engagé en Syrie et en Irak. En 2019, Jeffrey Harrigian a été promu général. Lorsque la Russie a envahi l'Ukraine en février 2022, il dirigeait les forces aériennes américaines en Europe ainsi que les forces aériennes alliées de l'Otan sur le continent, fonction qu'il a exercée jusqu'à l'été de la même année. Il a ensuite quitté le service militaire actif.
L’article