L'annonce de nouvelles stratégies et grosses restructurations chez Tamedia, avec 290 suppressions d'emplois prévues, a suscité une avalanche de vives réactions mardi. Syndicats des médias, sociétés de rédacteurs, gouvernements et partis politiques se sont montrés très critiques et inquiets.
Les principaux syndicats ont été les premiers à réagir. Syndicom a «sévèrement critiqué le licenciement collectif» et la fermeture des deux centres d'impression à Bussigny (VD) et Zurich:
Il demande à Tamedia de revoir sa stratégie d'entreprise, de conserver les imprimeries et de préserver autant d'emplois que possible. Le plan social doit également être amélioré.
Impressum dénonce pour sa part une décision «catastrophique et démesurée», alors que les titres du groupe sont globalement rentables. Il demande un moratoire sur les licenciements pendant plusieurs années.
Le syndicat suisse des médias (SSM) se montre aussi «profondément préoccupé». La diversité des médias est menacée, selon lui:
Les rédactions romandes de Tamedia ont également vivement réagi. Réunies à la mi-journée en assemblée générale, elles dénoncent «avec force le plan de réorganisation et de restructuration», un projet «mortifère». Elles en appellent à une «révision de ce plan radical et à un sursaut citoyen et politique pour la sauvegarde d’une presse de proximité et de qualité».
Les rédactions romandes n'hésitent pas non plus à parler d'«une insulte à Genève». La rédaction de la TdG elle-même s'inquiète pour la pérennité du journal. «Tamedia veut tuer la Tribune de Genève», s'exclame-t-elle:
Les Etats de Vaud et Genève ont également fait entendre leur voix. A Lausanne, le Conseil d'Etat a exprimé «sa vive inquiétude» et va solliciter une rencontre avec les dirigeants du groupe zurichois. Il regrette «ce nouvel appauvrissement de la presse romande, craignant »un affaiblissement majeur" de la couverture de l'actualité en Suisse romande.
De gauche à droite, la classe politique vaudoise s'est également dite inquiète des mesures «intolérables» de Tamedia. Certains partis dénoncent un mépris envers la Suisse romande.
Enfin, les Villes de Lausanne, Genève et Bussigny sont «choquées et inquiètes». Elles ont «peine à croire au désormais mantra de l'entreprise essayant de faire croire coupe après coupe, pouvoir faire mieux avec moins», indiquent-elles dans un communiqué conjoint. «Alors que TX Group se porte bien et verse des dividendes à ses actionnaires, il n'est pas compréhensible qu'il licencie du personnel», ajoutent-elles. (jch/ats)