Suisse
Religions

«Une centaine de Raëliens sont actifs en Suisse romande»

Claude Vorilhon, alias Raël, a fondé le mouvement dans les années 1970.
Claude Vorilhon, alias Raël, a fondé le mouvement dans les années 1970.image: watson

«Une centaine de Raëliens sont actifs aujourd'hui en Suisse romande»

Le mouvement raëlien s'est implanté très tôt en Suisse romande, où vivent la plupart des membres présents dans notre pays. Une centaine d'entre eux se réunissent toujours régulièrement.
24.02.2024, 07:0126.02.2024, 13:52
Suivez-moi
Plus de «Suisse»

La diffusion d'un documentaire consacré à Raël, sorti sur Netflix le 7 février dernier, a remis le mouvement sur le devant de la scène. A travers quatre épisodes remplis de témoignages et d'images d'archive, le long-métrage retrace l'histoire du groupe de ses débuts dans les années 1970 jusqu'à aujourd'hui.

Le mouvement nait autour de Claude Vorilhon, un ancien chanteur et journaliste français qui affirme avoir rencontré les extraterrestres à plusieurs reprises. Appelés Elohim, ceux-ci lui apprennent être à l'origine de toute forme de vie sur Terre, le chargent de faire connaître leur message et de faire bâtir une ambassade destinée à les accueillir. C'est, du moins, ce que soutient le «dernier Prophète», rebaptisé Raël, dans ses livres et ses enseignements.

Sur son site internet, l'association revendique aujourd'hui quelque 100 000 partisans, répartis dans plus de 120 pays. La Suisse en fait partie.

«On estime que 1000 à 1500 individus ont reçu le baptême raëlien en Suisse», assure Antoine, porte-parole du mouvement dans notre pays. «Ceux-ci ne sont pas forcément actifs, c'est-à-dire qu'ils ne participent pas nécessairement à nos réunions», ajoute-t-il. «Les adhérents actifs sont une centaine en Suisse romande, environ 150 à l'échelle nationale.» Des nombres confirmés par le Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC).

Réunions mensuelles

Le collectif est donc beaucoup moins présent en Suisse alémanique qu'en terres romandes, où il s'est implanté très tôt: en juillet 1977, soit seulement trois ans après les débuts en France.

«Le mouvement s'est constitué comme une association à but non lucratif en plaçant son siège social à Rennaz (VD)», explique Yann Fanti, sociologue des religions auprès du CIC. «Il a également choisi Genève pour établir son siège international, mais n’a pas de lieu de culte officiel.»

«Ces adresses sont surtout des cases postales, mais le mouvement a des activités en Suisse romande. Il a aussi une présence régulière sur les réseaux sociaux»
Yann Fanti, CIC

«Nous nous réunissions une fois par mois dans des structures qu'on loue pour l'occasion», développe Antoine. «Cela se passe souvent à proximité de Lausanne, car c'est relativement central. Des réunions locales ont lieu un peu partout à des fréquences diverses.» Selon le porte-parole du mouvement, ses membres sont aujourd'hui «bien répartis dans toute la Suisse romande».

Maitraya Rael inaugure sa vigne ce samedi 8 octobre 2005 a Miege en Valais. Cet evenement se deroule dans le cadre de la 6 eme convention Internationale Raelienne, environ 300 personnes etaient presen ...
Raël inaugure une vigne à Miege (VS), le 8 octobre 2005.Image: KEYSTONE

«Les médias font souvent référence au Valais, notamment au village de Miège, qui accueillait à une époque plusieurs Raëliens», poursuit-il. Une vigne y a même été inaugurée par Raël en 2005. Si on y trouve toujours des sympathisants, le collectif compte également des membres à Genève et Lausanne, et quelques-uns à Fribourg et Neuchâtel, «même s'ils sont un peu moins nombreux». Seule exception, le Jura n'accueille actuellement aucun membre actif, relate Antoine.

«La moyenne d'âge est d'environ 50 ans», poursuit-il. «Il y a moins de jeunes que d'anciens, même s'il y a des membres qui ont 30 ans. Globalement, je n'ai pas l'impression d'un vieillissement, la situation me semble assez stable.»

«Quand j'ai rejoint le mouvement, il y a plus de 30 ans, je faisais partie des jeunes; maintenant, je suis dans la moyenne»
Antoine, mouvement raëlien suisse

Secte ou pas secte?

On peut se demander si la Suisse offre des conditions particulières au mouvement, qui, par le passé, a déménagé au Québec depuis la France, où il a été classé comme secte par un rapport parlementaire de 1995.

«Il est vrai que les contextes suisse et français sont très différents dans leur rapport aux questions religieuses», affirme Yann Fanti, «mais l'idée que les Raëliens soient considérés comme une secte en France est inexacte».

«La liste des sectes établie en 1995 a été considérée comme obsolète depuis 2005. Légalement et juridiquement, la France ne considère plus les Raëliens comme une secte»
Yann Fanti, CIC

Quoi qu'il en soit, le mouvement estime entretenir des relations «plutôt bonnes» avec les autorités helvétiques. «Nous n'avons pas l'impression de constituer un problème à leurs yeux», complète Antoine.

«Ni le mouvement raëlien suisse ni ses responsables dans le cadre de leur fonction, n'ont jamais été condamnés ou poursuivis pénalement.»
Antoine, mouvement raëlien suisse

Clonage et affichage public

«En France, plusieurs membres du mouvement ont fait l’objet d’instructions judiciaires, notamment pour des affaires d’abus sexuels, mais de tels cas n’ont pas été recensés en Suisse», décrit Yann Fanti.

Tout au long de son histoire, le mouvement a été à l'origine de quelques controverses, qui ont trouvé un certain écho en Suisse. L'une d'entre elles concernait la société Clonaid, fondée par les Raëliens aux Etats-Unis avec l'objectif de cloner des êtres humains. «Une interpellation a été déposée au Grand Conseil genevois en 1997 pour alerter sur le fait que les Raëliens se faisaient le relais international de Clonaid en Suisse», explique Yann Fanti.

«Cette situation posait un problème dans la mesure où le clonage est illégal en Suisse»
Yann Fanti, CIC

Le mouvement a ensuite affirmé qu'il s'agissait d'une opération visant à attirer l'attention des médias.

Claude "Rael" Vorilhon, left, founder of the Raelian movement and of Clonaid, left, and Brigitte Boisselier, right, chief executive of Clonaid, right, applaud a speaker, during the first Sym ...
Raël et Brigitte Boisselier, directrice générale de Clonaid, lors d'un symposium à Crans Montana (2003).Image: KEYSTONE

Les autres affaires en Suisse étaient moins polémiques. «Par le passé, nous avons parfois connu certaines difficultés à obtenir des autorisations concernant l'affichage ou l'usage de la voie publique», se remémore Antoine. Cela s'est produit notamment à Neuchâtel et Fribourg, complète Yann Fanti, «dans un contexte où le mouvement connaissait des controverses autour de sa promotion de la géniocratie (l’idée d’une organisation sociale hiérarchisée en fonction du coefficient intellectuel des individus) et des pratiques de méditation sensuelle».

Antoine conteste ce dernier point et indique que «les Raëliens ne font pas activement la promotion de la géniocratie, laissant cela à ceux qui voudraient faire de la politique». Quant à la méditation sensuelle, le porte-parole fait état d'une «méconnaissance» du sujet. Il d'ajoute:

«Il s'agit d'une technique de méditation privilégiant le plaisir des 5 sens pour se relier au monde qui nous entoure et percevoir l'infini qui nous compose et dont nous sommes composants.»
Antoine, mouvement raëlien suisse

Plus récemment, fin 2023, le groupe a refait parler de lui suite à une campagne d'affichage dans les gares de Lausanne et Genève.

Cette affiche a fait son apparition en gare de Lausanne fin 2023.
Cette affiche a fait son apparition en gare de Lausanne fin 2023.Image: Facebook/Rael Suisse

Peu de signalements

Dans tous les cas, la population ne semble pas trop s'inquiéter. «Le CIC a recensé une centaine de demandes liées à la question des Raëliens en Suisse depuis sa création en 2002, ce qui représente, en définitive, un nombre relativement faible comparé à d’autres tendances», explique Yann Fanti. La plupart des signalements datent de la période 2002-2015. «Entre 2016 et mi-2023, il n'y a eu que deux signalements. Nous observons cependant un regain d'intérêt, principalement dû au documentaire Netflix.»

De son côté, Antoine se veut rassurant: «Notre objectif n'a jamais été de convertir ou convaincre la population ni d'augmenter le nombre de nos effectifs, au contraire. C'est le cas depuis le début et on s'y tient». Et le porte-parole du mouvement en Suisse de conclure:

«Notre mission est de faire connaître notre message, de répondre aux questions des personnes intéressées et, le cas échéant, de les accueillir. Nous préférons nous retrouver entre nous, avec des personnes que l'on n'a pas besoin de convaincre».
Antoine, mouvement raëlien suisse
200 personnes posent nues près de la mer Morte
1 / 11
200 personnes posent nues près de la mer Morte
partager sur Facebookpartager sur X
2 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
2
Voici «peut-être la plus grande lacune du système de sécurité sociale suisse»
Salariés et petits patrons peuvent se trouver dans des situations terribles en Suisse s'ils ne sont pas correctement assurés contre la maladie. Mais encore faut-il qu'ils puissent l'être. Plongée dans un problème nébuleux.

Si quelqu'un tombe malade, l'assurance maladie obligatoire prend en charge les frais. En cas d'accident, c'est l'assurance-accidents. Mais si une personne tombe malade et qu'elle est également employée, une absence prolongée au travail peut rapidement coûter cher, voire mener à la précarité.

L’article