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Morerod veut ficher les prêtres pour éviter les abus

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Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg.Keystone

Morerod veut ficher les prêtres pour éviter les abus

L'évêque romand propose d'introduire un registre consultable en ligne pour le clergé. Les paroisses pourraient ainsi vérifier s'il existe des antécédents lors d'un recrutement
17.07.2025, 09:2417.07.2025, 18:43

Le président de la Conférence des évêques suisses, Charles Morerod, veut introduire un registre pour le clergé. «Chaque paroisse pourra ainsi vérifier par smartphone s'il y a des reproches ou des restrictions», a déclaré Mgr Morerod a déclaré jeudi dans la Neue Zürcher Zeitung. Un tel système est actuellement mis en place dans son diocèse de Lausanne, Genève, Fribourg.

Dans une interview accordée à l'émission «Forum» de la RTS, l'évêque précise ne pas être contre un registre national. Il entend d'abord commencer par son propre diocèse, souligne-t-il.

L'évêque a pris la France en modèle, relevant qu'un système numérique y existait déjà. Les prêtres recevraient une carte d'identité munie d'un code QR. Lors d'un recrutement, les paroisses pourraient ainsi vérifier s'il existe des antécédents concernant la personne concernée.

Selon Mgr Morerod, tout le monde n'est pas encore convaincu par ce système au sein de la conférence épiscopale, ce système français étant moins connu en Suisse alémanique. «Mais le processus est lancé», a-t-il ajouté.

Plus de 1000 abus sexuels en Suisse

La gestion des cas d'abus par l'Eglise catholique romaine est un sujet qui revient sans cesse à l'ordre du jour, depuis la publication d'une étude de l'Université de Zurich en 2023. Celle-ci a montré que des prêtres et des religieux catholiques avaient commis plus de 1000 abus sexuels en Suisse depuis 1950, le nombre de cas non recensés étant probablement plus élevé. Dès la présentation du rapport, l'Eglise a annoncé des mesures contre les abus sexuels et leur dissimulation.

Sur la question de la protection des auteurs et des victimes, le président de la conférence épiscopale a déclaré au quotidien zurichois: «J'ai moi-même suivi un apprentissage.»

Ce processus a débuté lorsque le Fribourgeois a commencé à parler avec des personnes victimes d'abus et à les écouter, a dit Mgr Morerod, ajoutant: «dans l'Eglise, beaucoup n'ont cependant pas fait cette expérience jusqu'à aujourd'hui – en conséquence, le processus d'apprentissage leur fait également défaut.» (jzs/ats)

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