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Enfants ukrainiens déportés en Russie, la pression s'accentue

La Suisse rejoint une alliance contre la politique de Poutine

Manifestation ukrainienne réclamant la libération des enfants ukrainiens emmenés en Russie Des militants ukrainiens et leurs alliés ont manifesté pour réclamer la libération des enfants ukrainiens emm ...
Manifestation réclamant la libération des enfants ukrainiens emmenés en Russie après de l'invasion de l'est de l'Ukraine.Image: www.imago-images.de
Une vaste alliance internationale renforce la pression sur la Russie au sujet du déplacement forcé d’enfants ukrainiens. Les quatre points essentiels.
13.05.2026, 16:4613.05.2026, 16:46
Bojan Stula

Lundi, le Royaume-Uni et le Canada ont annoncé de nouvelles sanctions contre des dizaines de personnes et d’organisations soupçonnées d’avoir participé à des déportations, à des programmes de rééducation et à des campagnes de désinformation. Dans le même temps, d’autres Etats – dont la Suisse – ont rejoint une coalition internationale pour le retour des enfants.

Le gouvernement britannique a sanctionné 85 personnes et institutions. Sont notamment visés des établissements où des enfants ukrainiens seraient soumis à un entraînement militaire et à un endoctrinement idéologique. La ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper a évoqué l’un des «paquets de mesures les plus sévères» adoptés jusqu’ici.

Le Canada a lui aussi pris des mesures punitives supplémentaires contre 23 personnes et cinq organisations. Ottawa a de nouveau appelé Moscou à ramener les enfants déplacés «sans délai dans leurs communautés» et à respecter le droit international.

Selon les données ukrainiennes, plus de 20 500 enfants ont été déplacés depuis le début de la guerre d’agression russe. Environ 6000 d’entre eux seraient endoctrinés dans des «camps de rééducation» et préparés au service militaire contre leur véritable patrie.

58 Etats veulent accélérer les retours des enfants

Parallèlement, des représentants de 58 Etats se sont réunis à Bruxelles afin de coordonner des mesures concrètes pour le retour des enfants. L’initiative est portée par l’Union européenne, le Canada et l’Ukraine. Outre de nouvelles sanctions, plusieurs pays ont promis une aide financière, pour un montant total de plusieurs dizaines de millions.

Audience au Kremlin : le président Vladimir Poutine reçoit sa "commissaire aux droits de l'enfant", Maria Lvova-Belova.
La Cour pénale internationale a émis des mandats d'arrêt contre le dirigeant du Kremlin, Vladimir Poutine, et sa commissaire aux droits de l'enfant, Maria Lvova-Belova.Image: Imago/Klimentyev

Les sanctions de l’Union européenne visent seize personnes ainsi que sept établissements et organisations, a indiqué la représentation des Etats membres. Elles entraînent notamment le gel des avoirs dans l’UE. Les personnes concernées sont aussi frappées d’une interdiction d’entrée et de transit sur le territoire de l’Union.

Selon la définition de l’ONU, le déplacement d’enfants peut constituer un acte de génocide. Dès 2023, la Cour pénale internationale avait émis des mandats d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine et la commissaire russe aux droits de l’enfant, Maria Lvova-Belova.

La Suisse rejoint la coalition

L’élargissement de la participation internationale suscite une attention particulière: selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la Suisse a rejoint lundi la coalition, en même temps que Chypre. Dans un message publié sur la plateforme X, Volodymyr Zelensky a souligné:

«Aujourd’hui, la Suisse et Chypre rejoignent notre coalition. Nous avons désormais près de 50 pays qui agissent ensemble.»

La coopération internationale est essentielle pour établir le lieu où se trouvent les enfants, demander des comptes aux responsables et permettre leur retour.

Volodymyr Zelensky a insisté sur la dimension morale du sujet: chaque cas représente un enfant réel et une famille touchée. Ces déplacements ne sont pas un problème régional, mais appellent une réponse mondiale. Rita Adam, ambassadrice suisse auprès de la mission de l’UE, a ainsi été citée en ces termes:

«Le déplacement forcé et la déportation d’enfants ukrainiens doivent rester fermement inscrits à l’agenda politique.»

Un large soutien, mais aussi de grandes lacunes

Si l’Europe, l’Amérique du Nord et des alliés comme le Japon étaient fortement représentés, d’importants Etats du Sud global étaient absents de la rencontre. C’est le cas de grandes puissances et de pays émergents très peuplés comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie ou le Nigeria.

Ces absences illustrent le défi persistant pour Kiev: mobiliser suffisamment de soutien politique dans le monde, en particulier hors de l’alliance occidentale.

Mais la coalition grandissante produit néanmoins des effets: des enfants continuent d’être ramenés un par un en Ukraine – environ 2100 au total, selon les données ukrainiennes. Pour des milliers d’autres, cet objectif reste toutefois lointain. (trad. hun)

Vladimir Poutine dans tous ses états
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Vladimir Poutine dans tous ses états
Poutine en mode chasseur, 2010.
source: ap ria novosti russian governmen / dmitry astakhov
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