Salaire minimum vaudois: le débat commence
Le Grand Conseil vaudois ouvre ce mardi le débat sur l’instauration d’un salaire minimum cantonal. Les députés se penchent sur un contre-projet du Conseil d’Etat, élaboré en réponse à deux initiatives populaires lancées en 2023 par la gauche, des syndicats et des associations, rapporte le quotidien lausannois 24 Heures.
La première initiative visait à inscrire le principe d’un salaire minimum dans la Constitution cantonale. La seconde proposait de fixer ce plancher à 23 francs bruts de l’heure. Le contre-projet gouvernemental reprend ce montant, mais prévoit plusieurs exceptions, qui suscitent une vive controverse.
Le texte stipule notamment que les conventions collectives de travail (CCT) étendues priment sur le salaire minimum. Il introduit aussi des dérogations pour certaines catégories, comme les jeunes en formation, les stages de réinsertion, certaines activités de garde d’enfants ou encore le travail au sein d’entreprises familiales. La majorité de la commission parlementaire soutient cette approche.
Si le Parlement adopte ce contre-projet, les Vaudoises et Vaudois devront ensuite se prononcer en votation populaire, en choisissant entre les initiatives et l’alternative proposée par le gouvernement.
La gauche dénonce un salaire minimum vaudois affaibli
La minorité de la commission rejette le contre-projet, estimant qu’il affaiblit la portée sociale du salaire minimum. «Le contre-projet vide l’initiative de sa substance», affirme la députée socialiste Thanh-My Tran-Nhu, citée par le média lausannois. Elle annonce le dépôt d’amendements visant à supprimer certaines exceptions, en particulier la primauté des CCT. Selon elle, le renforcement des conventions collectives n’a pas permis, jusqu’ici, de protéger suffisamment les travailleurs les plus vulnérables.
A droite, le contre-projet est présenté comme un compromis réaliste. Le député PLR Philippe Miauton estime qu’«un consensus existe déjà», soulignant que le Conseil d’Etat propose un salaire minimum, ce qui n’allait pas de soi. Il juge le dispositif suffisamment souple pour éviter des règles trop strictes, notamment pour les emplois saisonniers ou les jobs d’été.
Thanh-My Tran-Nhu reconnaît l’avancée symbolique que constitue l’ancrage du principe d’un salaire minimum, mais craint qu’avec les nombreuses dérogations prévues, celui-ci ne s’applique finalement «que dans très peu de cas». (hun)
