Ils ont étudié le bruit des voitures aux carrefours suisses
Les voitures électriques ne réduisent pas seulement les émissions à l’échappement: elles peuvent aussi sensiblement diminuer le bruit du trafic. Une étude menée par le TCS et l’Empa à Fribourg et Zurich montre que leur avantage est particulièrement marqué aux carrefours et durant les heures de pointe.
Depuis 2024, le TCS et le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa) étudient les différences de bruit entre véhicules électriques et thermiques dans le cadre du projet Nexus.
Après de premiers essais sur circuit, les chercheurs se sont cette fois intéressés à des conditions réelles de circulation. Quatre carrefours et giratoires ont été analysés à Fribourg et Zurich: Champ-des-Fontaines, Sainte-Thérèse, Albisriederplatz et Sihlporte. Des drones ont notamment permis d’enregistrer la vitesse, l’accélération et la trajectoire des véhicules.
Les chercheurs ont ensuite simulé ce qui se passerait si tous les véhicules circulant à ces endroits étaient électriques. Résultat: le niveau sonore serait en moyenne inférieur de 1,5 décibel par rapport à une flotte entièrement composée de voitures thermiques.
La différence devient encore plus importante lorsque les automobilistes doivent ralentir puis redémarrer, scénario classique à un carrefour en ville. Aux points d’arrêt, l’écart atteint jusqu’à 3 décibels, ce qui correspond à une réduction de moitié du bruit, écrit le TCS. Sascha Grunder, responsable Tests & Technique au TCS, résume:
Les chercheurs ont également simulé une baisse de la limitation de vitesse de 50 à 30 km/h aux deux carrefours étudiés à Fribourg. Dans ce scénario, l’avantage acoustique supplémentaire des voitures électriques n’atteint qu’environ 0,5 décibel. Une différence limitée qui s’explique par l’importance du bruit de roulement des pneus, qui représente déjà une part importante du bruit total à 30 km/h.
C’est justement ce facteur que le TCS et l’Empa vont désormais étudier. La troisième étape du projet Nexus doit mesurer l’influence des différents pneus et revêtements routiers sur le bruit. Ses résultats sont attendus à la mi-2027.
Et si cette étude est importante, c'est parce que le bruit n'est pas seulement pénible pour les riverains, il est aussi dangereux. En 2025, la Confédération notait que 500 décès par an étaient «imputables au bruit du transport (routier, ferroviaire, aérien)». (hun)
