Ce bus suisse est devenu un phénomène mondial
Baden (AG) fait la une des journaux, et ce, dans le monde entier. Des images de sa vieille ville ont été diffusées cette semaine et en fin de semaine dernière sur des chaînes de télévision américaines, chinoises, indiennes, arméniennes, australiennes, britanniques et néo-zélandaises. A l'origine de ce phénomène: la «Ligne Zéro» des Transports régionaux de Baden-Wettingen (RVBW).
Depuis le 30 avril, ce bus gratuit circule dans la région sans destination ni itinéraire fixe. Il s'agit d'une tentative de rompre avec le quotidien des pendulaires et, au lieu de fixer son smartphone, de laisser place aux rencontres et aux conversations. L'expérience des frères jumeaux saint-gallois et artistes conceptuels Frank et Patrik Riklin suscite un intérêt international et propulse de manière inattendue la RVBW et une région relativement méconnue pour nous autres Romands sous les feux des projecteurs.
Un succès aussi inattendu que bienvenu
Un présentateur de Krem 2 News USA, s'amuse, au moment où une vidéo de passagers badois traversant un tunnel en balançant leurs téléphones lumineux d'un côté à l'autre est diffusée à l'écran:
«Le bus qui va nulle part et les passagers qui s'en fichent», a notamment titré le média américain Inside Edition, déclenchant un engouement médiatique mondial.
Marija Di Cerbo, responsable du marketing et de la communication de la RVBW, s'enthousiasme:
Que le projet devienne une histoire virale, personne ne l'avait anticipé. Elle poursuit:
Pour Marija Di Cerbo, c'est une évidence:
Le succès ne se manifeste d'ailleurs pas seulement dans les médias, mais aussi dans la réalité. «Les bus sont pleins, c'est bruyant. Les gens aspirent à cette rupture et à cet échange avec les autres passagers», explique Marija Di Cerbo.
De nouvelles libertés pour les conducteurs de bus
L'expérience serait un changement bienvenu non seulement pour les passagers, mais aussi pour les conducteurs de bus, estime Marija Di Cerbo:
Les passagers pourraient également s'impliquer. «Avant-hier, tout le bus a discuté de l'emplacement du terrain de jeu le plus proche. Et c'est là qu'on s'est finalement arrêtés», raconte Marija Di Cerbo. Ce qui la réjouit également, c'est que ce projet permet de montrer au monde extérieur à quel point la région de Baden-Wettingen est audacieuse et innovante:
Elle n'exclut pas que la «Ligne Zéro» soit maintenue au-delà de la phase pilote de trois semaines. Elle précise:
Les inventeurs du concept, Frank et Patrik Riklin, souhaitent que l'expérience prenne de l'ampleur dans d'autres villes suisses. Frank Riklin indique:
L'Etat doit investir quelques fonds, mais cela permettrait de réduire massivement les coûts de santé, en est-il convaincu.
Le secret du succès du projet
Les villes allemandes de Hanovre (nord) et de Düsseldorf (ouest) manifestent déjà leur intérêt pour une «Ligne Zéro» locale. Frank Riklin précise cependant:
Mais pourquoi leur idée a-t-elle eu un tel impact? Frank Riklin répond:
De plus, le projet serait passionnant non seulement d'un point de vue artistique, mais aussi sociologique, économique et scientifique, estime-t-il.
Ce n'est pas la première fois que les deux frères jumeaux, âgés de 52 ans, font sensation avec leurs concepts. En 2008, ils ont inauguré le premier «hôtel zéro étoile» dans le bunker atomique du village saint-gallois de Sevelen. «Nous avons ainsi créé une nouvelle catégorie dans l'hôtellerie et lancé un débat sur le luxe», dit Frank Riklin. D'autres versions de l'«hôtel zéro étoile» ont suivi dans d'autres sites. Et la presse internationale s'en était emparée, comme elle le fait maintenant avec «la petite ville suisse de Baden».
