Un arrêt de bus sur deux est illégal en Suisse
Les personnes en fauteuil roulant ou malvoyantes devraient pouvoir emprunter les transports publics sans difficulté. Depuis près de trois ans, la loi sur l’égalité pour les handicapés impose que tous les arrêts soient accessibles.
Dans les faits, la situation est tout autre. Mardi, le ministre des transports, l'UDC Albert Rösti, a fait le point sur la mise en œuvre de la loi aux côtés des conseillers nationaux du Centre Christian Lohr et Philipp Kutter, ainsi que du conseiller national PS Islam Alijaj.
Seul un arrêt de bus sur deux est accessible
Le nouveau rapport de l’Office fédéral des transports dresse pour la première fois un état des lieux de la mise en œuvre concernant quelque 25 000 arrêts de bus, dont la responsabilité incombe aux cantons, aux villes et aux communes. Le constat est décevant: seule la moitié environ des arrêts de bus sont accessibles et, dans certains cas, l’aide du personnel reste même nécessaire. Pour les arrêts ferroviaires, cette proportion atteint environ 65%.
Tous trois en fauteuil roulant, les conseillers nationaux ont voulu se montrer optimistes pour la suite. «Il reste des choses à faire», a constaté Philipp Kutter.
L’objectif est désormais d’avancer ensemble. Les entreprises ferroviaires et de bus le souhaitent elles aussi, mais tout ne peut pas se faire du jour au lendemain.
Des travaux qui coûtent plusieurs centaines de milliers de francs
Pourquoi les travaux avancent-ils si lentement, surtout dans les transports routiers? Dans les petites communes en particulier, les retards sont fréquents, explique Michael Götte, conseiller national UDC et membre du comité de l’Association des Communes Suisses. «Un réaménagement coûte facilement plusieurs centaines de milliers de francs», continue-t-il.
Il est difficile de justifier une telle dépense devant une assemblée communale, surtout lorsque l’arrêt de bus est peu fréquenté. Il faut donc attendre le bon moment pour procéder aux travaux, par exemple, lorsqu’une route doit de toute façon être rénovée.
Le manque de place constitue souvent un autre obstacle, explique Martin Neukom, conseiller d’Etat zurichois et représentant de la Conférence suisse des directeurs cantonaux des travaux publics, de l’aménagement du territoire et de l’environnement. La mise aux normes d’accessibilité augmente l’espace nécessaire aux arrêts, ce qui n’est pas toujours possible, notamment en ville.
Une chose est toutefois claire: l’aménagement des arrêts a pris beaucoup de retard. «Tout le monde a eu vingt ans pour mettre la loi en œuvre», rappelle Kutter. Celle-ci est en vigueur depuis 2004. «Ce n’est que dans le courant des années 2010 que les budgets nécessaires ont été débloqués.» (trad. hun)
