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Nouvelliste: L’UDC perd contre l'auteur d'un mot-croisés

L’UDC perd son procès contre l'auteur d'un mot-croisés valaisan

Le tribunal de Sion a acquitté l’auteur d’un mots-croisés controversé et son diffuseur, estimant que les termes visant l’UDC relevaient d’une opinion protégée.
01.12.2025, 12:3401.12.2025, 14:14

L'auteur d'un mots-croisés paru dans Le Nouvelliste et le responsable de sa diffusion sous forme d'un mandat externe au quotidien valaisan ont été acquittés par le tribunal de district de Sion. Tous deux devaient répondre de diffamation envers l'UDC du Valais romand.

Dans son verdict, le tribunal a estimé que les deux hommes n'avaient fait qu'exprimer une opinion, laquelle est protégée par la liberté d'expression. Le juge n'a pas non plus retenu les infractions d'atteinte à l'honneur et/ou de calomnie. Les deux hommes risquaient une peine de 30 jours-amendes avec sursis durant deux ans à 30 francs et 300 francs d'amende.

Le Grand conseil valaisan a refus
Le Nouvelliste (image d'illustration).Keystone

«On ne peut que se réjouir de cette victoire importante du droit à la liberté d'expression», s'est félicité dans un communiqué Me Pierre Chiffelle, l'avocat des prévenus:

«Le tribunal a considéré que les termes utilisés expriment une appréciation générale des orientations prêtées à l'UDC par l'auteur du mots-croisés. Il a également estimé qu'une personne morale comme un parti politique s'expose à la critique – même très vive – de son idéologie, de son action et de son orientation.»

«Nous ne devons pas museler les lanceurs d'alertes contre les mouvements d'extrême droite», avait souligné l'avocat vaudois durant le procès.

Une série de plaintes

Dans la rubrique «verticalement» du 18 novembre 2023, les cruciverbistes avaient dû répondre à la définition suivante:

«Parti politique suisse raciste, xénophobe, homophobe, anti-féministe, anti-écologiste, anti-pauvre, nationaliste»

La réponse: l'UDC.

Cette description n'avait pas plu à l'UDC du Valais romand. Celui-ci avait obtenu des excuses du Nouvelliste.

L'UDCVR a ensuite déposé des plaintes pénales contre l'auteur du mots-croisés et le responsable du mandat. La démarche a également été étendue à la suite de l'audition de police des prévenus, ceux-ci ayant parlé de «fascisme» et de «suprémacisme» en songeant à l'UDC.

Volonté de ne pas diffamer

«J'ai écrit ces définitions après une recherche approfondie en m'appuyant sur des sources fiables», avait souligné devant la Cour l'auteur du mots-croisés:

«J'essaie toujours de ne pas diffamer. Concernant l'UDC, je me suis inspiré de leurs discours, de leurs programmes et et de leurs campagnes électorales»

«Ces pages dans Le Nouvelliste étaient libres de paroles. Il s'agissait aussi d'une façon de montrer qu'on pouvait faire de l'art engagé», avait pour sa part précisé le responsable de sa diffusion.

Vingt jours pour faire appel

«On ne va pas dire que les prévenus n'ont pas agi avec conscience et volonté. Ce mots-croisés est un vecteur d'opinions politiques de la part de militants politiques», avait de son côté affirmé Me Jean-Luc Addor, l'avocat de la partie plaignante, durant sa plaidoirie:

«Ici, il s'agit de défendre l'honneur de l'UDC du Valais romand comme personne morale. Le racisme et l'homophobie ne sont pas des accusations quelconques. Il y a des limites à la liberté d'expression et à la liberté artistique.»
Jean-Luc Addor, Nationalrat SVP-VS, spricht waehrend einer Medienkonferenz eines ueberparteilichen Komitees gegen die Volksinitiative "Fuer eine engagierte Schweiz (Service-Citoyen-Initiative)&qu ...
Jean-Luc Addor.Keystone

Le Tribunal de Sion n'a finalement pas fait siennes les conclusions de l'avocat et conseiller national.

Contacté lundi en début d'après-midi par Keystone-ATS, le président de l'UDC du Valais romand, Donal Moos, a annoncé que sa section ne ferait par appel du jugement du Tribunal de Sion: «Nous n’allons pas perdre de temps inutilement. Dans cette affaire, nous reconnaissons le fait que Le Nouvelliste ait rapidement présenté ses excuses. C’était important pour nous. Parmi les mots utilisés pour décrire l’UDC, "raciste" et "anti-pauvre" sont ceux, à nos yeux, les plus contraires à notre réalité.» (jah/ats)

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