Une étude démontre l'importance économique de la raclette en Valais
Protégé depuis 2007, le Raclette du Valais AOP est un pilier économique et identitaire majeur pour le canton. Une étude révèle à quel point l'agriculture et la filière fromagère en bénéficie, mais pas seulement. Des PME locales et le tourisme en profitent aussi.
C'est l'Interprofession Raclette du Valais AOP qui a commandé cette étude externe, présentée aux médias jeudi. Elle a été réalisée par la Haute école bernoise spécialisée en sciences agronomiques, forestières et alimentaires (BFH-HAFL), avec le soutien du Service cantonal valaisan de l’agriculture. Elle est basée sur les chiffres de l'année 2023.
L'objectif était de dresser un état des lieux approfondi et de procéder à un bilan stratégique. «L'étude démontre de manière impressionnante l'importance économique de l'ensemble de la chaîne de valeur», affirme l'Interprofession dans un communiqué.
Près de 80 employés
Au niveau de l'agriculture et des fromageries (y compris les fromageries d'alpage), environ 790 personnes étaient employées en 2023, ce qui correspond à 570 postes à temps plein. Au total, une masse salariale de 28 millions de francs a été générée.
La production s'appuie sur un vaste réseau de 339 agriculteurs qui fournissent du lait pour le Raclette du Valais AOP et constituent ainsi la base du produit final. La transformation s'effectue au sein d'un système finement maillé composé de 25 fromageries, de trois transformateurs à la ferme et de 53 fromageries d'alpage.
Cette structure décentralisée garantit que la valeur ajoutée reste directement dans les différentes régions et vallées du Valais et contribue au développement régional, souligne l'étude. En 2023, environ 18,8 millions de kilogrammes de lait ont été transformés en Raclette du Valais AOP, ce qui correspond à une production d'environ 2029 tonnes de fromage.
52 millions de francs
Avec un impact autant régional que local, la valeur ajoutée directe totale tout au long de la chaîne (de la production laitière à la vente au détail, en passant par la transformation en fromage et l'affinage), s'élevait à 52 millions de francs en 2023.
«Avec 44%, la plus grande part revient directement aux producteurs de lait, ce qui souligne la contribution capitale de ce secteur à la pérennité des exploitations agricoles. Les fromageries et les fromageries d'alpage concentrent 39% de la valeur ajoutée, tandis que 17% sont générés par le commerce et la vente», détaille Gisela Murer, professeure en sciences économiques et management à la BFH-HAFL et autrice de l'étude.
Grâce à la production et à la commercialisation du Raclette du Valais AOP, un prix moyen du lait de 98,4 centimes par kilogramme a pu être atteint en 2023 dans l'ensemble des fromageries. A l'échelle nationale, ce prix se situe dans la fourchette haute. (ats)
