«Lausanne n'appartient pas qu'aux Lausannois»
Le rendez-vous est unique dans le canton de Vaud. Vendredi 2 et samedi 3 octobre, Les Vaudoiseries feront collaborer 40 commerces de Lausanne avec des artisans de la région. Objectif? Mettre en avant le savoir-faire local et redonner envie aux gens de venir flâner dans les rues de la ville. Parmi les surprenantes collaborations, on retrouve une tisseuse qui présente son art chez Bucherer ou une illustratrice exposée à la chocolaterie du Bugnon. Des ateliers créatifs, des performances ou encore un apéro géant feront également partie du programme.
«Les travaux, l'insécurité liée à la mendicité et à la drogue, les vitrines vides ou encore les loyers élevés sont autant de freins qui entravent l'attrait pour Lausanne», reconnaît Stefano Brunetti Imfeld, l'un des organisateurs de l'événement et le président de l'association Hôtellerie Lausannoise. Nous le rencontrons à l'hôtel de la Paix, dont il est également le directeur. Face à ce constat «morose», il a réfléchi, aux côtés du syndic Grégoire Junod, à une solution qui inverserait cette tendance et inviterait les Vaudois à profiter à nouveau «de leur capitale». Et de marteler:
Berne et Zurich en exemple
Financièrement, l'événement est soutenu par le canton de Vaud et la Ville de Lausanne, principalement. Parmi les partenaires figurent des acteurs clés du milieu, comme GastroLausanne, la Société des commerçants lausannois ou Migros Vaud.
Stefano Brunetti Imfeld espère que l'engouement des commerçants sera de plus en plus fort au fil des années – d'autres éditions sont, en effet, d'ores et déjà prévues pour le futur. «A Berne, le marché aux oignons réunit tous les commerces, cite-t-il en exemple. Même chose à Zurich lors de la fête du Sechseläuten», durant laquelle le Böögg est brûlé à l'approche du printemps.
A Lausanne, les choses semblent être en bonne voie. Les participants se sont prêtés au jeu. La preuve:
Nouvel élan
Stéphanie Bircher en fait partie. La créatrice vaudoise s'est alliée à Maryll Crousaz, propriétaire de la boutique de mode locale Le Laboratoire située à la rue de la Mercerie. Ensemble, elles ont imaginé une collection exclusive qui regroupe, entre autres, des foulards illustrés à la main et teints naturellement, ou des coussins sur lesquels sont dessinées les Vaudoises, en référence à l'événement.
Le timing est idéal pour Maryll Crousaz. 2026 n'a pas été de tout repos, nous confie-t-elle dans l'enceinte de sa boutique. Stéphanie Bircher est à ses côtés pour finaliser les derniers préparatifs.
En août, elle doit donc à contrecœur se séparer de trois employées. Aujourd'hui, ils ne sont plus que deux à tenir la baraque. Heureusement, la Lausannoise est de nature positive et croit en l'avenir de la consommation locale. «J'aurais fermé boutique sinon», plaisante-t-elle en repassant un vêtement.
Des Vaudoiseries, les deux femmes attendent un regain d'attrait pour le centre-ville de Lausanne, des rencontres, du lien et «des ventes tout de même», rigole Stéphanie Bircher. Dans tous les cas, la manifestation aura permis un contact entre les commerçants de la rue de la Mercerie, qui n'existait pas jusqu'à présent. «Nous avons eu l'élan pour imaginer de nouvelles collaborations entre acteurs du secteur», conclut Maryll Crousaz.
