Rebecca Ruiz annonce sa démission du Conseil d’Etat vaudois
La conseillère d'Etat vaudoise Rebecca Ruiz démissionne. La ministre socialiste en charge de la santé et de l'action sociale a annoncé son départ du gouvernement pour le printemps prochain.
La Lausannoise de 43 ans a connu des problèmes de santé cet été. Si elle a pu reprendre ses activités, elle a expliqué mercredi, lors d'un point presse, que ses ennuis de santé «entravaient» trop son travail. Cette décision est «la seule responsable pour moi», mais aussi pour «respecter» une fonction qui nécessite «un engagement extrême», a-t-elle ajouté.
En arrêt maladie durant un mois cet été, Rebecca Ruiz avait indiqué souffrir d'une dysautonomie, une affection qui entraîne des variations de tension et des malaises. Dans un premier temps, elle a pensé pouvoir continuer à assumer sa tâche, avant de reconnaître:.
«Cela fera bientôt douze ans que je fais de la politique et vingt ans que je m'engage, donc oui, pour l'heure, c'est la fin de ma carrière politique», a-t-elle aussi affirmé. Elle n'a pas dit précisément ce qu'elle comptait faire par la suite, évoquant toutefois une nécessaire reconversion professionnelle. «Je compte poursuivre mon engagement au service du bien commun sous d'autres formes», a-t-elle dit.
Rebecca Ruiz est entrée en 2019 au gouvernement vaudois, prenant la succession de Pierre-Yves Maillard. Elle a toujours occupé la tête du Département de la santé et de l'action sociale (DSAS).
Dysfonctionnements au sein du Conseil d'Etat
Rebecca Ruiz a aussi admis que les dysfonctionnements actuels au sein du Conseil d'Etat l'ont «affectée». Je n'ai pas de problème avec les divergences politiques. La collégialité fait partie de mes valeurs et du jeu démocratique. En revanche, quand les conflits excèdent le champ des divergences politiques et idéologiques, là ça m'est tout à fait pénible«, a-t-elle expliqué sans plus de détails.
Dans un communiqué, le gouvernement dit »prendre acte avec une vive émotion et de profonds regrets la démission de Rebecca Ruiz, tout en comprenant les raisons et motifs personnels qui ont avant tout mené à ce choix».
Louanges du PS et du PLR
Le Parti socialiste vaudois (PSV) prend acte avec émotion de la démission de Rebecca Ruiz. Il salue son «bilan exemplaire» qui a démontré «un engagement sans faille contre les inégalités, pour un développement de la santé communautaire au plus près de la population, dans un contexte de crises successives».
Le PLR Vaud s'est dit «très surpris» mercredi par l'annonce de sa démission. «Je salue le travail de Rebecca Ruiz pendant la crise du Covid-19», a déclaré Florence Bettschart-Narbel, présidente de la formation cantonale. «Je pense en revanche qu'elle a dû gérer un héritage et des dossiers pas toujours faciles de son prédécesseur Pierre-Yves Maillard, notamment s'agissant de la gouvernance du CHUV», estime-t-elle.
L'UDC va lancer un candidat
L'UDC Vaud va, quant à elle, présenter une candidature lors de l'élection complémentaire de mars prochain pour remplacer la conseillère d'Etat Rebecca Ruiz, démissionnaire. Le parti va «vite» entamer des réflexions à l'interne et au sein de l'Alliance vaudoise (PLR, UDC et Centre).
«C'est sûr que l'UDC va présenter un candidat. Nous sommes en contact avec les personnes qui étaient envisagées pour les cantonales de 2027», a indiqué le président de l'UDC Vaud Sylvain Freymond à Keystone-ATS, se disant «un peu surpris» par la démission de Mme Ruiz. «Nous lui souhaitons un prompt rétablissement».
«Hasard malheureux»
La démission de Rebecca Ruiz intervient alors que la fonction publique vaudoise est dans la rue pour protester contre les coupes dans le budget de l'Etat, en particulier dans son département de la santé et de l'action sociale. Mais selon elle, cela n'a pas influencé son choix. Elle a parlé d'un «hasard malheureux».
La socialiste a aussi justifié ce timing pour permettre une élection complémentaire au Conseil d'Etat au printemps 2026, en même temps que les élections communales dans le canton.
(jzs/acu/ats)
