Suisse
violences conjugales

Suisse: Fribourg s'attaque aux violences domestiques

Fribourg présente sa stratégie contre les violences domestiques

Des fleurs sont visibles en hommage aux victimes lors d'un rassemblement avec des personnes et le collectif Greve feministe Fribourg, apres le feminicide et l'infanticide de Givisiez le merc ...
Fribourg, 9 juillet 2025, hommage aux victimes de féminicide.Keystone
Le canton de Fribourg veut mieux détecter les violences domestiques grâce à une stratégie commune impliquant services judiciaires et associations.
02.02.2026, 15:3302.02.2026, 15:33

Après deux féminicides en 2025, Fribourg renforce la coordination dans le suivi des situations particulièrement préoccupantes de violences domestiques. Les acteurs judiciaires, administratifs et associatifs se sont dotés d'une marche à suivre, qui intensifiera le travail en réseau et l'échange d'informations.

«On veut être plus réactif, détecter les signes avant-coureurs et prendre des décisions avant un passage à l'acte», a déclaré ce lundi Raphaël Bourquin, procureur général. Il a ajouté:

«Si un enfant signale à son enseignante des violences au domicile familial, cette information remontera aux acteurs compétents. Jusqu'alors, il pouvait y avoir parfois des informations connues d'un service mais qui n'étaient pas réunies dans un seul endroit.»

Le canton de Fribourg a décidé de pallier ces lacunes et de mettre en place une marche à suivre à la suite du féminicide d’Epagny. Le 10 avril 2025, un homme, armé d’un fusil de chasse à canon scié, s’était présenté sur le lieu de travail de son épouse pour l'abattre et retourner ensuite l'arme contre lui. Le 5 juillet, un autre féminicide a eu lieu à Givisiez: un homme a tué sa femme et leur bébé à coups de couteau, avant d'essayer de se suicider.

Pour éviter ces drames, Fribourg repense son organisation. Les acteurs – en particulier les instances judiciaires – disposeront d’un outil commun d’évaluation du risque et d’une formation ad hoc, qui sera confiée à un mandataire externe.

Dans les situations particulièrement préoccupantes de violence domestique, le procureur décide de la suite à donner: audition de la personne concernée, signalement à l’unité de gestion des menaces de la police cantonale, demande d’expertise ou de mise en détention provisoire, mise en place d’un réseau ad hoc avec les partenaires directement concernés.

Comment gérer la menace?

La marche à suivre précise aussi le fonctionnement durant l’incarcération de l’auteur présumé et après sa remise en liberté. Le réseau, mis en place, demeure actif après la libération de l’auteur présumé.

Les membres du réseau continuent de s’informer activement des modifications susceptibles d'augmenter le risque. Il peut s'agir de la reprise de la vie commune, la séparation après reprise de la vie commune, la décision d’attribution de la garde des enfants ou la prise d’un nouvel emploi par la victime.

Le texte lie tous les acteurs institutionnels et associatifs concernés qui ont participé aux travaux. Le Ministère public, les tribunaux de première instance, le Tribunal des mesures de contrainte, la police cantonale, plusieurs services de l'Etat, le Centre de consultation LAVI, le Bureau de l'égalité hommes-femmes et de la famille, ainsi que les associations Solidarité femmes et EX-pression en font partie.

Cette marche à suivre s’inscrit dans le cadre du concept d’action II du canton en matière de violence au sein du couple et ses impacts sur la famille, validé par le Conseil d’Etat le 15 décembre. (mrs/ats)

Le sénateur américain Thom Tillis répond à Donald Trump
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Cette règle fait perdre 20 millions par an aux locataires suisses
Une particularité du droit du bail empêche une partie des locataires de bénéficier de la récente baisse du taux hypothécaire de référence. Ce décalage pourrait coûter environ 20 millions de francs aux ménages concernés.
Les locataires ayant droit à une baisse de loyer depuis la diminution du taux hypothécaire de référence, intervenue en septembre, doivent patienter plus longtemps que prévu. Bien que les demandes aient été déposées dans les délais, les propriétaires ne sont tenus d’accorder la réduction qu’à la prochaine échéance de résiliation du bail.
L’article