Fribourg présente sa stratégie contre les violences domestiques
Après deux féminicides en 2025, Fribourg renforce la coordination dans le suivi des situations particulièrement préoccupantes de violences domestiques. Les acteurs judiciaires, administratifs et associatifs se sont dotés d'une marche à suivre, qui intensifiera le travail en réseau et l'échange d'informations.
«On veut être plus réactif, détecter les signes avant-coureurs et prendre des décisions avant un passage à l'acte», a déclaré ce lundi Raphaël Bourquin, procureur général. Il a ajouté:
Le canton de Fribourg a décidé de pallier ces lacunes et de mettre en place une marche à suivre à la suite du féminicide d’Epagny. Le 10 avril 2025, un homme, armé d’un fusil de chasse à canon scié, s’était présenté sur le lieu de travail de son épouse pour l'abattre et retourner ensuite l'arme contre lui. Le 5 juillet, un autre féminicide a eu lieu à Givisiez: un homme a tué sa femme et leur bébé à coups de couteau, avant d'essayer de se suicider.
Pour éviter ces drames, Fribourg repense son organisation. Les acteurs – en particulier les instances judiciaires – disposeront d’un outil commun d’évaluation du risque et d’une formation ad hoc, qui sera confiée à un mandataire externe.
Dans les situations particulièrement préoccupantes de violence domestique, le procureur décide de la suite à donner: audition de la personne concernée, signalement à l’unité de gestion des menaces de la police cantonale, demande d’expertise ou de mise en détention provisoire, mise en place d’un réseau ad hoc avec les partenaires directement concernés.
Comment gérer la menace?
La marche à suivre précise aussi le fonctionnement durant l’incarcération de l’auteur présumé et après sa remise en liberté. Le réseau, mis en place, demeure actif après la libération de l’auteur présumé.
Les membres du réseau continuent de s’informer activement des modifications susceptibles d'augmenter le risque. Il peut s'agir de la reprise de la vie commune, la séparation après reprise de la vie commune, la décision d’attribution de la garde des enfants ou la prise d’un nouvel emploi par la victime.
Le texte lie tous les acteurs institutionnels et associatifs concernés qui ont participé aux travaux. Le Ministère public, les tribunaux de première instance, le Tribunal des mesures de contrainte, la police cantonale, plusieurs services de l'Etat, le Centre de consultation LAVI, le Bureau de l'égalité hommes-femmes et de la famille, ainsi que les associations Solidarité femmes et EX-pression en font partie.
Cette marche à suivre s’inscrit dans le cadre du concept d’action II du canton en matière de violence au sein du couple et ses impacts sur la famille, validé par le Conseil d’Etat le 15 décembre. (mrs/ats)
