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La rébellion de Brooklyn Beckham diffère d'Harry sur un point crucial

Voici les nombreux points communs entre la rébellion du prince Harry et celle de Brooklyn Beckham - et l'unique différence.
Le fils aîné de David et Victoria Beckham et le prince Harry partagent de nombreux points communs.getty/watson
Analyse

La rébellion de Brooklyn Beckham diffère d'Harry sur un point crucial

Un fils prodigue qui envoie bruyamment bouler de célèbres parents britanniques pour les beaux yeux d'une actrice américaine. Sur de nombreux points, le récent pétage de plombs de Brooklyn Beckham n'est pas sans rappeler celui du prince Harry, il y a six ans. A une seule exception près.
22.01.2026, 16:5022.01.2026, 16:50

En 2020, le «Megxit» provoquait une déflagration dans le petit monde feutré et bien réglé de la monarchie britannique. Six ans plus tard, une autre famille tout aussi riche, tout aussi célèbre, et tout aussi britannique, vient de connaître un séisme similaire. Tant et si bien que l'onde de choc provoquée par Brooklyn Beckham, désormais baptisée «Beckxit», aurait été «inspirée» voire «conseillée» par le prince Harry, exilé aux Etats-Unis, selon les spéculations de plusieurs médias.

Voici ce qui rassemble les deux affaires.

Cuillère en argent, manoirs et diamants

S'ils sont nés à 15 ans d'écart, le prince Harry et Brooklyn Beckham partagent un point commun depuis leur premier souffle: voir le jour dans une famille dépourvue de tout problème financier. Leur enfance s'est jouée dans des maisons interchangeables, sur la pelouse soigneusement tondue de la résidence à Londres ou le feu de cheminée d'un château dans la campagne écossaise. Dans la villa du sud de la France ou la maison de vacances à Dubaï.

British Royal Diana, Princess of Wales (1961-1997), wearing a red sweater with a matching long red skirt, with her sons, Prince William and Prince Harry, at Wetherby School in Notting Hill, London, En ...
Lady Diana et le prince Harry, âgé de 5 ans, en 1989.Image: Tim Graham Photo Library
LISBON, PORTUGAL - JUNE 13: Fussball: Euro 2004 in Portugal, Vorrunde / Gruppe B / Spiel 1, Lissabon; Frankreich - England ( FRA - ENG ) 2:1; Frau Victoria BECKHAM und Sohn Brooklyn 13.06.04. (Photo b ...
Victoria Beckham et Brooklyn, 5 ans également, en 2004.Image: Bongarts

De ce confort matériel et financier découle une inévitable déconnexion avec la réalité des «gens normaux». Dans ses mémoires, Spare, le prince Harry explique notamment avoir longtemps cru que toutes les familles «vivaient» comme la sienne. Un univers où tout, des vêtements fraîchement repassés aux petits plats mijotés, jaillit de nulle part. Comme par magie. Un lieu clos que le duc de Sussex compare à un «bocal à poissons surréaliste» ou encore à un «Truman Show sans fin».

Grandir sous les yeux du public

Outre le fait d'évoluer sous le regard attentif d'une armée de nannies et de domestiques, les deux garçons partagent aussi - et surtout - le poids d'avoir grandi, à peine sorti de la maternité, sous celui plus impitoyable du public, des médias et des paparazzis. A une époque où les médias font preuve d'une violence inouïe, Harry et Brooklyn intègrent bien malgré eux une machine médiatique familiale bien rodée.

1981: mariage de Charles et Diana, sous les yeux de quelque 750 millions de spectateurs.
1981: mariage de Charles et Diana, sous les yeux de quelque 750 millions de spectateurs.image: daily mail

Avant que ses parents ne consolident leur marque et ne décident de protéger plus étroitement l'intimité de leurs trois autres enfants, chaque étape de la petite enfance de Brooklyn a été exploitée. Le bambin n'avait que quatre mois lorsqu'on l'a affublé d'une tenue violette accordée pour porter les alliances au mariage de ses parents. L'air légèrement circonspect face aux flashs des photographes, dont les images ont été vendues au magazine OK!.

1999: Victoria et David Beckham se disent «oui» au château de Luttrellstown, en Irlande, en 1999, sous les yeux de leur fils Brooklyn.
1999: Victoria et David Beckham se disent «oui» au château de Luttrellstown, en Irlande, en 1999, sous les yeux de leur fils Brooklyn.image: ok! magazine

Harry, dont les vacances en famille font l'objet de shootings constants et plus ou moins consentis, connait mieux que quiconque ce sentiment.

«A chaque fois que je montais en voiture et que je voyais une caméra, je me mettais à transpirer. (...) Je me persuadais que mon visage était rouge écarlate et que tout le monde pouvait voir mon état, sans que personne ne comprenne pourquoi. C'était vraiment gênant»
Harry, dans le docusérie The Me You Can't See

Pour ces enfants pas comme les autres, il ne s'agit donc de ne pas dévier d'un millimètre de la ligne. Les dérapages sont interdits.

An electronic copy of the front page of The Sun newspaper on January 13, 2005 shows a photograph of Britain's Prince Harry wearing a red and black swastika armband and an army shirt with Nazi reg ...
Des dérapages, il y en aura pourtant, et ils sont abondamment commentés dans la presse.Image: X80001

Car il y a un nom, une institution à protéger. Les Windsor comme les Beckham (par ailleurs qualifiés comme la «seconde famille royale britannique») ont bâti une forteresse de réputation, capable de repousser toutes les attaques, d'étouffer toutes les rumeurs, de présenter ses membres exactement comme ils souhaitent être vus.

«La marque Beckham passe avant tout»
Brooklyn Beckham,
dans son poste Instagram, ce lundi

Un avenir incertain

Au sein de ce carcan aussi étroit que privilégié, difficile pour un gamin de trouver sa vocation. Dans le cas d'Harry, petit-fils de la reine Elizabeth et second fils de l'héritier du trône d'Angleterre, il n'a tout simplement pas le choix: ce sera celui de «suppléant». Un rôle forcé de «numéro deux», avec pour seule perspective de servir de remplaçant en cas de mort prématurée de son frère aîné, en alignant les engagements caritatifs, sans possibilité de trouver un vrai métier.

«J'étais l'ombre, le soutien, le plan B. J'ai été mis au monde au cas où il arriverait quelque chose à Willy. J'ai été appelé pour assurer la relève, la distraction, la diversion et, si nécessaire, une pièce de rechange. Un rein, peut-être»
Harry, dans Spare

Si, dans le cas de Brooklyn, le choix est plus large, l'héritage n'en reste pas moins lourd à porter. Entre un père icône du football et une mère ancienne Spice Girl devenue icône de la mode, «le petit Beckham» grandit écrasé par l'aura de ses célèbres géniteurs.

Pas suffisamment doué pour suivre les traces de son père dans le sport, il tentera sa chance dans divers métiers, de la photographie animalière à la mode, en passant par le mannequinat et, finalement, la cuisine. Chaque essai essuie les moqueries des tabloïds et des internautes.

«La question est de savoir si le nom Beckham ne va pas finir par être une malédiction», se demandait déjà le consultant en relations publiques pour célébrités, Mark Borkowski, en 2022.

«Il n'a jamais le droit à l'erreur, car dès qu'on échoue, on devient un appât à clics»
Mark Borkowski, consultant en relations publiques pour célébrités, au Times, en 2022

«Or, la plupart des gens ont besoin d'échouer; on apprend bien plus de ses erreurs que de ses succès. Pour Brooklyn, c'est un cadeau empoisonné.»

Et soudain survient... L'Américaine

Au milieu de la perspective (assez angoissante, avouons-le) de ne jamais trouver «son truc» et de ne jamais être à la hauteur, Harry et Brooklyn ont finalement trouvé une source de joie. Une partenaire. Toutes deux actrices, femmes accomplies, et, surtout, américaines.

Brooklyn et Nicola, en janvier 2020, au moment d'officialiser leur relation.
Brooklyn et Nicola, en janvier 2020, au moment d'officialiser leur relation.instagram
Harry et Meghan ont cultivé le secret quelques mois avant de permettre à leur relation d'évoluer au grand jour.
Harry et Meghan ont cultivé le secret quelques mois avant de permettre à leur relation d'évoluer au grand jour.instagram

Si la comparaison entre Nicola Peltz et Meghan Markle s'arrête plus ou moins là, leur influence sur leur moitié est déterminante. Elles leur offrent une bouffée d'air frais. Mieux: une perspective d'avenir. La possibilité d'une autre vie, sur un autre continent. Requinqués par la présence et la fraîcheur de leur nouvelle compagne, Harry comme Brooklyn s’affirment et s’affranchissent du système qui les a vus naître.

La fin de la lune de miel

Les premiers mois sont idylliques. Aux yeux du monde, Nicola comme Meghan incarnent des princesses de contes de fées au bras de leur preux chevalier. La presse les encense, les belles-familles les adorent.

Image
image: vogue

Mais même les riches et les célébrités n'échappent pas aux névroses et aux émotions du commun des mortels. Au milieu du stress et de la pression engendrés par les préparatifs d'un mariage à plusieurs millions, des tensions se cristallisent et s'exacerbent.

Le drame de la robe de mariée de Nicola Peltz n'est pas sans rappeler celui du diadème de Meghan Markle quatre ans plus tôt, une crise qui fera les choux gras de la presse à scandale des semaines avant et après la cérémonie.

Des tensions qui, une fois la tente du mariage rangée et les dragées ramassées, n'ont fait que s'amplifier.

Avant le drame, le conte de fées: le mariage d'Harry et Meghan, en mai 2018.
Avant le drame, le conte de fées: le mariage d'Harry et Meghan, en mai 2018.image: vanity fair

«Si vous prenez une famille «normale», avec ses jalousies, ses conflits, ses rivalités fraternelles et ses pressions, et que vous lui donnez un milliard de dollars, cette famille risque de devenir plus complexe», note Robert Batt, hériter et ancien toxicomane reconverti dans la thérapie pour jeunes riches à problèmes. «Certes, sa qualité de vie s’améliore, mais tous ces problèmes préexistants ont tendance à s’amplifier. C’est un aspect souvent mal compris.»

«La richesse n’immunise certainement pas contre les problèmes de santé mentale. Au contraire, elle les aggrave»
Robert Batt

L’explosion publique

Dans le cas de Brooklyn comme dans celui de Harry, il aura suffi d'un peu plus de deux ans avant d'assister à l'explosion finale. Publique, violente. Presque irrationnelle. Incompréhensible pour la plupart des observateurs extérieurs voire, peut-être même, pour leurs propres familles.

Après un départ a priori définitif vers un autre continent, chacun a dégainé les armes, les mots et les accusations. Qu'il s'agisse d'un communiqué sur Instagram, d'un livre ou d'une interview télévisée, le ton est le même: virulent, paranoïaque, accusateur.

«Récemment, j’ai vu de mes propres yeux jusqu’où ils sont prêts à aller pour placer d’innombrables mensonges dans les médias, le plus souvent aux dépens de personnes innocentes, afin de préserver leur propre façade»
Brooklyn Beckham, dans son communiqué
«Pour revenir aux relations entre certains membres de la famille et la presse à scandale, ces mêmes membres ont choisi de pactiser avec le diable pour redorer leur image»
Le prince Harry, sur ITV

Et surtout, riche en détails parfois absurdes. Le récit de Brooklyn Beckham de sa nuit de mariage n'est pas sans rappeler les anecdotes rapportées par Harry dans son livre - entre un roi Charles III faisant le poirier en slip dans sa chambre à coucher et un William le poussant dans la gamelle du chien.

Les ressemblances ne s'arrêtent pas au passé. Selon des sources, le duc et la duchesse auraient organisé un dîner avec Brooklyn et Nicola en mai 2025, déjà surnommé malicieusement par la presse britannique comme le «sommet des victimes». Bien inspirés par leurs conversations, le fils des Beckham et sa femme ont retenu les services de l'avocate Jenny Afia, la même avocate de renom qui a représenté le prince Harry et Meghan.

Une seule différence fondamentale

Au milieu de ces troublantes similitudes, les experts royaux pointent une différence majeure entre les deux trajectoires. Si le clan Beckham est souvent décrit comme une «institution», la décision de Brooklyn de couper les ponts n'a aucune implication constitutionnelle. Aucune couronne ni structure étatique n'est en jeu.

«Sa vie n'a pas été définie par une obligation envers une institution qui le dépasse»
Patrick Christys sur GB News

«Ce à quoi il est confronté est peut-être douloureux et public mais, malgré sa déclaration fracassante qui révèle des tensions profondément personnelles, il ne s'agit pas pour autant du produit d'un système inéluctable», analyse le présentateur britannique Patrick Christys sur la chaîne GB News.

Une nuance importante. Car, de son côté, c'est bel et bien sur une institution que le prince Harry a tiré un trait. Pas sur ses proches. Ces dernières années, le duc de Sussex n’a cessé de clamer son envie de renouer. Brooklyn, lui, l'affirme sans équivoque: il n'y aura pas de réconciliation. Ni de retour possible.

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