Comment la «seconde famille royale d'Angleterre» a implosé
Il aura suffi six pages, 821 mots, 4530 signes espaces compris, pour faire voler en éclats l'un des clans les plus publics et les plus puissants du Royaume-Uni. Ceux qu'on résumait volontiers comme la «seconde famille royale d'Angleterre»: les Beckham. Si la marmite frémissait doucement mais sûrement depuis des mois, la déflagration a finalement été amorcée par le fils aîné, Brooklyn, 26 ans. Les mots sont clairs. Tranchants comme des lames de rasoir.
La rencontre de deux nepo babies
Pour comprendre les origines de la rupture, il faut rembobiner. Nous sommes en 2019. Brooklyn Beckham, 20 ans, le fils du couple le plus fameux d'Angleterre, se cherche. Cinq ans plus tôt, faute de bourse, l'adolescent a quitté l'Arsenal Académie et renoncé à suivre les traces de son père, la légende de Manchester United. Il s'essaie au mannequinat, décroche quelques contrats lucratifs, ainsi qu'à la photographie. Sans beaucoup de succès. Les critiques sont assassines.
Sa «voie», Brooklyn la trouvera sous les traits délicats et les yeux clairs de Nicola Peltz, 24 ans, la fille de l'investisseur milliardaire Nelson Peltz, rencontrée au festival de musique Coachella, en Californie. Le coup de foudre est quasi instantané. Après quelques semaines d'idylle discrète, tandis que bruissent les premières rumeurs dans la presse tabloïd, le couple officialise sur Instagram en janvier 2020.
«Le mariage du siècle»
Six mois plus tard, fin juin, Brooklyn Beckham ploie le genou et fait sa demande, fort d'une bague en diamant de 350 000 dollars. Le coup d'envoi de mois de préparatifs frénétiques pour le «mariage du siècle», comme titrent certains médias. La «fusion transatlantique», résume le Times, «de deux méga-dynasties».
Parfum de «royauté» oblige, le mariage prendra place dans l'enclave la plus exclusive et faussement royale des Etats-Unis: Palm Beach, où le père de la mariée possède une propriété de 76 millions de livres sterling, Montsorrel, située à proximité du manoir du président américain Donald Trump, Mar-a-Lago.
Mais l'organisation de l'évènement colossal, qui doit s'étaler sur trois jours et dont la liste comprend plus de 500 personnes, célébrités, athlètes, dignitaires et autres personnalités influentes venues du monde entier, vire au cauchemar en moins de temps qu'il ne faut souffler: «Oui.»
Quatre agences différentes seront mises sur le coup. Après l'échec des deux premières à répondre aux exigences de la famille Peltz, ceux-ci engagent un nouveau duo d'organisatrices pour prendre le relais. Nous sommes le 1er mars. La cérémonie est prévue pour six semaines plus tard, le 9 avril. Une course contre la montre de dernière minute angoissante s'engage.
La suite, on la connait grâce à des documents judiciaires publiés dans le cadre d'un procès à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars qui opposera les deux organisatrices débauchées au père de la mariée, le puissant Nelson Pelz. Lesquelles finissent par se retirer neuf jours après avoir été réquisitionnées, laissant le soin à une ultime agence de tout organiser en quelques jours.
Le cas de la robe
Autant dire que l'union de Nicola Peltz et de Brooklyn Beckham, avant même d'avoir officiellement commencé, se prépare sur les chapeaux de roue.
Sans oublier qu'en parallèle, alors que des armées d'avocats œuvrent discrètement à l'élaboration d'un contrat de mariage, un autre dossier exacerbe les sensibilités: celui, désormais célèbre, de la robe de la mariée. S'il est largement admis que la future Nicola Peltz Beckham portera une robe signée de sa belle-mère, Victoria Beckham, dans les faits, c'est une somptueuse création Valentino que portera la mariée pour remonter l'allée.
Les versions des protagonistes sur ce détail divergent. Dans une interview quelques semaines plus tard, la mariée balayait alors la polémique avec élégance dans Variety. «J'avais vraiment envie de la porter, mais quelques mois plus tard, Victoria s'est rendu compte que son atelier ne pouvait pas la réaliser, alors j'ai dû choisir une autre robe.»
La version rapportée par son mari, Brooklyn, quelques années plus tard, est moins jolie: «Ma mère a annulé la confection de la robe de Nicola à la dernière minute, malgré l’enthousiasme qu’elle avait à l’idée de porter sa création, la forçant à trouver en urgence une nouvelle robe», lâche-t-il avec aigreur dans le communiqué publié lundi.
Mais ce n'est qu'après la cérémonie que les tensions atteignent leur paroxysme. Lorsque, selon des sources dans le magazine People, le chanteur Marc Anthony appelle la plus «la plus belle femme de la salle ce soir» à le rejoindre sur scène pour la première danse. «…Victoria Beckham!»
«C'était un moment tellement époustouflant que toute la salle est restée sous le choc — on aurait pu entendre une mouche voler», poursuit une seconde source.
Cet épisode prend également une place particulière dans la missive publiée par Brooklyn Beckham ce lundi: «Ma mère a détourné ma première danse avec ma femme, qui avait été planifiée des semaines à l’avance sur une chanson d’amour romantique.»
Un conflit rampant de trois ans
Trois ans après ces évènements, les souvenirs et la rancoeur du mariage du siècle restent tenaces. «Il est clair que cette animosité couvait en coulisses depuis un certain temps», constate Tom Bryant, contributeur du Daily Mirror. «Certains murmurent que ce n'était qu'une question de temps avant que Brooklyn ne craque.»
Entre le fils prodigue exilé aux Etats-Unis, sa femme et ses célèbres parents, les relations et les couacs de communication, sont allés de mal en pis. Les tentatives de discussion se sont soldées par des échecs. «Cela s'est finalement transformé en une énorme lutte de pouvoir entre deux familles puissantes», indique une source dans Page Six.
En mai dernier, Brooklyn et sa femme Nicola Peltz n'ont pas assisté aux célébrations du 50e anniversaire de David à Londres.
Quelques semaines plus tard, les mêmes parents ne seront pas conviés à assister au renouvellement de vœux de mariage. «Nous voulions renouveler nos vœux afin de pouvoir créer de nouveaux souvenirs de notre jour de mariage qui nous apportent de la joie et du bonheur, et non de l’anxiété et de l’embarras», justifie aujourd'hui Brooklyn dans sa lettre.
Aujourd'hui, alors qu'on dit Victoria et David Beckham «anéantis», il reste peu de certitudes pour la seconde dynastie la plus puissante d'Angleterre. Avant la déclaration assassine du fils aîné, les deux clans ne correspondaient déjà strictement plus que par l'intermédiaire de leurs équipes juridiques.
Rappelant l'autre clan célèbre, hasard ou non, Brooklyn et Nicola Peltz Beckham ont fait appel à la même avocate chevronnée, Jenny Afi, du cabinet britannique Schillings... qu'un certain prince Harry et Meghan Markle. Une similitude qui ne peut nous laisser que pessimistes quant à la suite des évènements.
