Ces New-Yorkais sont prêts à se passer de fenêtre et de lavabo
A New York, avoir une fenêtre donnant sur l’extérieur relèvera bientôt du luxe. Pour preuve, sur les réseaux sociaux, Sophia, habitante de Brooklyn a récemment fait le buzz en dévoilant l’aménagement de sa chambre, privée de lumière naturelle. La jeune femme a donc déboursé 114 dollars pour installer… une fausse fenêtre.
@fiaaapiaaa222 the big reveal #nyc #fakewindow #lifehack ♬ Moon Girl - Ha Vay
Le dispositif lumineux reproduit la lumière du jour et donne vaguement l’impression d’avoir une ouverture sur l’extérieur.
Une solution qui aurait considérablement amélioré son quotidien, affirme-t-elle. «Il y a un bâtiment qui a été construit de l'autre côté de cette fenêtre, donc ce n'est qu'une simple planche de bois. J'ai acheté une boîte lumineuse et je l'ai installée… et ça m'a littéralement sauvé la vie. Ça a l'air vraiment réel!» conclut la brune pétillante en riant.
La vidéo, vue plus de 5 millions de fois, n'a naturellement pas manqué d'horrifier une partie des internautes.
Mais Sophia est loin d’être la seule à avoir recours à cette astuce. Selon le New York Post, bien d’autres habitants de la mégapole utilisent désormais ces fausses fenêtres pour égayer des pièces aveugles.
14 mètres carrés et pas de salle de bains
Il faut dire que vivre dans la Grosse Pomme requiert parfois quelques sacrifices. Exia Stephens, une agente immobilière de 23 ans, occupe par exemple un logement de seulement 14,5 mètres carrés dans l’Upper West Side, à Manhattan, qu'elle partage avec son chat Superman.
Pour 1050 dollars par mois, charges comprises, elle dispose de sa propre chambre, mais ni d’une cuisine, ni d’une salle de bains privées. Elle partage les sanitaires avec d’autres habitants de l’étage et prépare ses repas grâce à de petits appareils électriques installés directement dans sa chambre.
Comme elle l'a expliqué au New York Post, elle se contente donc de plats simples, principalement du gruau, des sandwichs, du riz et des haricots à réchauffer au micro-ondes. Elle se procure la plupart de ses repas grâce à son emploi à temps partiel en salle dans un restaurant. Un compromis qu’elle accepte volontiers pour conserver son indépendance et éviter la colocation.
Pas de toilettes ici non plus...
@yasir.c.k Tiniest apartment in New York City.. $1,400 monthly… would you live here🔑#rent #nyc #manhattan #apartmenttour #fyp ♬ original sound - Deo M. Divinagracia - RetroSibs 🇵🇭🇵🇭🇵🇭
En 2022, une autre New-Yorkaise, Alaina, avait fait le buzz en faisant visiter son appartement de 7,5 mètres carrés à... 650 dollars. Là encore, pas de fenêtres, mais une hauteur sous-plafond suffisante pour ranger le peu d'affaires qu'elle peut conserver.
D’autres New-Yorkais, ouverts à la colocation, préfèrent renoncer au salon. Un article de Reuters publié au printemps dernier racontait notamment le quotidien de Jen Sierra, une analyste financière de 25 ans installée dans le Queens.
Son appartement possède plusieurs chambres, mais aucune véritable pièce commune. Une réalité que connaissent également de nombreuses personnes en Suisse, notamment à Genève et Lausanne, où les loyers ont pris l'ascenseur ces dernières années.
Derrière ces appartements dignes d’un mauvais épisode de Black Mirror se cache surtout une réalité beaucoup moins amusante: se loger à New York coûte toujours plus cher. En juillet, le loyer médian d’un appartement au prix du marché à Manhattan a atteint un nouveau record de 5000 dollars par mois, soit environ 4000 francs. Dans le même temps, le nombre de biens disponibles a chuté de 39% en un an.
De quoi rendre soudainement une chambre sans fenêtre presque séduisante. (mbr)
