Le festival Black Movie promet une édition audacieuse
«Black Movie programme des cinéastes qui prônent la liberté de pensée et l'autodétermination», a expliqué mercredi devant les médias Maria Watzlawick, directrice générale et artistique du festival. En marge des courants traditionnels, le festival se décline en onze thèmes, allant de l'éducation au futurisme et de la famille à la surveillance des corps et des esprits.
Parmi les 48 longs métrages figure No Other Choice du Sud Coréen Park Chan-wook. Il adapte Le Couperet de Donald Westlake, roman noir sur les manigances meurtrières d’un cadre en col blanc, auparavant adapté par Costa Gavras. A ne pas rater, Happyend de l'Américain Neo Sora, un drame dystopique dans un établissement scolaire amené à contrôler les élèves grâce à l’IA.
Le Portugais Pedro Pinho revient avec Le Rire et le couteau, film-fleuve qui aborde l’enjeu du post-colonialisme. Le festival propose également Barrio Triste, premier long métrage du réalisateur américano-colombien Stillz, connu pour les clips qu’il réalise pour Bad Bunny et Rosalía.
Autour d'un gingko
Le nouveau long métrage de la cinéaste hongroise Ildikó Enyedi, Silent Friend, qui entremêle les récits autour d’un gingko est très attendu. L’acteur chinois Tony Leung Chiu-wai, icône du cinéma asiatique, célèbre grâce à ses rôles chez Wong Kar-wai, John Woo et Ang Lee sera présent pour la projection dimanche 18 janvier.
Pour cette 27e édition, le Black Movie s'intéresse aux questions de dystopies et de récits alternatifs. Parmi les oeuvres consacrées à ce thème: le documentaire du réalisateur haïtien Raoul Peck, Orwell: 2+2=5. Ce montage d’images d’archives et d’actualités, qui est structuré autour des écrits de George Orwell, brosse un état des lieux terrifiant des effets de la post-vérité sur la société.
Les luttes à l'honneur
Black Movie rend aussi hommage aux figures qui luttent contre l'autoritarisme. Le festival propose ainsi le dernier film du réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa, Deux Procureurs. Primé à Cannes, le long métrage suit un jeune procureur engagé dans les méandres des procédures juridiques de l’ex-URSS. Le réalisateur sera présent à Genève mercredi 21 janvier.
Dans le même registre, Black Movie propose Belén de l’actrice et réalisatrice Dolores Fonzi. Ce poignant récit revient sur un événement-clé qui a fait basculer le cadre légal de l’avortement en Argentine. Le Burkinabè Joël Akafou présentera son documentaire Loin de moi la colère, l'histoire d' une femme engagée pour guérir les meurtrissures de la guerre civile en Côte d’Ivoire.
Il sera aussi question de science-fiction avec U Are the Universe de l'Ukrainien Pavlo Ostrikov. Ce film raconte le voyage d'un transporteur spatial, seul survivant de l'humanité. Enfin, le Petit Black Movie, la section destinée aux enfants, propose 40 films, dont Planètes de la réalisatrice japonaise Momoko Seto, une ode à la biodiversité.
Soirées festives
Le festival, dont la précédente édition avait attiré plus de 28'500 personnes, programme aussi de nombreuses tables rondes ainsi que des soirées festives au Groove. Le palmarès complet sera dévoilé le dimanche 25 janvier.
Toutes les informations sont disponibles sur le site du festival: www.blackmovie.ch
(sbo/ats)
