Le nouveau «A Plague Tale» mise sur une héroïne féroce
JV Mag.ch, le webzine suisse du jeu vidéo
Dans ce spin-off de la saga A Plague Tale, intitulé Resonance, on ne retrouve ni Amicia ni son petit frère Lucas, les deux personnages principaux des jeux précédents. L'héroïne est une dénommée Sophia. Souvenez-vous: il s’agissait de la contrebandière chevronnée qui s’était prise d’affection pour la fratrie lors du deuxième opus.
Pas besoin d'être forcément à jour sur les jeux précédents, la narration prend cette fois place une quinzaine d’années avant les évènements de A Plague Tale: Requiem, entre l’Italie et la Grèce, toujours à l’ère médiévale. Toujours joué à la troisième personne, le titre propose une aventure linéaire découpée en plusieurs zones, où Sophia doit constamment jongler entre discrétion, exploration et réflexions sur des énigmes.
Parce que je suis une personne curieuse, quand je joue à un jeu qui porte sur les plans historiques, je ne peux pas m’empêcher d’approfondir le contexte utilisé. Et la nouveauté dans Resonance: A Plague Tale Legacy (que j’appellerai ici Resonance pour alléger la lecture), c’est que notre personnage principal, Sophia, a des visions d’évènements survenus lors de l’ère minoenne, alors qu’au moment où l’intrigue prend place, nous sommes en 1334.
Les évènements vécus dans le passé vont en réalité aider Sophia à avancer dans sa quête. Il faut préciser que la période minoenne prend place de 2700 à 1200 ans avant notre ère commune.
Cette civilisation s’est vu attribuer le nom de minoenne en référence au roi légendaire crétois Minos. Elle s’étendait des îles grecques jusqu’à la Sicile. Même si la civilisation minoenne a bel et bien existé, le roi Minos et son minotaure n’appartiennent qu’à la mythologie grecque.
Tout ça pour remettre un petit peu le contexte en place dans lequel Resonance va se dérouler.
Sophia, quelle femme!
Dans les premiers opus, nous étions aux commandes d’Amicia, la grande sœur d’Hugo. Celle-ci était encore une jeune adolescente, tandis que Sophia est ici plus âgée, plus mûre et surtout bien plus aguerrie. Dans les deux premiers jeux, les possibilités défensives et offensives d’Amicia restaient limitées, et la discrétion était donc souvent de mise.
Dans Resonance, l’infiltration cède bien plus la place à l’action, avec une Sophia féroce et qui n’a peur de rien. Née d’un père contrebandier, elle va passer quelque temps dans un couvent jusqu’au jour où son père revient la chercher. Sophia grandira au sein d’un village de trafiquants dans lequel elle se formera au combat et participera à leurs opérations.
Personnellement, étant une femme, je m’identifie plus facilement à un personnage féminin et j’apprécie que le monde du jeu vidéo intègre de plus en plus de nouvelles personnalités fortes dans le paysage vidéoludique. Sophia est une vraie badass!
Il y a de la bagarre...
La grosse nouveauté de la licence, c’est l’approche bien plus offensive du gameplay. Sophia se bat avec une longue lame et une dague. Elle est aussi équipée d’un grappin qui permet de faire des trucs un peu marrants, comme attraper des ennemis à distance. Elle peut balancer des coups de pied pour désarçonner ses ennemis, et elle est capable de parer leurs attaques, ou encore de les esquiver.
...et des beaux graphismes
Graphiquement, c’est un très beau jeu, qui n’a que peu de choses à envier aux productions actuelles bénéficiant de moyens bien plus conséquents. Les paysages sont soigneusement composés et offrent un véritable plaisir visuel. Les décors, quant à eux, nous plongent dans des ambiances toujours très singulières et particulièrement immersives.
A mon sens, Resonance est ce que j’appelle un «jeu-film» qui comporte pas mal de cinématiques, mais celles-ci sont très bien équilibrées entre les phases d’action, d’exploration et d’énigmes. Je n’ai rencontré que peu de bugs durant ma partie, le jeu étant bien optimisé pour sa sortie.
Un bémol sur le scénario
Tout au long de ma session de jeu, je n’ai fait que me poser cette question: «quel est le rapport avec l’histoire d’Amicia et d’Hugo». Et il est vrai que la réponse complète n'arrive qu'à la toute fin du jeu.
Or, je trouve que la réponse proposée est un peu trop simple à mon goût, et ça m'a un peu déçue. Pour celles et ceux qui ne seraient pas familiers de la franchise et qui se demanderaient s’il est possible de jouer d’abord au troisième opus avant les deux premiers, je dirais clairement qu’il n’y a pas de souci majeur au niveau de la compréhension de Resonance.
Le lien est d'ailleurs tellement ténu que je trouve presque limite de le qualifier de «prequel» aux deux autres, même si effectivement, il prend place plusieurs années avant.
Un jeu sur rails comme on aime
Pour conclure, je conseille clairement ce jeu pour son esthétique, son univers, son histoire et pour les nouvelles mécaniques de combat introduites, qui rafraîchissent clairement le jeu, tout en restant dans la lignée des deux premiers opus.
Il faut toutefois garder à l’esprit que l’aptitude au combat n’est pas le seul prérequis, puisque le jeu fait également la part belle aux énigmes, aux séquences d’infiltration ainsi qu’aux phases de plateforme. La durée de vie, d'une quinzaine d'heures est similaire aux volets précédents. Et pour ceux qui ne sont pas fans des rats ou de tout ce qui grouille comme dans A Plague Tale: Innocence et Requiem, sachez que dans Resonance, on découvre une malédiction bien différente, mais presque encore plus terrifiante!
On aime et on aime un peu moins:
+ Le contexte historique
+ Une héroïne badass!
