Jusqu’à il y a peu, mon bébé était exclusivement nourri au sein, ce qui signifie que je restais mince et que ses cacas étaient presque mignons. Mais depuis quelques semaines, je suis passée au lait en poudre (et du coup au régime) et j’ai sombré du côté obscur du popo.
On m'avait prévenue: les cacas de bébé puent la mort. Je pensais être prête: j’ai un chien qui pose des bouses aussi grosses que des frisbees et que je ramasse sans broncher. Mais le caca de bébé est aussi vicieux que Gérard Depardieu.
L’odeur d’abord: elle vous attrape à la gorge comme le feu de Baptiste (les vrais savent, pour les autres, rendez-vous sur YouTube en tapant «Baptise met le feu à la baraque»). Ça ne sent pas le caca classique, même pas celui du lendemain de soirée après avoir bu 1 jéroboam de tequila (celle avec le petit chapeau mexicain) et s’être envoyé un kebab supplément sauce blanche à l’ail.
C’est une odeur acre et tenace à tel point qu’il existe des poubelles spéciales pour ça. D’horribles blocs en plastique blancs qu’on se rechigne à acheter au début en se disant: «c’est pour les faibles», «c’est trop moche», «je changerai la poubelle tous les jours» mais devant lesquels on finit par céder parce que finalement, on est tout aussi faible que lorsqu’on ouvre la porte du jardin pour que le chien aille poser sa bouse.
Et puis, il y a la consistance: on ne ramasse pas un caca de bébé comme on ramasse un caca de chien. Si vous ne vous en mettez pas plein les mains, c’est un exploit. C’est pâteux, collant et explosif. Oppenheimer et sa bombe atomique, c’est une tempête dans un verre d’eau comparé à ce que lâchent les bébés.
Et attendez… le mien ne mange pas encore solide. J’ai vu des enfants lâcher des cacas dignes d’un 2 girls 1 cup (une fois de plus, si vous n’avez pas de culture c’est pas de ma faute, demandez à Google). J’ai assisté à la désolation de mamans dans des restos ou des cafés réalisant qu’elles avaient oublié la couche de rechange et forcées de supporter le regard des gens, le même regard qu’on porterait à Gérard Depardieu (encore lui) si on l’avait en face de nous.
Bref, c’est atroce. Mais bon, il faut bien changer la couche… parce que sinon, «bah fallait pas faire d’enfants hein» comme disent les Karen. Mais je rappelle qu’on ne s’appelle pas Kim Kardashian, on n’a pas une armée de nounous pour faire le sale boulot.
Du coup, que fait-on quand on en a marre de baigner dans cette odeur de matière fécale? On passe le relai à papa. Et celui-ci utilise une excuse toute pourrie pour éviter cette tâche:
C’est comme ces hommes qui ne peuvent pas assister à l’accouchement parce que le sang, ça les fait tourner de l’oeil. Pauvres petits chatons!
Sous prétexte que nous sommes mamans, nous tolérons beaucoup mieux les selles de bébé. Certains vont jusqu’à dire que comme bébé a déféqué dans notre ventre pendant la grossesse, ça nous dégoute moins de changer la couche. Un argument, non pas entendu en 1884, mais en 2024 par quelqu’un qui a fait des études supérieures.
Ce que les papas doivent comprendre c’est que nous aussi on a envie de vomir en voyant et en sentant le popo de bébé. Alors faites comme nous, respirer par la bouche et tout ira bien.