De Angèle à Rosalía: les stars s'arrachent cette bande de génie
Vous n'avez certainement pas manqué la prestation à couper le souffle de la star espagnole ce week-end. Derrière cette scénographie viscérale et électrique se cache (La)Horde, un trio qui bouscule les codes de la danse contemporaine à l'échelle internationale.
D'abord, pour le plaisir des yeux et des oreilles, revivez ce moment de grâce brutale:
ROSALÍA - Berghain ft. Björk
Pour cette prestation «grandiloquente» aux Brit Awards, (La)Horde a mobilisé un dispositif massif: pas moins de 76 personnes étaient sur scène, dont 35 musiciens de l'ensemble The Heritage Orchestra et 40 danseurs (incluant des membres du Ballet national de Marseille).
Selon Paris Match, Rosalía a livré une «version apocalyptique» de son tube Berghain, créant une véritable transe entre baroque et techno qui a «ringardisé tous les numéros des dernières Victoires de la musique».
Mais qui est (La)Horde?
Fondé en 2011, le collectif (La)Horde réunit trois artistes aux parcours complémentaires: Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel. Ensemble, ils questionnent les codes du spectacle vivant et de l’art contemporain. A la tête du Ballet national de Marseille depuis septembre 2019, ils créent des pièces chorégraphiques, des films et des performances «autour du corps en mouvement».
Leur marque de fabrique? Les «danses post-internet». Selon le site Dance Reflections by Van Cleef & Arpels, (La)Horde signe des œuvres issues de rencontres avec des communautés online afin de définir ce qu’est devenue la danse après l’avènement d’internet. A l’aide de moyens multiples, ils développent des scénarios qui prennent racine dans des «problématiques contemporaines» et collaborent avec des individus en marge de la culture majoritaire (septuagénaires, non-voyants,...).
L’objectif de leur démarche, comme l'explique la revue Magic, est de «faire dialoguer des disciplines institutionnelles — l’opéra et le ballet — avec des cultures de clubs nées dans les zones industrielles».
Leur CV donne le tournis. Récemment, le trio a signé «le clip de l'année» en orchestrant la rencontre entre la chanteuse Angèle, le duo Justice et une esthétique cinématographique léchée.
Leur talent a, auparavant, séduit Christine and the Queens, Sam Smith, ou encore la Reine de la Pop. Dans une interview accordée à Vogue, le collectif raconte les coulisses de leur travail pour le Celebration Tour de Madonna en 2023.
Rosalía et (La)Horde, un mariage inévitable
Si Rosalía a choisi (La)Horde, ce n'est pas un hasard. Comme l'analyse le magazine S-Quive, l'artiste espagnole partage avec le collectif une même obsession: «l'histoire et les traditions comme matériaux vivants, à réinterpréter plutôt qu'à préserver».
Avec son esthétique fusionnant traditionnel et renouveau, (La)Horde a une démarche qui fait écho à la manière dont Rosalía amène le flamenco dans le futur industriel de son album Lux.
Fort de cette synergie, le trio a accompagné Rosalía dans sa nouvelle ère en rupture avec l'esthétique Motomami. Avec Berghain, on plonge désormais dans des sonorités techno-industrielles et opératiques beaucoup plus sombres.
Bonne nouvelle pour les fans de la chanteuse, ce show n'était qu'un avant-goût: le Lux Tour 2026 débutera en France dans deux semaines, le 16 mars à Lyon, avant deux dates à l’Accor Arena de Paris les 18 et 20 mars. La configuration massive présentée à Londres promet des concerts à la frontière du spectacle vivant et de la culture rave.
(jod)
