Pourquoi cette romance queer dans le monde du hockey fascine autant
Actuellement, le hockey sur glace suscite un intérêt soudain chez un public inhabituel. Un engouement qui doit moins au sport lui-même qu'aux tablettes de chocolat et aux anatomies musclées des protagonistes de Heated Rivalry. Cette mini-série canadienne, qui met en scène deux joueurs homosexuels, fait vibrer la Toile depuis plusieurs mois.
Le scénario repose sur un classique du genre: deux rivaux que tout oppose finissent par s’aimer. D’un côté, Shane Hollander (Hudson Williams), un Canadien calme et réservé; de l’autre, Ilya Rozanov (Connor Storrie), un Russe impétueux. Rivaux dès l’adolescence, ils intègrent plus tard des équipes concurrentes de la ligue nord-américaine (baptisée ici MLH).
Propulsés au rang de stars, les deux jeunes talents voient leur duel monté en épingle par les médias. Mais la tension n'est pas que sportive. Très vite, les regards se font langoureux. Dès les premières minutes, Shane et Ilya se retrouvent nus dans la moiteur des douches avant de débuter une liaison passionnée.
On n’y apprend pas grand-chose sur le hockey
Au-delà de l'érotisme de cette «haine amoureuse», le suspense repose sur deux piliers. D'abord, le secret: dans l'univers viril du hockey masculin, afficher son homosexualité est aussi complexe que dans le football professionnel. Pour les deux amants, la discrétion est vitale. Ils enregistrent leurs numéros sous des prénoms féminins et vivent dans la peur constante d’être démasqués.
Ensuite, il y a le sexe. Rachel Reid, l'autrice canadienne de la saga littéraire dont est tirée la série, décrit son œuvre comme du «porno mignon» («cute smut»). Le réalisateur Jacob Tierney souligne d'ailleurs que ces scènes sont essentielles à la narration. Résultat: les ébats sont fréquents et, pour une production grand public, particulièrement explicites.
La caméra s'attarde sans complexe sur les corps sculptés des athlètes. Si vous espérez réviser les règles du hors-jeu, passez votre chemin; en revanche, vous pourrez étudier chaque muscle du dos des joueurs avec une précision chirurgicale.
Même les politiques sont fans
Réduire la série à un simple porno chic serait pourtant une erreur. Entre deux scènes de nu, l'intrigue prend le temps de creuser la psychologie des personnages. Leur lutte intérieure et la crainte de l'«outing» ne sont pas des fioritures, mais un plaidoyer contre l'homophobie.
Le succès dépasse le cadre du divertissement: même Zohran Mamdani, figure de la gauche new-yorkaise, recommande la série. Récemment, les deux acteurs principaux ont porté la flamme des Jeux olympiques d'hiver, et un ancien joueur professionnel a même trouvé le courage de faire son coming-out grâce à l'émission.
Ilya Rozanov and Shane Hollander with the Olympic Torch today in Feltre (Italy)!! 🔥🔥 pic.twitter.com/nyG54d2ZmP
— Ilya Rozanov Updates⭐️ (@IlyaUpdates) January 25, 2026
Toutefois, la réalité reste rude: l'acteur Hudson Williams a confié avoir reçu de nombreux messages de joueurs de la LNH qui n'osent toujours pas révéler leur orientation. Heated Rivalry, qui s'achève sur une fin heureuse un peu trop parfaite, s’apparente finalement à une utopie.
Et c’est peut-être là, dans ce besoin d'évasion après des semaines moroses, que réside la clé de ce triomphe.
A découvrir en Romandie dès le 6 février sur HBO Max.
(aargauerzeitung.ch)
