Voici la recette secrète pour gagner l'Eurovision
L’Eurovision n’est pas seulement une affaire de paillettes, de refrains entêtants et de votes parfois cruels. C’est aussi un immense laboratoire d’apprentissage collectif. Dans une étude publiée en avril 2026 dans Royal Society Open Science, trois chercheurs de l'EPFZ ont analysé les données du concours entre 1956 et 2024.
Leur base comprend pas moins de 1763 chansons issues de 51 pays, avec les langues utilisées, les points obtenus, les paroles, les genres musicaux et plusieurs caractéristiques audio.
Les chercheurs ont aussi étudié l’évolution des règles du concours, notamment les systèmes de vote et les restrictions linguistiques. Selon l’étude, l’histoire de l’Eurovision peut être divisée en trois périodes: une phase de formation avant 1974, une phase de consolidation de 1974 à 2003, puis une phase d’expansion à partir de 2004, marquée par l’introduction des demi-finales et une hausse du nombre de participants, avec 40,2 pays en moyenne.
Plusieurs changements majeurs
L’un des changements les plus nets concerne la langue. Après la levée définitive des restrictions linguistiques en 1998, l’anglais s’impose massivement. Plus de 70% des chansons sont alors entièrement en anglais ou mêlent l’anglais à une langue nationale. Les chercheurs observent aussi que les chansons les mieux classées utilisaient déjà majoritairement l’anglais dès les années 1970.
Les paroles ont également évolué. Leur longueur moyenne se stabilise autour de 230 mots après 1975, avant d’augmenter brutalement de 20% en 1999.
L’étude relève aussi des tendances thématiques: la nostalgie recule, tandis que la douleur, la rébellion et le désespoir progressent. Musicalement, la pop devient dominante parmi les chansons en compétition, même si elle ne garantit pas la victoire.
Les morceaux deviennent aussi moins acoustiques et davantage dansants. Les auteurs estiment que les participants adaptent leurs chansons en observant les titres les mieux classés des années précédentes.
Tous les pays ne suivent toutefois pas la même logique. La France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne continuent majoritairement à privilégier leurs langues nationales, malgré l’avantage constaté de l’anglais. Selon l’étude, ce choix peut refléter une volonté de valoriser leur culture nationale plutôt que d’optimiser uniquement leurs chances de gagner.
Ne reste plus qu'à voir si cette formule magique se confirmera encore cette année: réponse ce samedi 16 mai, lors de la finale à Vienne. (mbr)
