«J'ai été plus soft que prévu»: On a parlé à la Romande de Koh-Lanta
Jade, vous êtes de Lutry. Des bords du Léman aux Philippines, c’est un sacré changement de décor…
Alors là, rien à voir (rire)! Heureusement que j'ai beaucoup voyagé dans ma vie, et que j’ai l’habitude des dépaysements.
Comment ça se passe, pour annoncer à son employeur qu’on part faire Koh-Lanta?
L’émission est bien tombée. En effet, bien avant de postuler, j’avais prévu de prendre un ou deux mois sabbatiques avec mon fils, avant qu’il ne commence l’école. C’était mon premier projet. Ensuite, je me suis inscrite à l'émission, ça a fini par fonctionner, et par chance, c’est tombé pile sur la période où je devais partir.
Et maintenant que le secret est percé, comment vos collègues ont réagi?
La plupart ont été très surpris. Mes collègues n’étaient absolument pas au courant. Les équipes de tournage sont venues pour le portrait, mais personne ne se doutait que c'était pour Koh-Lanta. Cela dit, ils me connaissent, ils n’ont donc pas été étonnés que je sois motivée, mais plutôt que j’aie été sélectionnée.
Ils sont tombés des nues en vous voyant au casting?
On est en Suisse, c’est assez improbable que sa collègue de travail parte pour Koh-Lanta! On se dit plutôt que ce sera pour les autres, pas pour notre voisin - et encore moins pour nous-mêmes. La surprise vient du fait que c’est un programme télévisé à grosse audience, qui a beaucoup de succès.
Après tout, pourquoi s’intéresseraient-ils à elle…
Entre la Jade du travail et la Jade de la télé, qu’est-ce qui est différent?
Dans le premier épisode, diffusé mardi passé, on n’a pas eu le temps de découvrir qui je suis réellement. Il faut dire qu’il y avait beaucoup de choses à découvrir. J’étais dans une position d’observatrice avant tout. Au travail, au contraire, je suis dans l’action, je communique beaucoup, je suis très dynamique, je vais guider mon équipe sur des missions concrètes. Toutes ces dimensions ne sont pas mises en relief à travers un seul épisode, et c’est normal.
Est-ce que «l’effet télé» a déjà frappé; on vous reconnait dans la rue, à Lutry, par exemple?
Honnêtement, pas vraiment. On parle beaucoup à ma famille, à mes deux soeurs ou à ma mère. Les caissières du supermarché ou les profs d'école leur posent des questions, par exemple. Mais les gens ne me parlent pas à moi directement.
Y avait-il une motivation profonde qui vous a poussée à vous inscrire à Koh-Lanta?
C’était un rêve d’enfant. J’ai grandi avec ce programme, et je me suis toujours vue dedans. Je me projetais souvent, en me disant: "dans cette situation, je ferais ça…" J’imaginais les stratégies que j’élaborerais. Mais c’était comme un rêve inaccessible.
Survivre sur une île peu hospitalière, c’est un rêve?
L'objectif est plutôt de revenir à l’essentiel, pouvoir me pousser dans mes propres retranchements, me dépasser, tout en quittant ce qui est superflu et électronique. C'est ça qui me faisait rêver.
Entre la survie, et l’esprit d’équipe, qu’est-ce qui vous a le plus plus attirée?
C’est très dur à choisir.
J’ai regardé pas mal d’émissions, j’adore, ça me passionne, mais je ne vais pas aller m’exiler dans une forêt dans les hauts de Lutry, dormir à la belle étoile, et tenter de faire mon feu, juste pour le fun. Ce n'est tout de même pas le même piment que de faire l’aventure pour de vrai. Donc le côté survie a été très attrayant pour moi.
Aviez-vous tenté, avant de vous retrouver sur l’île, de faire un feu par vos propres moyens?
Non, je n’ai jamais allumé un feu avec pour seul outil du bois. Et je ne suis pas du tout une adepte du camping… J’ai fait des auberges, sac au dos, c’est le plus rustique que j’aie expérimenté avant ça!
Vous avez deux sœurs qui sont très proches de vous. Qu’est-ce que vous vouliez prouver à votre famille?
J’ai toujours tout fait avec mes sœurs. Si j’avais pu en prendre une avec moi, d’ailleurs, je l’aurais fait (rire). Dans la vie, dès qu’il y a un problème, je vais les appeler directement, et elles auront toujours un petit mot positif pour me booster. Elles représentent un soutien émotionnel indéfectible. Avec Koh-Lanta, je voulais tout simplement me prouver que je pouvais relever ce défi uniquement par moi-même.
Est-ce que des qualités suisses vont ont guidée pendant cette aventure?
En tout cas, pas la neutralité de la Suisse, puisque j’ai souvent des opinions très tranchées (rire).
Ah?
Oui, j’ai un caractère assez tranché. J’ai tout le temps un avis, sur tout!
On n’a pas encore eu le temps de voir cet aspect de vous… Comment décririez-vous votre caractère sur l’aventure?
Je m’attendais à devoir prendre sur moi, à devoir tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler, mais j’ai été surprise en bien. C’est une aventure où on a besoin des gens. Là-bas, on a surtout besoin d’être entouré, et de soutien.
Et donc?
J’ai été plus tendre, et plus soft, que prévu.
Certains candidats vous ont-ils fait mauvaise impression au début?
C’est dur de juger dès la rencontre au premier épisode, car tout le monde se découvre. Mais de prime abord, je me suis demandé si le courant allait passer avec Nora - et Clémence, qui disait avoir de la peine à se canaliser.
Qu’est-ce qui a été le plus dur en arrivant sur l’île?
Durant les trois premiers jours, le plus éprouvant, c’est l’acclimatation. Il y a du monde, on se dit qu’il faut faire connaissance, mais il fait humide et chaud, on a un peu faim… La première nuit, on n’a pas dormi, donc la fatigue peut aussi prendre le dessus.
Sur les camps, on a droit à du savon, et une brosse à dents, tout de même?
Non! On n’a pas le droit à un tel coup de pouce. La brosse à dents, c’est une brindille qu’on mâchouille, la brosse à cheveux, ce peut être un coquillage, le papier toilette, ce sont des feuilles…
Qu’est devenu votre côté coquet, largement souligné dans votre portrait?
Il est resté à la maison! Il n’y a pas de place pour ça à Koh-Lanta. D'ailleurs, c’était un sacré défi, de laisser tomber cette exigence envers mon apparence, et de revenir à l’essentiel.
Le portrait de Jade pour Koh-Lanta:
Vous nous quittez avec une dernière anecdote, un moment qui vous a frappée lors de ces trois premiers jours?
Oui, j’ai vécu un moment touchant d’entraide, quand, en arrivant sur une île, plusieurs aventuriers se sont mis ensemble pour venir en aide à Ulrich, qui n’était pas à l’aise pour nager. On a regroupé des affaires dans un sac, et on a donné le mien, vidé, à Ulrich, pour qu’il puisse l’utiliser comme bouée. J’ai trouvé hyper beau de voir que cette aventure ne commençait pas par de la rivalité, mais plutôt par une véritable cohésion et un bel esprit d’équipe.
