5 décors de films mythiques devenus de vrais hôtels
Pour certains, les vacances d’été doivent avoir lieu sur les plages d’Espagne, d’Italie ou de Grèce, sous le soleil et dans la détente. D’autres sont attirés par des lieux qui, dans un sens, ne devraient même pas exister. Ils voyagent vers des endroits fictifs ou sur des lieux de tournage qui brouillent toute frontière entre illusion hollywoodienne et réalité. Voici cinq destinations que la magie du cinéma a rendues vivantes – et que vous pouvez réellement visiter.
Star Wars et l'hôtel dans le désert
Lorsque George Lucas tourne le premier Star Wars en 1976, il a besoin d’une maison pour Luke Skywalker sur la planète désertique de Tatooine. L’équipe de tournage choisit pour cela une habitation troglodytique traditionnelle des Berbères, dans le village tunisien de Matmata.
Après le succès mondial du film, de plus en plus de fans se sont mis à affluer dans le désert tunisien. Plutôt que de démonter le décor comme cela se fait habituellement après le tournage, une grande partie des éléments de décoration de science-fiction a été laissée sur place, dans l’hôtel transformé pour de bon en Hôtel Sidi Driss. Aujourd’hui, les visiteurs peuvent y dormir, manger et même s’asseoir à la même table où Luke Skywalker se disputait avec son oncle Owen dans le film.
En 2000, pour le tournage de l'épisode deux, L'Attaque des clones, l'équipe de tournage revient au même endroit, loue de nouveau l'hôtel et restaure les anciens décors.
L’hôtel est toutefois nettement moins luxueux que ne pourrait le laisser penser son statut de décor de cinéma. Les chambres sommaires, creusées directement dans la roche, disposent souvent de salles de bains communes, parfois pas même de prises électriques, et d’un accès au Wi-Fi limité.
En revanche, les fans y vivent probablement l’expérience «Star Wars» la plus authentique qui soit, au cœur de l’ancienne demeure de la famille Lars. Et le meilleur dans tout cela: selon la chambre choisie, une nuit dans cet hôtel troglodyte historique coûte entre 30 et 45 euros.
La pluie a sauvé la «Comté» des Hobbits
A la fin des années 1990, lorsque Peter Jackson veut porter à l’écran l’épopée du Seigneur des anneaux, de l’écrivain J. R. R. Tolkien, il se met à la recherche de la «Comté» idéale. Il la trouve dans une ferme d’élevage de moutons en Nouvelle-Zélande, à Matamata (à ne pas confondre avec Matmata, le village tunisien précédemment évoqué).
Pour le tournage, les maisons des Hobbits sont construites en 1999 à partir de poutres en bois et de contreplaqué. Une fois le tournage terminé, tous les décors doivent être démontés. Mais une violente tempête de pluie retarde leur destruction. Entre-temps, les premiers fans commencent déjà à se rendre à la ferme, dont les propriétaires comprennent rapidement le potentiel touristique.
Pour la trilogie Le Hobbit qui suivra, le village est donc reconstruit à partir de 2009 de manière permanente, cette fois en pierre, en bois et en briques. Aujourd’hui, Hobbiton compte parmi les décors de cinéma les plus populaires au monde.
Les visiteurs peuvent se promener dans la «Comté», boire un verre au pub «Green Dragon Inn» et, depuis 2023, même dormir directement sur le lieu de tournage. Pour visiter les décors, il faut compter à partir d’environ 120 dollars néo-zélandais, soit environ 68 euros, pour une visite guidée.
La véritable adresse de Sherlock Holmes
Lorsque Arthur Conan Doyle invente son célèbre détective Sherlock Holmes en 1887, celui-ci habite au 221B Baker Street. A l'époque, ce numéro n’existe pas.
Ce n’est que plusieurs décennies plus tard, lorsque Baker Street est prolongée, qu’un immeuble de bureaux de la Abbey National Building Society se voit attribuer cette adresse. Dès lors, des milliers de lettres du monde entier destinées à Sherlock Holmes y sont envoyées. L’entreprise va même jusqu’à engager un collaborateur chargé exclusivement de répondre au courrier des fans adressé au détective fictif.
L’histoire prend une telle ampleur qu’en 1990, le musée officiel de Sherlock Holmes ouvre finalement ses portes. Afin que l’adresse littéraire puisse définitivement devenir réalité, le musée est autorisé à porter en permanence le numéro 221B, pourtant officiellement incorrect, sur sa façade. L’entrée dans cette maison de détective à l’aménagement victorien coûte 16 livres aux adultes, soit environ 19 euros.
Un hôtel tout droit sorti de Poudlard
Avec la saga Harry Potter, J. K. Rowling a créé le plus grand phénomène littéraire de l’époque moderne. Des millions de lecteurs ont rêvé de pouvoir un jour parcourir les couloirs de Poudlard.
C’est ce rêve qu’a décidé d’exploiter le Georgian House Hotel, à Londres. En 2013, les propriétaires transforment toute une aile du bâtiment en «Wizard Chambers», les chambres des sorciers. Derrière une porte dissimulée dans une bibliothèque, les clients découvrent des lits à baldaquin, des potions magiques, des chaudrons, des murs en pierre et des cheminées crépitantes, comme s’ils venaient eux-mêmes d’arriver à Poudlard.
Face à l’énorme demande, d’autres chambres de sorciers sont ensuite aménagées. Sans Harry Potter, cette maison victorienne vieille de plus de 170 ans serait probablement restée un bed and breakfast tout à fait ordinaire.
L’expérience magique n’est toutefois pas donnée: les plus petites chambres de sorcier sont proposées à partir d’environ 239 livres, soit près de 280 euros, la nuit, petit-déjeuner compris. Pour les «Wizard Chambers» plus sophistiquées, avec leurs lits à baldaquin, il faut généralement compter entre 309 et 329 livres, soit environ 365 à 390 euros, par nuit.
La chambre d'Agatha Christie
Peu d’hôtels sont aussi étroitement associés à Agatha Christie que le Pera Palas, à Istanbul. Lors de ses voyages à bord de l’Orient-Express, la romancière y séjournait régulièrement. Une légende veut encore aujourd’hui qu’Agatha Christie ait écrit une grande partie de son roman Le Crime de l’Orient-Express dans la chambre 411.
Si cela n’est pas établi avec certitude sur le plan historique, cette histoire a largement contribué à rendre la chambre célèbre dans le monde entier.
Aujourd’hui, la suite, baptisée «Agatha Christie Room», est conservée quasiment dans son état d’origine. Les premières éditions de ses livres, des photographies d’époque et une machine à écrire rappellent la célèbre auteure de romans policiers. Sans son roman, la chambre 411 serait probablement restée une suite parmi tant d’autres.
Pour y dormir, il faut toutefois mettre la main au porte-monnaie: selon la saison, une nuit dans la chambre historique 411 coûte à partir d’environ 450 euros.
Adapté de l'allemand par Tanja Maeder

