Grâce à cette pratique, les détenteurs d’Ethereum peuvent générer un revenu passif généralement compris entre 3 et 6%. En collaboration avec la banque de crypto Sygnum, régulée par la Finma, Postfinance entre dans un marché de plusieurs milliards de francs, jusqu’ici dominé principalement par des fournisseurs étrangers. Mais qu’est-ce que le «staking» exactement? Et ce revenu passif, ce ne serait pas une arnaque?
Contrairement au système bancaire, les vraies cryptomonnaies ne reposent pas sur une autorité centrale pour valider les transactions. Avec des cryptomonnaies comme Bitcoin et Ethereum, ce travail est réalisé (dans le meilleur des cas) par des milliers de nœuds (ordinateurs qui font partie d'un réseau blockchain) répartis partout dans le monde. Si l’un de ces nœuds tombe en panne, ce n’est pas grave: il y en a encore des milliers d’autres. C'est cette décentralisation qui rend le Bitcoin et d’autres cryptomonnaies sûres et intéressantes.
Cependant, elle présente également des défis.
En effet, le système décentralisé nécessite un mécanisme pour vérifier qu’il n’y a pas de fraude dans les transactions – un mécanisme dit de consensus. Et ce mécanisme doit être particulièrement sophistiqué pour fonctionner avec des milliers de nœuds répartis dans le monde entier.
Les avantages du Pos
L'inconvénient du Pos
Pourquoi devenir validateur ?
Parce qu’en récompense de leur participation à la maintenance du réseau, les validateurs reçoivent une part des frais de transaction et des nouveaux «coins» créés à chaque bloc – c’est ce qu’on appelle des «rewards». Actuellement, avec Ethereum, les taux de récompense varient entre 3 et 7%. Un validateur avec 32 Ethereum peut donc espérer un revenu annuel compris entre 3000 et 7000 francs au cours actuel. Cependant, cela n’est possible que s’il respecte les règles du réseau. Les validateurs malhonnêtes ou peu fiables risquent de perdre une partie des Ethereum qu’ils ont déposés en garantie – un processus appelé «slashing».
Puisque 32 Ethereum représentent un montant élevé, des développeurs ont trouvé des moyens de permettre à des détenteurs moins fortunés de profiter de ce revenu passif en regroupant de petites contributions. Chez PostFinance, il est ainsi possible de participer au programme de staking dès 0,1 Ethereum.
Y a-t-il un hic? Oui.
Le principal inconvénient du staking est que les coins déposés ne peuvent pas être vendus tant qu’ils sont bloqués pour une période définie. Si le prix de l’Ethereum chute drastiquement, les stakers ne peuvent qu’assister impuissants à la dévaluation de leur investissement.
Chez Postfinance, cette période de blocage est de douze semaines, ce qui est relativement long comparé aux offres étrangères (entre deux et dix jours en général). En revanche, l’offre de Postfinance est intégrée dans un environnement en ligne fiable (application ou site internet), éliminant ainsi le besoin de se connecter à des plateformes de trading parfois opaques et peu rassurantes basées à l’étranger.
A propos de transparence, il faut savoir que 20% des revenus générés par le staking reviennent à Postfinance. Ce pourcentage est relativement élevé et pourrait être réduit lorsque la concurrence en Suisse deviendra plus sérieuse.
Pour l’instant, le staking chez Postfinance se limite à Ethereum, mais la banque prévoit d’ajouter d’autres cryptomonnaies à l’avenir. En prenant les devants sur ce genre de pratiques, le géant jaune met désormais la pression sur d’autres acteurs suisses, comme les banques cantonales, qui offrent déjà des services de trading et de gestion de cryptomonnaies. Selon ses propres déclarations, Postfinance gère déjà plus de 25 000 portefeuilles crypto, tandis que de nombreuses banques privées suisses renommées ne proposent encore aucun service dans ce domaine.
Traduit et adapté de l'allemand par Léon Dietrich