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Comment Trump a rudoyé l'économie mondiale cette année

Trump a rudoyé l'économie mondiale en 2025.
Le retour de Donald Trump au pouvoir a eu son lot d'impacts sur les marchés mondiaux.Image: Imago/shutterstock

Comment Trump a rudoyé l'économie mondiale cette année

2025 a été une année de grand huit sur les marchés mondiaux. Des mouvements qui s'expliquent en partie par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, mais pas seulement. Rétrospective.
31.12.2025, 10:5131.12.2025, 10:51
Florian CAZERES, paris/afp

Chute du dollar, hausse des taux, Bourses qui plongent puis battent des records... 2025 a été haute en couleurs sur les marchés, marquée par l'arrivée tonitruante de Donald Trump à la Maison-Blanche et l'omniprésence de la thématique de l'intelligence artificielle (IA).

Retour en cinq points sur une année mouvementée, laissant ouvert le champ des possibles pour 2026.

Un plongeon des Bourses et des records

Le 7 avril, après l'annonce par Donald Trump d'une rafale de droits de douane «réciproques» sur ses partenaires, les Bourses européennes et américaines ont perdu entre 4 et 6%, du jamais vu depuis la pandémie de Covid-19. Mais les marchés ont rapidement récupéré de leurs pertes.

Les «conséquences des droits de douane sont moins fortes que prévu», autant sur la «croissance et l'inflation américaine» que sur le «commerce mondial, qui n'a pas décéléré», justifie Alexandre Drabowicz, directeur des investissements à Indosuez.

A New York, les indices ont été portés par des baisses de taux de la Réserve fédérale (Fed) et l'enthousiasme autour de l'IA. Ils terminent finalement l'année avec des hausses de 13% à 21% depuis le 1er janvier, après avoir battu des records.

Pluie de records également en Europe, où les investisseurs ont plébiscité le secteur de la défense, sur fond de désengagement attendu américain en Ukraine et d'investissements massifs attendus en Allemagne, notamment. Francfort gagne 23%, Paris 10%, Milan 30% et Londres 20%. Les marchés asiatiques, dopés par la tech, ont quant à eux flambé: Tokyo a pris 26%, Séoul 76% et Hong Kong près de 30%.

L'impact de la «vague IA»

Le secteur technologique a tiré les marchés, porté par des bénéfices mirobolants et les investissements massifs dans l'IA. Mais certains analystes craignent désormais que ces actions ne soient allées trop haut, trop vite, en déconnexion du reste de l'économie.

Ces doutes ont provoqué des chutes ponctuelles des cours, qui se sont pour l'instant systématiquement repris. «Mais il s'agit d'une bulle. A savoir quand elle éclatera réellement», analyse Benjamin Melman, directeur des investissements de Rotschild AM. «En 2026, les marchés tenteront de déceler les gagnants et les perdants de la vague IA», tempère Alexandre Drabowicz.

Oracle, spécialiste des centres de données, en a fait les frais: le titre a perdu près de 70 milliards de dollars de capitalisation le 11 décembre, après des résultats jugés décevants.

Le roi dollar chute, l'or au sommet

Le dollar a plongé d'environ 13% face à l'euro, victime des incertitudes liées à la politique de Donald Trump aux États-Unis. Il a aussi fait les frais de la volonté «de plus en plus de banques centrales de réduire leurs réserves en dollar, perçu comme un instrument de puissance américaine», relève Vincent Juvyns, stratégiste à ING.

La monnaie d'échange internationale est «devenue un actif risqué», estime Benjamin Melman. L'or, valeur refuge ultime, a profité de ce désamour: en hausse d'environ 66%, elle signe sa meilleure année depuis 1979 et un record à 4.549,92 dollars.

Coup de chaud sur les taux

Des États-Unis à l'Europe, en passant par le Japon, la soutenabilité des finances publiques a été un point d'attention des marchés en 2025, sur fond de hausse des dépenses des États. Les taux d'intérêt à long terme ont flambé. Le rendement à échéance 30 ans aux États-Unis a dépassé durant l'année le cap des 5%, contre 4,30% en décembre 2024, la politique de baisses d'impôts de Donald Trump étant jugée dispendieuse.

Son équivalent allemand a bondi à près de 3,50%, contre 2,60% en janvier. L'ex-chantre de la rigueur budgétaire devrait contracter un endettement record en 2026 pour financer le plan d'investissement massif promis par le chancelier Friedrich Merz.

Côté français, l'instabilité politique et budgétaire l'a fait grimper de 3,70% à 4,45%. En 2026, ce thème restera central: «certaines entreprises ont des taux moins élevés que des Etats, ce qui était rarissime avant», relève Alexandre Drabowicz.

Le bitcoin sur des montagnes russes

Le bitcoin, star des cryptomonnaies, a profité de l'arrivée de Donald Trump, perçu comme favorable au secteur: il a atteint début octobre un record à plus de 126 000 dollars.

Avant de plonger brutalement en fin d'année sous les 90 000 dollars, plombé par l'aversion au risque des investisseurs en raison des craintes d'une bulle sur la tech.

Ce taureau court au milieu d'une banque et provoque le chaos
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