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Ce que Situational Awareness révèle sur la bulle de l’IA

Leopold Aschenbrenner
Leopold Aschenbrenner est un prodige de l’IA qui a connu un échec impitoyable à Wall Street.Image: Screenshot youtube/bloomberg

Il est la première victime de la bulle de l'IA et c'est inquiétant

L’histoire de ce prodige de Wall Street, qui gérait des milliards à 24 ans sans aucune expérience avant de frôler la catastrophe, est spectaculaire. Mais elle illustre aussi très bien où en est actuellement le monde face à l’IA et à la bulle spéculative.
23.08.2026, 07:0323.08.2026, 07:03
Lara Knuchel
Lara Knuchel

En juin 2026, Leopold Aschenbrenner, alors âgé de 24 ans, gérait un fonds spéculatif d’une valeur d’environ 45 milliards de dollars. A ce stade, il avait depuis longtemps attiré l’attention des banques et des riches investisseurs. Le grand public et les médias commençaient à leur tour à s’intéresser à lui. Le jeune homme semblait avoir acquis, aux yeux de certains, le statut de prodige: son essai de 165 pages sur l’intelligence artificielle et ses conséquences économiques, rédigé deux ans auparavant, était devenu viral et faisait figure de lecture incontournable dans la Silicon Valley.

Peu après, son nom parvient jusqu’à Wall Street, qui s’entiche du jeune Allemand. Mais fin juillet, à seulement un jour de son propre mariage fastueux, tout – ou presque – tourne mal.

L’histoire de Leopold Aschenbrenner est trop spectaculaire pour ne pas être racontée. Mais elle illustre aussi ce que l’intelligence artificielle provoque actuellement, notamment sur les marchés financiers: un engouement dont tout le monde veut sa part, même lorsque les signaux d’alerte se multiplient.

L'ascension fulgurante de Leopold Aschenbrenner

«Intellectuellement étrange» et «socialement inadapté»: c’est ainsi qu’Aschenbrenner s’est un jour décrit. Des traits qui, selon lui, ne constituaient guère un avantage dans la culture allemande. A l’école, en revanche, ce fils de deux physiciens s’était très tôt distingué par ses capacités exceptionnelles. Il avait sauté plusieurs classes et achevé ses études secondaires à 15 ans.

Il est ensuite parti aux Etats-Unis pour étudier l’économie, les mathématiques et les statistiques à l’université Columbia. Major de sa promotion, il a terminé son cursus à 19 ans. Pendant ses études, il a également cofondé la section locale de l’«altruisme efficace». Cette philosophie, populaire dans certains milieux technologiques, défend notamment l’idée que les entrepreneurs doivent gagner autant d’argent que possible pour ensuite l’utiliser au service de l’humanité.

Leopold Aschenbrenner
Photo de Leopold Aschenbrenner à l’occasion de son diplôme, obtenu en tant que major de sa promotion.Image: columbia university

C’est par ce biais qu’il a rencontré un autre jeune homme, un peu plus âgé, mais tout aussi brillant: Sam Bankman-Fried. Le Californien a longtemps été présenté comme un «prodige des cryptomonnaies». Il était le fondateur et directeur général de FTX, une plateforme d’échange qui allait s’effondrer avec fracas peu après. Aschenbrenner a acquis sa première expérience professionnelle au «Future Fund», la branche à but non lucratif de FTX.

Après l’effondrement de FTX, Leopold Aschenbrenner décroche en 2023 un poste chez OpenAI. Avec son équipe, il est notamment chargé de répondre à la question suivante:

«Comment pouvons-nous nous assurer que des systèmes d’IA largement plus intelligents que les humains suivent les intentions de ces derniers?»

Mais le jeune Allemand ne s’en est manifestement pas tenu à cette seule interrogation: il en aurait posé quelques-unes de trop. OpenAI l’a licencié en 2024, apparemment pour avoir partagé des données et des informations sensibles. Aschenbrenner a toujours défendu sa conduite. Il affirme avoir rédigé une note après un «grave incident de sécurité», avant de la transmettre à plusieurs membres du conseil d’administration d’OpenAI. Son inquiétude aurait toujours été le principal moteur de ses actes.

Ilya Sutskever, langjähriger ChatGPT-Chefforscher und Co-Gründer von OpenAI. Im Mai 2024 gibt der kanadische Informatiker seinen Abgang aus persönlichen Gründen bekannt.
Leopold Aschenbrenner travaillait directement sous ses ordres: Ilya Sutskever a longtemps été chercheur en chef de ChatGPT et cofondateur d’OpenAI. En mai 2024, l’informaticien canadien a annoncé son départ pour des raisons personnelles. Image: Screenshot: YouTube

La même année, Leopold Aschenbrenner a publié un billet de blog qui lui a rapidement valu une immense notoriété. Intitulé Situational Awareness, soit approximativement «conscience de la situation» ou «appréciation de la situation», cet essai de 165 pages a anticipé à bien des égards ce qui se joue aujourd’hui sur les marchés sous l’effet de l’intelligence artificielle.

Dans un podcast du New York Times, Natasha Sarin, professeure à Yale, résume ce qui s’est ensuite passé:

«Tous ces gens ont lu ce billet de blog, cet essai, et se sont dit: l’auteur de ce texte possède une vision unique de l’avenir de l’économie de l’IA. Nous voulons donc lui confier d’immenses sommes d’argent.»
L’essai «Situational Awareness»
Dans son essai, Leopold Aschenbrenner, alors âgé de 22 ans, avait prédit avec une assez grande justesse deux évolutions majeures. D’une part, il estimait qu’en 2027, le monde serait très proche de ce que l’on appelle l’intelligence artificielle générale (en anglais: artificial general intelligence, AGI). Cette forme d’intelligence artificielle est également appelée «superintelligence» et désigne un système d’IA encore hypothétique à l’heure actuelle, qui serait théoriquement capable de comprendre, d’apprendre et d’accomplir n’importe quelle tâche intellectuelle au moins au niveau d’un être humain.

D’autre part, l’Allemand avait déjà anticipé assez précisément ce que provoquerait l’engouement pour l’IA: des investissements et des dépenses massifs de la part des «hyperscalers», autrement dit des géants de la tech comme Google, Amazon et consorts, dans l’ensemble des infrastructures nécessaires à l’IA – centres de données, puces informatiques et autres équipements.

Un rendement de 1000%

Deux mois seulement après la publication de son essai, Leopold Aschenbrenner en a fait une stratégie d’investissement. Sa réputation lui a permis de lever, selon les estimations, 225 millions de dollars auprès d’investisseurs pour son fonds au nom évocateur, «Situational Awareness». Pour beaucoup, ce nom allait d’ailleurs prendre un sens ironiquement inverse, mais nous y reviendrons. Ce fut le «début d’une période de deux ans sans précédent dans l’histoire récente de Wall Street», écrit CNBC.

La stratégie d’Aschenbrenner tenait en une formule:

«Go long on AI and short on software»

Autrement dit: miser sur les entreprises de l’IA et parier contre les éditeurs de logiciels. Sa conviction était simple et, à l’époque, visionnaire: tôt ou tard, l’intelligence artificielle mettrait les logiciels traditionnels et leurs éditeurs sous pression. L’utilisation par les employés de grands modèles de langage, ou LLM, comme ChatGPT ou Claude, finirait par rendre ces logiciels superflus dans les entreprises.

Pour appliquer cette stratégie, le fonds a acheté de nombreuses actions et participations dans des entreprises spécialisées dans l’IA. Parmi elles figurait Anthropic, qui n’était pas encore cotée en Bourse, ainsi que des sociétés fabriquant des équipements destinés aux infrastructures de l’IA. Il a notamment misé sur le fabricant sud-coréen de semi-conducteurs SK Hynix, mais aussi sur des entreprises alors encore peu connues comme Bloom Energy, Nebius ou Sandisk. Dans le même temps, il pariait, au moyen de ventes à découvert, sur la baisse des actions d’éditeurs de logiciels traditionnels comme Adobe.

Dans un premier temps, Leopold Aschenbrenner voit parfaitement juste. Son fonds «Situational Awareness» décolle littéralement. Si l’on compare les 225 millions de dollars de capital initial aux 45 milliards gérés par le fonds début juillet 2026, cela correspond, à certains moments, à un rendement largement supérieur à 1000%. Une performance réalisée alors que Leopold Aschenbrenner n’avait jamais travaillé auparavant comme trader ni dans le secteur financier.

Conséquence: les investisseurs se pressent aux portes du prodige de la finance. L’identité de tous ceux qui ont investi dans «Situational Awareness» n’est pas publique. Seuls quelques noms sont connus, parmi lesquels la société de services financiers Jane Street, active dans le trading à haute fréquence, ou des personnalités de la tech comme Nat Friedman, ancien directeur général de la société de logiciels Github.

Les plus grandes banques de Wall Street, notamment Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Citigroup et Bank of America, lui ont également accordé toujours davantage de crédits. Aschenbrenner s’en servait pour grossir ses positions et accroître encore l’effet de levier de ses opérations. Selon The Economist, le fonds spéculatif, qui employait désormais une vingtaine de personnes, aurait gagné 439% au cours du seul premier semestre 2026.

Tout fonctionne parfaitement, jusqu’au moment où ce n’est plus le cas. Et la chute – provisoire – du fonds «Situational Awareness» est probablement au moins aussi spectaculaire que son ascension.

Le drame

«Pour beaucoup, la question n’était pas de savoir si cette explosion allait se produire, mais quand», a expliqué à CNBC Jerry Diao, qui dirige une société de conseil à Wall Street. Avant d'ajouter:

«Peut-être que sa vision de l’IA est juste à long terme, mais sur les marchés cotés, il faut être préparé aux évolutions à court terme.»

Fin juillet, Leopold Aschenbrenner devait épouser Avital Balwit à Carmel, en Californie. Sa fiancée est la cheffe de cabinet de Dario Amodei, directeur général d’Anthropic. Les festivités étaient prévues sur plusieurs jours. Mais alors que les invités arrivaient encore sur place, le pire scénario s’est concrétisé pour Aschenbrenner et ses investisseurs: ses deux paris se sont retournés contre lui en même temps. Une première petite secousse à Wall Street a fait plonger les actions de nombreux fabricants de semi-conducteurs, tandis que les titres des éditeurs de logiciels repartaient, contre toute attente, à la hausse.

S’ensuivent de nombreux appels de marge. Les mêmes banques qui, peu auparavant, prêtaient si volontiers de l’argent à Leopold Aschenbrenner exigent désormais qu’il apporte des liquidités ou des titres supplémentaires en garantie contre de nouvelles pertes de valeur. Avec ses collaborateurs, l’Allemand se voit contraint de vendre rapidement des actions en dessous de leur valeur de marché afin de dégager des liquidités. Dans le même temps, ils sollicitent de nouveaux capitaux auprès des investisseurs. Ils parviennent de justesse à répondre aux appels de marge, mais cela ne suffit toujours pas.

Peu après, une grande partie du portefeuille a dû être liquidée presque du jour au lendemain. Ken Griffin, gestionnaire de fonds spéculatif controversé et directeur général de Citadel, est une nouvelle fois venu à la rescousse. Citadel a repris une partie des positions avec une décote d’au moins 10%, tandis que d’autres investisseurs ont également racheté des titres. Bloomberg a depuis précisé que Situational Awareness avait notamment cédé, le 3 août, une participation représentant environ 3,42% du capital de Taiyo Yuden, un fabricant japonais de composants pour serveurs, à Multi-Strategy Equities Master Fund, un fonds de Citadel.

Selon Bloomberg , ces ventes ont permis à Aschenbrenner de rester financièrement à flot. Après avoir cédé la plupart de ses actions cotées, «Situational Awareness» ne détenait plus qu’un portefeuille allégé, composé d’actions et de participations dans des start-up, d’une valeur légèrement supérieure à 10 milliards de dollars. Les actifs restants ne représentaient ainsi plus qu’un quart de la valeur du portefeuille peu auparavant.

Ken Griffin, Founder and CEO, Citadel, USA, speaks during a panel discussion during the 56th annual meeting of the World Economic Forum, WEF, in Davos, Switzerland, Wednesday, January 21, 2026. The me ...
Ken Griffin, directeur général de Citadel, aime voler à la rescousse.Image: keystone

L’Allemand assume l’entière responsabilité des événements, écrit-il peu après dans une lettre adressée à ses investisseurs. Il annonce qu’il modifiera à l’avenir son portefeuille afin de le rendre plus résilient. Le mariage a d’ailleurs bien eu lieu, mais Leopold Aschenbrenner et son épouse auraient annulé leur lune de miel.

On a appris ensuite que le fonds s’était massivement endetté ou, plus précisément, qu’il utilisait un effet de levier colossal. Celui-ci a parfois atteint 400%: pour chaque dollar de fonds propres, le fonds renforçait ses positions en empruntant jusqu’à quatre dollars supplémentaires. Selon le Wall Street Journal, ce niveau dépasse largement celui auquel ont habituellement recours les fonds qui négocient des actions aussi volatiles. L’effet de levier peut démultiplier les gains, puisqu’il permet de miser plusieurs fois le montant de ses fonds propres. Mais lorsque le pari tourne mal, les pertes peuvent elles aussi s’emballer à une vitesse vertigineuse.

Ce que cela révèle du boom de l’IA et de sa bulle

Cette opération de sauvetage a tout juste permis à Leopold Aschenbrenner et à «Situational Awareness» de garder la tête hors de l’eau. Le jeune Allemand n’a pas échappé aux moqueries et aux sarcasmes. Plus amer encore pour Aschenbrenner, la tendance s’est de nouveau inversée peu après la vente à Citadel. Dès le lendemain, certaines valeurs liées à l’IA et aux semi-conducteurs se sont redressées à une vitesse étonnante.

L’histoire de l’un des plus grands fonds spéculatifs spécialisés dans l’IA est donc loin d’être terminée. Selon plusieurs informations, un nouvel investissement de 400 millions de dollars a été réalisé il y a quelques jours. Mais cette histoire et les événements survenus depuis offrent un aperçu d’un univers boursier où investisseurs et investisseuses semblent prêts à tout pendant la transformation liée à l’IA.

Les investisseurs peuvent rester irrationnels longtemps

Beaucoup pensaient que le mini-séisme de fin juillet, survenu peu avant la décision américaine sur les taux directeurs, pouvait marquer le début de la fin de l’euphorie boursière autour de l’IA. Pourtant, depuis, les marchés ne font que grimper: une semaine après le quasi-krach du fonds de Leopold Aschenbrenner, les Bourses américaines ont enregistré un nouveau record.

«Pour l’instant, l’optimisme autour de l’IA, la Fomo (fear of missing out, soit la peur de passer à côté de quelque chose) et la tendance à suivre le mouvement continuent de dominer», résume John Cassidy, journaliste et historien de l’économie, dans le New Yorker. Et ce, alors que l’existence d’une bulle – du moins concernant les valorisations boursières des entreprises d’IA et de semi-conducteurs – n’est désormais plus contestée que par une minorité.

La célèbre formule de l’économiste John Maynard Keynes prend ici toujours plus de sens: «Les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable.» Autrement dit, le cours d’une action peut rester durablement déconnecté de sa valeur réelle. Celui qui anticipe l’éclatement d’une bulle peut avoir raison à long terme, tout en perdant beaucoup d’argent à court terme en raison de l’irrationalité des marchés.

Les questions se font plus pressantes

De nombreux éléments rappellent d’autres bulles, elles aussi bâties sur une véritable promesse d’avenir. Une promesse que Leopold Aschenbrenner n’a cessé de mettre en avant et sur laquelle il a probablement raison. Reste que le grand récit peut parfois reléguer au second plan certaines réalités concrètes. L’intelligence artificielle constitue «une histoire dotée d’une dynamique narrative si écrasante» que toutes les petites considérations ont longtemps «paru, d’une certaine manière, secondaires», explique le journaliste David Wallace-Wells dans le podcast du New York Times.

Mais les interrogations concrètes occupent désormais une place croissante: les hyperscalers pourront-ils gagner suffisamment d’argent pour justifier leur endettement colossal et leurs investissements gigantesques? Que se passera-t-il si tout le monde ne peut pas gagner, ce qui paraît également probable? Qu’arrivera-t-il si les taux d’intérêt augmentent? Quel danger les produits concurrents chinois, parfois proposés gratuitement, représentent-ils pour leurs équivalents américains? Quelles seront les conséquences pour notre économie si autant d’argent converge vers un seul secteur? Et, plus largement, comment l’intelligence artificielle transformera-t-elle l’économie?

Quelle est l’ampleur de l’endettement caché?

L’exemple de Leopold Aschenbrenner montre enfin l’ampleur de l’effet de levier utilisé par certains fonds spéculatifs. Reste à savoir combien d’entre eux fonctionnent ainsi, mais aussi où et à quel niveau les grandes banques sont exposées. A cela s’ajoute la structure complexe de l’endettement des entreprises technologiques elles-mêmes. John Cassidy explique au New Yorker:

«Tant pendant la bulle internet de la fin des années 1990 que pendant la bulle immobilière du début des années 2000, les montages financiers tels que les financements circulaires et le transfert de dettes hors des bilans des entreprises vers des structures ad hoc se sont multipliés.»

Selon lui, c’est de nouveau le cas aujourd’hui, avec des risques cachés supplémentaires à la clé.

John Cassidy estime que, comme lors des krachs boursiers de 1987, 2000 et 2007, une hausse des taux directeurs pourrait modifier la dynamique du marché. Le rebond des cours n’a en revanche rien de surprenant, selon lui. «Le marché américain semble simplement balayer le krach en Corée du Sud (des entreprises de semi-conducteurs) et les problèmes de Leopold Aschenbrenner», explique John Cassidy. Une telle attitude incite les investisseurs à miser davantage sur ce que l’on appelle des stratégies de momentum, susceptibles d’alimenter de nouvelles hausses. Leur logique est la suivante:

«Acheter cher et revendre encore plus cher»

Il s’agit donc de prendre le train d’une tendance en marche dans l’espoir qu’elle se poursuive, indépendamment du «juste» prix d’une action.

«Ce type de dynamique auto-entretenue est une caractéristique récurrente des booms spéculatifs et contribue à expliquer pourquoi ils peuvent durer plus longtemps que ne le laisseraient penser le bon sens et la théorie [...]», poursuit John Cassidy. Mais, dans le même temps, chaque nouvelle envolée des marchés accroît le risque de voir apparaître d’autres situations critiques semblables à celle de «Situational Awareness».

Autrement dit: Leopold Aschenbrenner est la première et certainement la plus célèbre «victime» de l’euphorie volatile autour de l’IA, mais certainement pas la dernière. (trad. hun)

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