Pourquoi certains républicains n'hésitent plus à trahir Trump
Il ne porte pas de couronne mais il est bel et bien le roi des républicains. En ce début d'année électorale aux Etats-Unis, Donald Trump domine encore et toujours son parti, qu’il a orienté ces dix dernières années vers une ligne populiste.
Lorsque le président américain avance une proposition, les maigres majorités républicaines au Sénat et à la Chambre des représentants finissent toujours par l'entériner.
Les critiques à l’égard de Donald Trump ne s’expriment qu’en privé et sous couvert d’anonymat. Nombre d’élus républicains redoutent en effet sa réaction et celle de ses partisans les plus fervents.
Des républicains votent contre Trump
Figure de proue du parti conservateur, Donald Trump reste suffisamment populaire pour briser des carrières politiques à coups d’interventions virtuelles. Pour que la tempête éclate, il suffit d’un tweet cinglant, d’une Truth, comme sont appelées ses prises de position sur son réseau Truth Social.
Le fait que le Congrès se prononce ouvertement contre le président américain est donc d’autant plus surprenant.
C’est ce qui s’est produit la semaine dernière. Mercredi, une coalition transpartisane composée de 213 démocrates et de 6 républicains s’est opposée aux droits de douane punitifs que Donald Trump avait imposés le 1er février 2025 sur les importations en provenance du Canada.
L’un des républicains dissidents a déclaré que le président avait outrepassé ses compétences et contourné le Congrès en prélevant ces taxes. Il a lancé:
Donald Trump combat les dissidents
Cette défaite lors du vote n’aura probablement pas de conséquences concrètes. Même si les démocrates et les républicains au Sénat devaient eux aussi se prononcer contre les droits de douane visant le Canada, Donald Trump pourrait opposer son veto à ce texte et ainsi le bloquer.
Le président l’a même déjà annoncé. Selon lui, son pays connaît actuellement un boom économique précisément grâce à sa politique douanière.
Ce résultat met néanmoins en lumière un problème politique qui risque de lui donner bien des maux de tête pendant la campagne électorale.
Pour les parlementaires qui représentent une circonscription ou un État politiquement disputé, ce type de situations permet clairement de se distinguer. Les élus peuvent marquer des points lorsqu’ils constatent, sur la base de sondages, que le président défend des positions impopulaires.
La politique économique est un terrain propice pour ce genre de manoeuvres. Donald Trump refuse obstinément d’admettre que la bonne situation conjoncturelle dont il aime tant se prévaloir n’a pas encore profondément changé le quotidien de nombreux Américains.
Autre dossier controversé, la politique migratoire. Là aussi, une majorité de la population estime que Donald Trump va trop loin et que sa police de l’immigration, qui traque les sans-papiers dans des villes comme Minneapolis, agit de manière trop agressive.
Face à cette contestation, qui s’est traduite par de grandes manifestations, Donald Trump a réagi cette semaine et annoncé le retrait de presque tous les policiers fédéraux de Minneapolis.
Les républicains font face à de mauvais sondages
Dans les mois à venir, de petites révoltes contre la politique du président pourraient donc se multiplier au Congrès.
Pour nombre de républicains qui devront se démarquer durant la campagne des midterm de 2026, les mauvais chiffres dans les sondages du président – seuls 41% des Américains se disent satisfaits de son action – réduisent leurs chances de victoire le 3 novembre.
Pour sortir de ce cercle vicieux, le président devrait prêter davantage attention aux critiques internes à son parti et suivre leurs conseils. Jusqu’à présent, rien ne l’indique. Donald Trump reste Donald Trump et le roi a toujours raison.
Traduit de l'allemand par Joel Espi
