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Voici ce qui rendra Donald Trump dangereux en 2025

Voici ce qui rendra Donald Trump dangereux en 2025
Donald Trump va passer son second mandat à nettoyer son propre héritage. images: getty, montage: watson
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Une obsession rendra Donald Trump dangereux en 2025

Le 47e président des Etats-Unis compte dédier son second mandat à définir lui-même l'héritage qu'il laissera dans les livres d'histoire. Et les grands défis qui attendent le monde ne seront que des outils à son service.
01.01.2025, 21:21
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Rassurons-le, pour commencer. Si l'on s'en tient à la définition du Larousse, Donald Trump fut et sera un président important, «dont le rôle, l'intérêt ou les conséquences possibles sont considérables». Et puis, de toute façon, selon l'historien HW Brands, il n'y aurait eu que trois grands chefs d'Etat américains. Mais si ce podium paraît à jamais indéboulonnable, le milliardaire aussi peroxydé que controversé compte bien venir chatouiller l'héritage de George Washington, d'Abraham Lincoln et de Franklin D. Roosevelt.

Dimanche soir, l'hommage public que le milliardaire de Mar-a-Lago a rendu au démocrate Jimmy Carter est d'ailleurs un solide aperçu de ce qu'il voudrait au minimum susciter à sa propre mort.

«Les défis auxquels Jimmy a été confronté en tant que président ont surgi à un moment crucial pour notre pays et il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour améliorer la vie de tous les Américains. Pour cela, nous lui devons tous reconnaissance»
Donald Trump, à la mort de Jimmy Carter

Même si l'on suppose depuis dix ans que Donald Trump se considère déjà comme the best president in history, il sait pertinemment qu'il a encore pas mal de boulot s'il veut muscler l'héritage qu'il imprimera en gras dans les livres d'histoire. Et ce sera sans nul doute l'ambition première du seul président américain depuis 130 ans à avoir remporté deux présidentielles non consécutives.

Durant les quatre années à venir, le fondateur du mouvement MAGA, autrefois promis à un avenir recroquevillé derrière des barreaux, s'engage à secouer les Etats-Unis et le reste du monde pour que son deuxième passage à Washington résonne le plus longtemps possible. Il suffit de voir avec quelle efficacité il est parvenu à faire oublier le fait que Joe Biden s’endort encore à la Maison-Blanche, pour comprendre sa détermination.

Depuis l'été 2024, Joe Biden est souvent considéré, jusqu'à l'intérieur de son propre parti, comme un président diminué, qui aurait abandonné la course trop tard. Celui qui s'est effondré en prime time. Celui qui a légué à Kamala Harris un bilan qu'elle n'a pas su (ou pu?) défendre. Celui qui trébuchait sur les mots et les sacs de sable. Celui qui a gracié son fils alors qu'il avait longtemps promis de ne pas le faire.

Parfois, l'histoire s'écrit à toute vitesse. Cette longue et difficile dernière année de mandat sera-t-elle celle qui marquera la carrière de Joe Biden à jamais? Seuls le temps et la mémoire collective ont la réponse à cette question.

Il y a quatre ans, les historiens américains pariaient sur l'héritage de Donald Trump, sans doute persuadés qu'il ne remettrait plus jamais les pieds à la Maison-Blanche. Sur CNN, on pouvait notamment lire que sa gestion calamiteuse de la pandémie de Covid-19 et son influence dans l'assaut du Capitole seront à placer au sommet de ses faits d'armes politiques.

Si le premier événement s'est embourbé dans un passé qui concerne la planète entière, le second est déjà dans les annales. Mais tels des rouleaux compresseurs, les 91 chefs d'accusation, les quatre procès, les deux tentatives d'assassinat et l'élection du 5 novembre ont tout défoncé sur leur passage. Avec plus ou moins de malhonnêteté, Donald Trump a mainte fois démontré sa capacité à façonner l'histoire à son image, conscient par exemple qu'il lui fallait lever le poing pour pouvoir se relever en héros.

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Et il n'y a aucune raison de penser qu'il agira différemment ces quatre prochaines années. Dès le 20 janvier 2025, le 47e président des Etats-Unis sait qu'il n'y aura que son propre reflet dans l'agenda qu'il déposera à côté du bouton à Diet Coke, bientôt réinstallé sur le Resolute desk du Bureau ovale. De la guerre en Ukraine à la situation au Proche-Orient, de l'immigration illégale aux taxes douanières, du porte-monnaie des citoyens au démantèlement de l'administration américaine, le 47e président des Etats-Unis va sans doute transformer les grands défis et les vraies menaces à venir en simples outils à son service.

En dix ans dans l'arène, le magnat de l'immobilier et ex-star de télé-réalité est déjà parvenu à saccager le parti républicain, transformer l'exercice politique en cage de MMA, instaurer la post-vérité et imposer son mouvement comme la seule réponse à l'adversaire démocrate.

Armé d'un insatiable désir de vengeance et de reconnaissance, Donald Trump projette sans doute déjà de faire du monde un terrain de jeu suffisamment malléable pour espérer devenir «celui grâce à qui». Quitte à ne viser que le très court terme et au risque de fragiliser l'équilibre démocratique pour un bon bout de temps. Et son arrivée au pouvoir suscite peut-être suffisamment d'inquiétudes pour lui laisser de l'espace et «constituer un moyen de dissuasion efficace à l’ère des arsenaux nucléaires», comme l'a écrit dans James Cooper, professeur associé d'histoire et d'études américaines, deux jours après l'élection.

George Washington, Abraham Lincoln et Franklin D. Roosevelt ont en commun d'avoir eu à gérer des crises historiques, gages de tout grand président. Et, à ce jeu-là, Donald Trump a sans doute le culot nécessaire pour devenir le plus grand pompier pyromane de l'histoire des Etats-Unis.

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Video: watson
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